Dix mille personnes sont donc décédées des suites du Covid-19 dans notre pays. Un chiffre qui, selon les experts, aurait pu être deux, trois voire cinq fois plus important si on n'avait pas pris les mesures de confinement, adopté les gestes barrières et réduit nos contacts sociaux de façon drastique. Des contacts qui doivent d'ailleurs toujours rester limités tant que la situation sanitaire exige de la prudence.
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Dix mille personnes sont donc décédées des suites du Covid-19 dans notre pays. Un chiffre qui, selon les experts, aurait pu être deux, trois voire cinq fois plus important si on n'avait pas pris les mesures de confinement, adopté les gestes barrières et réduit nos contacts sociaux de façon drastique. Des contacts qui doivent d'ailleurs toujours rester limités tant que la situation sanitaire exige de la prudence. Le 20 août, le Conseil national de sécurité (CNS) a en effet prolongé jusqu'à la fin du mois de septembre le concept de la "bulle des cinq" qui implique que tous les membres d'une même famille n'aient de contacts rapprochés qu'avec cinq personnes et toujours les mêmes. Cette mesure parvient de plus en plus difficilement à emporter l'adhésion totale de la population. Les vacances et la météo radieuse ont induit un certain relâchement dans les comportements. Le temps commence à devenir long. Tant le monde politique que les experts en sont conscients. La Première ministre a d'ailleurs rappelé que chacun était libre de fréquenter des personnes étrangères à la "bulle des cinq" pour autant que les gestes barrières soient scrupuleusement respectés et qu'on ne dépasse pas les dix personnes lors de ces rencontres. Et surtout, le CNS a laissé entrevoir un possible et prochain éclatement de la bulle. Au profit de quoi, de quelle nouvelle organisation de nos vies ? On ne le sait pas encore. Mais la question sera débattue dans les semaines à venir. "Il faut réfléchir à un autre moyen" que la bulle, a confirmé Sophie Wilmès. L'objectif est de "réinventer de manière pérenne notre façon de vivre nos contacts sociaux".Réinventer semble être le maître-mot de cette rentrée. Réinventer nos contacts sociaux, donc. Car nous devrons maintenant apprendre à vivre avec ce virus. Avec l'idée que le risque zéro n'existe pas. Qu'une série de comportements feront peut-être définitivement partie du passé. Repenser aussi notre manière de travailler . Le télétravail s'est imposé à tous. De manière brutale. Sans préparation, ni organisation. Aujourd'hui, il reste la norme pour toutes les entreprises dont l'activité le permet. Mais le généraliser sans pour autant prendre des mesures d'accompagnement risque d'accentuer les inégalités entre les travailleurs et faire perdre beaucoup en intelligence collective. Les organisations professionnelles se sont adaptées dans l'urgence. Là aussi, il va falloir mettre en place des dispositifs de manière pérenne. Pour enfin gagner en flexibilité, mieux concilier ses vies privée et professionnelle ? Réinventer l'école aussi. D'ici à quelques jours, des milliers de jeunes et d'enseignants vont retrouver le chemin des classes, que certains n'ont plus emprunté depuis parfois six mois et d'autres de manière partielle seulement. Cette rentrée inédite, masquée, mâtinée de codes couleur ne pourra en aucun cas être semblable à toutes les rentrées scolaires précédentes. Le coronavirus n'a fait que mettre en lumière de manière crue l'obsolescence de l'enseignement tel qu'il est dispensé aujourd'hui. L'école d'hier est morte. Le Covid l'a tuée. Et c'est tant mieux.