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La Belgique a donc fait un premier pas, avant le grand saut. Un premier pas vers un retour à une vie déconfinée, avec la reprise des activités dans les entreprises B-to-B (business-to-business), l'augmentation de la cadence et le port du masque dans les transports en commun, la réouverture des merceries. Une première phase de déconfinement, somme toute sereine, sans afflux massif ni sur les routes ni dans les transports. Sans gros couac non plus du côté des entreprises qui, semble-t-il, avaient plutôt bien préparé le terrain du retour au travail pour ceux qui ne peuvent télétravailler. Mais le test grandeur nature, ce sera évidemment la réouverture des commerces, le 11 mai, suivie une semaine plus tard du retour de quelques élèves sur les bancs de l'école. C'est alors seulement qu'on saura si les nouvelles hospitalisations, actuellement toujours élevées mais sous contrôle, ne repartent pas en flèche. Et si la suite du plan de déconfinement peut être avalisée. Aujourd'hui, et à quelques jours de la phase 1B de l'Exit Strategy, des incertitudes demeurent toujours sur une série de mesures, pourtant présentées comme essentielles, dont la distribution de masques, le testing et le traçage. Les masques promis par Sophie Wilmès pour le 4 mai ne sont pas en effet arrivés chez chaque citoyen, au point qu'il a fallu autoriser leur commercialisation par la grande distribution. Quant au testing à grande échelle, il reste toujours en deça du niveau promis. Les médecins généralistes, qui doivent désormais contribuer à ce fameux testing, attendaient encore pour certains le matériel de protection, pour d'autres les tests eux-mêmes. Les centres de tri ne se mettent en place que laborieusement. Quant au traçage des malades et des personnes avec lesquelles ils ont été en contact, il commence seulement ses premières phases de test. L'isolation des personnes testées positivement charrie aussi son lot de questions. Où et comment les isoler ? Avec qui ? Et, surtout, ce qui inquiète le plus les responsables politiques et la communauté scientifique, c'est bel et bien le comportement de la population. Certains craignent en effet que la prochaine étape du déconfinement ne se traduise par une série de comportements peu en ligne avec la stratégie mise en place, comme du fun shopping, un retour trop massif sur le lieu de travail, des rassemblements amicaux ou familiaux en trop grand nombre, par des citoyens qui aspirent à un semblant de retour à la normalité de leur vie quotidienne. D'autres s'interrogent aussi sur le port du masque qui, généralisé, pourrait inciter trop de personnes à délaisser les gestes barrières. C'est une incertitude que les politiques doivent prendre en compte. Une de plus...