Cette fois, ils n'ont pas seulement mis un genou à terre. Les seigneurs du basket, réunis au sein de la NBA, la ligue nord-américaine, ont été jusqu'à refuser de jouer, menaçant le déroulement même de la compétition. Du jamais-vu. Le geste, spectaculaire, est intervenu après qu'un policier blanc de Kenosha, dans le Wisconsin, a tiré à sept reprises dans le dos de Jacob Blake, un père de famille noir âgé de 29 ans, alors qu'il s'apprêtait à se réinstaller au volant de sa voiture, ses trois fils assis sur la banquette arrière. L'homme n'est pas décédé. Mais selon toute vraisemblance, il restera paralysé.

Ce nouvel incident intervient trois mois après la mort de George Floyd, cet autre Noir américain, mort d'étouffement alors qu'un policier blanc lui maintenait un genou appuyé sur le dos. L'homme a supplié, en vain, répétant qu'il ne savait pas respirer. La scène, filmée, a fait le tour du monde. L'indignation aussi, même si elle ne s'est pas manifestée de la même manière partout.

En Belgique, unanimes, les responsables politiques ont condamné les faits, se réjouissant que de tels dérapages policiers ne surviennent pas - ou si peu, Affaire Chovanec mise à part - en particulier envers la population noire. C'est vrai : la Belgique ne peut être comparée aux Etats-Unis en matière de violences policières. L'histoire des deux pays n'est pas la même. Elle a pourtant laissé, des deux côtés de l'Atlantique, des empreintes que le temps n'efface pas, ou si lentement.

Le racisme antinoir est patent aux Etats-Unis. Qu'en est-il en Belgique ? Il n'a pas entièrement disparu, comme le confirment les coups de sonde opérés par Le Vif/L'Express dans différents lieux de pouvoir. En politique, dans les conseils d'administration des entreprises du Bel20, parmi les hauts gradés de l'armée, à la tête des grandes institutions culturelles, dans les médias, les Afro-descendants sont rares, voire absents.

Pourquoi ? Plusieurs facteurs l'expliquent. Mais la Belgique ne peut se dispenser d'une introspection sur son rapport à la population noire. La colonisation a laissé des traces, pervertissant le lien entre ceux qui l'ont subie et ceux qui en ont tiré profit. Les années ont-elles passé ? Bien sûr. Mais il reste, rampant comme une ombre, quelque chose de cette inéquité entre Blancs et Noirs, "qu'on le veuille ou non, qu'on le sache ou non", insiste l'une des témoins interrogés par Le Vif/L'Express . A cet égard, l'enquête menée par la VUB et l'UGent constitue une nouvelle et cinglante claque pour une population belge largement convaincue de sa totale ouverture d'esprit.

Que serait-il advenu de Charles Michel, de Kim Clijsters ou de Dominique Leroy si leur peau n'avait pas été blanche ? Auraient-ils bénéficié des mêmes chances, des mêmes appuis, des mêmes droits ? Seraient-ils devenus ce qu'ils sont aujourd'hui ? La réponse restera à jamais inconnue. Mais on a bien une idée de ses contours...

Outre-Atlantique, l'exaspération s'exprime en émeutes, ici, en peinture rouge versée sur des rois à barbe, statufiés. Les actes diffèrent mais ils s'appuient sur une même discrimination, que chaque enquête sur le sujet reconfirme. Désormais, comme hier et comme depuis des années, on sait. Alors, on change ?

Cette fois, ils n'ont pas seulement mis un genou à terre. Les seigneurs du basket, réunis au sein de la NBA, la ligue nord-américaine, ont été jusqu'à refuser de jouer, menaçant le déroulement même de la compétition. Du jamais-vu. Le geste, spectaculaire, est intervenu après qu'un policier blanc de Kenosha, dans le Wisconsin, a tiré à sept reprises dans le dos de Jacob Blake, un père de famille noir âgé de 29 ans, alors qu'il s'apprêtait à se réinstaller au volant de sa voiture, ses trois fils assis sur la banquette arrière. L'homme n'est pas décédé. Mais selon toute vraisemblance, il restera paralysé. Ce nouvel incident intervient trois mois après la mort de George Floyd, cet autre Noir américain, mort d'étouffement alors qu'un policier blanc lui maintenait un genou appuyé sur le dos. L'homme a supplié, en vain, répétant qu'il ne savait pas respirer. La scène, filmée, a fait le tour du monde. L'indignation aussi, même si elle ne s'est pas manifestée de la même manière partout. En Belgique, unanimes, les responsables politiques ont condamné les faits, se réjouissant que de tels dérapages policiers ne surviennent pas - ou si peu, Affaire Chovanec mise à part - en particulier envers la population noire. C'est vrai : la Belgique ne peut être comparée aux Etats-Unis en matière de violences policières. L'histoire des deux pays n'est pas la même. Elle a pourtant laissé, des deux côtés de l'Atlantique, des empreintes que le temps n'efface pas, ou si lentement. Le racisme antinoir est patent aux Etats-Unis. Qu'en est-il en Belgique ? Il n'a pas entièrement disparu, comme le confirment les coups de sonde opérés par Le Vif/L'Express dans différents lieux de pouvoir. En politique, dans les conseils d'administration des entreprises du Bel20, parmi les hauts gradés de l'armée, à la tête des grandes institutions culturelles, dans les médias, les Afro-descendants sont rares, voire absents. Pourquoi ? Plusieurs facteurs l'expliquent. Mais la Belgique ne peut se dispenser d'une introspection sur son rapport à la population noire. La colonisation a laissé des traces, pervertissant le lien entre ceux qui l'ont subie et ceux qui en ont tiré profit. Les années ont-elles passé ? Bien sûr. Mais il reste, rampant comme une ombre, quelque chose de cette inéquité entre Blancs et Noirs, "qu'on le veuille ou non, qu'on le sache ou non", insiste l'une des témoins interrogés par Le Vif/L'Express . A cet égard, l'enquête menée par la VUB et l'UGent constitue une nouvelle et cinglante claque pour une population belge largement convaincue de sa totale ouverture d'esprit. Que serait-il advenu de Charles Michel, de Kim Clijsters ou de Dominique Leroy si leur peau n'avait pas été blanche ? Auraient-ils bénéficié des mêmes chances, des mêmes appuis, des mêmes droits ? Seraient-ils devenus ce qu'ils sont aujourd'hui ? La réponse restera à jamais inconnue. Mais on a bien une idée de ses contours... Outre-Atlantique, l'exaspération s'exprime en émeutes, ici, en peinture rouge versée sur des rois à barbe, statufiés. Les actes diffèrent mais ils s'appuient sur une même discrimination, que chaque enquête sur le sujet reconfirme. Désormais, comme hier et comme depuis des années, on sait. Alors, on change ?