Dans le pays Belgique vivait un virus terrifiant d'origine chinoise, qui dévorait les vieux mais un peu moins les jeunes, et dévastait vie sociale et économie locale. Rien ne tuait la pandémie, ni bulles ni masques ni gel. Alexander De Croo n'a pas de perfide ennemi intime, pas encore ; cela viendra sûrement. Et pourtant, il doit déjà déjouer un piège, et pourtant, il doit achever la bête.
...

Dans le pays Belgique vivait un virus terrifiant d'origine chinoise, qui dévorait les vieux mais un peu moins les jeunes, et dévastait vie sociale et économie locale. Rien ne tuait la pandémie, ni bulles ni masques ni gel. Alexander De Croo n'a pas de perfide ennemi intime, pas encore ; cela viendra sûrement. Et pourtant, il doit déjà déjouer un piège, et pourtant, il doit achever la bête.Telle est sa première mission, celle qu'il s'est confiée lui-même, sa "grande priorité" (c'est écrit dès la page 2 de l'accord gouvernemental, juste en dessous de l'objectif numéro 1: "un pays solidaire"). Le héros flamand ne compte pas utiliser ses blanches mains pour ceindre le cou du monstre: il va envoyer un "commissaire/intendant", lui-même assisté d'un "comité scientifique interdisciplinaire". Et comme la tâche sera rude, comme la pandémie ne se laissera pas étouffer facilement, il s'agira de passer d'une "lutte contre la crise aiguë à une gestion des risques à long terme".> Lire à ce sujet: Coronavirus: quatre, la nouvelle norme socialeFaute de branches d'olivier (c'est la Vivaldi, ici), il faudra taper à coups de dépistages, voire d'autotests (la piste sera envisagée) et de technologies (des hackatons seront même organisés pour en trouver d'autres que l'appli et les codes QR existants). Puis de bulles, aussi: le nouveau ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A) voulait la réduire à trois, au lieu des cinq contacts rapprochés autorisés. C'est désormais chose faite. L'accord de gouvernement précisait pourtant qu'il faudrait "un nouveau contrat avec le citoyen, les entreprises et les institutions", pour "éviter la lassitude" et rendre les mesures "compréhensibles, sensées et garantissant la viabilité sociale".Mais tous les moyens de lutte ne figurent apparemment pas dans le texte, qui ne dit d'ailleurs mot du coût de ce combat à mort. Ceux qui, avant De Croo, avaient tenté d'étranger le terrible corona estimaient que 40 millions annuels seraient nécessaires.