Dans notre analyse politique du 3 septembre, nous évoquions la dramatisation qui ne manquerait pas d'accompagner le processus de gestation d'un gouvernement de plein exercice actuellement en cours et qui devrait compter les familles socialistes, écologistes, libérales ainsi que le CD&V. Rien que cette énumération des formations autour de la table avait déjà donné lieu à une première crispation sur ce " ainsi que le CD&V " transformant momentanément l'appellation de la coalition de Vivaldi en Avanti, aux accents un peu moins à gauche et un peu plus en phase avec le programme des sociaux-chrétiens flamands.
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Dans notre analyse politique du 3 septembre, nous évoquions la dramatisation qui ne manquerait pas d'accompagner le processus de gestation d'un gouvernement de plein exercice actuellement en cours et qui devrait compter les familles socialistes, écologistes, libérales ainsi que le CD&V. Rien que cette énumération des formations autour de la table avait déjà donné lieu à une première crispation sur ce " ainsi que le CD&V " transformant momentanément l'appellation de la coalition de Vivaldi en Avanti, aux accents un peu moins à gauche et un peu plus en phase avec le programme des sociaux-chrétiens flamands. Nouvelle poussée de fièvre quelques jours plus tard entre les potentiels futurs partenaires, quand il a fallu aborder les questions éthiques et institutionnelles. Une bombe potentielle rapidement désamorcée, car basée semble-t-il " sur un malentendu ". On en reparlera. Comme du dossier Arco (ce gros actionnaire de Dexia qui a sombré après la débâcle de la banque et dont les coopérateurs, essentiellement flamands, réclament une indemnisation) qui s'est invité sur la table des négociateurs. Par contre, les crispations se sont bel et bien exacerbées quand il s'est agi d'établir la short list des Premiers ministrables, chacun mettant en avant les qualités de son candidat dans la course au Seize. Indécent, cet étalage d'ambitions ? Peut-être, mais compréhensible, aussi. Car l'heureux(se) élu(e) sera le(la) chef(cheffe) d'orchestre de cette coalition Vivaldi et c'est sur ses épaules que reposera la difficile mission d'éviter les fausses notes et dissonances au sein de l'ensemble, les tentations de se la jouer solo qui pourraient naître et le chahut que ne manquera pas de faire l'opposition. Cela étant, le choix du chef de file ne doit pas reléguer au second plan ce qui est et doit rester la priorité principale de ce gouvernement : établir un plan de relance ambitieux. " Une entreprise sur cinq est en risque de faillite ", s'alarmait, le 7 septembre, Pieter Timmermans, l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). " Il faut un plan d'action fédéral ", avec soutien à l'économie, plan de relance et mesures structurelles pour la rendre plus résistante aux chocs comme celui asséné par la crise du coronavirus, plaidait, quelques jours plus tard, le Groupe des 10, qui réunit patronat et syndicats. Des priorités évidentes auxquelles on ajoutera un projet ambitieux qui prenne en compte les besoins d'une société en proie aux conséquences économiques, financières, émotionnelles d'une crise sans précédent et s'inscrive dans une perspective de long terme, notamment climatique. En s'attaquant au volet institutionnel également pour qu'une nécessaire réforme de l'Etat soit mue par une volonté d'améliorer l'efficacité du pays et non par la crainte d'une ombre séparatiste. Enfin, et last but not least, ce plan de relance version Vivaldi devra aussi séduire l'exécutif flamand qui, jusqu'à nouvel ordre, compte toujours à sa tête une N-VA frustrée d'être vraisemblablement écartée du gouvernement fédéral et de ne pas être parvenue à confirmer sa domination . Car faute d'un minimum d'adhésion régionale au projet fédéral, c'est son application concrète qui sera rendue difficile. Voire impossible. Et là , c'est tout le pays qui se crispera.