C'est un échec collectif. Celui du monde politique dont la stratégie mise en place n'a pas empêché la deuxième vague de déferler. Celui des experts qui n'ont pas appréhendé à sa juste mesure l'importance du rebond épidémiologique. Celui des citoyens qui ont péché par trop de relâchement.
...

C'est un échec collectif. Celui du monde politique dont la stratégie mise en place n'a pas empêché la deuxième vague de déferler. Celui des experts qui n'ont pas appréhendé à sa juste mesure l'importance du rebond épidémiologique. Celui des citoyens qui ont péché par trop de relâchement. La gueule de bois était sévère le samedi 17 octobre, au lendemain de l'annonce du reconfinement partiel de nos vies et de notre économie. Il a fallu digérer l'instauration de nouvelles mesures et non des moindres, comme une bulle d'une seule personne, un couvre-feu, la fermeture de l'Horeca. Il a aussi fallu avaler une série de constats dérangeants et désolants. Celui que le testing est insuffisant et le tracing peu efficace. Que la stratégie reposant sur le triptyque "tester, tracer, isoler" est défaillante. Que les labos sont saturés, qu'on manque de réactifs et de bras. Celui que la situation du personnel soignant ne s'est pas améliorée, malgré les promesses de cet été. Et qu'on va en payer les pots cassés. Celui que la lune de miel politique a été de courte durée et que la nouvelle coalition en place se tend déjà autour de la stratégie à suivre pour venir à bout de cette pandémie. Celui que si les contaminations repartent à la hausse et les hôpitaux frôlent la saturation, c'est aussi parce qu'on est partis en vacances, qu'on a revu nos proches, chez nous, au resto, sur une terrasse. Qu'on a bavardé un peu trop longuement autour de la machine à café du bureau. Que certains ont repris les troisièmes mi-temps ou les barbecues entre amis. Qu'on a renoué avec la vie. D'un peu trop près, visiblement. Alors on peut s'autoflageller. Se dire que, quand même, on aurait dû être plus prudents. On peut accuser nos jeunes d'être inconscients, insouciants. Envisager de les enfermer à double tour dans leur chambre pour quelques mois supplémentaires. Affirmer haut et fort que ça se passe sûrement mieux ailleurs. Et répéter à l'envi que c'est à cause de notre échec collectif qu'un reconfinement pur et dur nous pend au nez. On peut aussi se dire que maintenant et plus que jamais, on a urgemment besoin d'entrevoir une lumière, un espoir. Que ça fait vivre. Que ça offre un horizon, un demain. Bientôt, nous devrions disposer d'un baromètre sanitaire. Un curseur de la situation positionné aujourd'hui et sans aucun doute sur sa partie la plus critique. Mais qui montrera aussi qu'à côté de cette phase d'alerte maximale dans laquelle on se trouve, il en existe d'autres. Plus douces, plus acceptables. Et possibles à atteindre. Des scénarios qui, par leur valeur éducative, pourront permettre à chaque citoyen de devenir un acteur de la lutte contre le coronavirus. Qui placeront le contrôle de la situation sanitaire entre les mains de chacun. Et donc de tous. Qui offriront la possibilité d'agir pour ne pas uniquement subir. Ces perspectives sont aujourd'hui nécessaires. En cas de reconfinement, elles seront indispensables. La propagation de la peur ne suffira pas à enrayer celle du virus. Il nous faut également un espoir. Collectif.