"Les retards successifs liés à la campagne de vaccination, censée permettre un déconfinement progressif, n'aident pas la population à maintenir leur confiance envers les autorités", analysent l'UCLouvain, l'ULB et l'UGent suite à leur dernier baromètre sur la motivation des Belges, réalisé début février auprès de 9.253 citoyens.
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"Les retards successifs liés à la campagne de vaccination, censée permettre un déconfinement progressif, n'aident pas la population à maintenir leur confiance envers les autorités", analysent l'UCLouvain, l'ULB et l'UGent suite à leur dernier baromètre sur la motivation des Belges, réalisé début février auprès de 9.253 citoyens. La confiance des citoyens s'effrite, avec une répercussion sur les intentions de se faire vacciner, un acte qui reste volontaire en Belgique. Si cette intention reste élevée (70%), notamment si on compare à celle dans d'autres pays européens comme la France, elle s'érode légèrement. Lors du dernier baromètre en janvier, ce chiffre était de 77% sur l'ensemble du pays. La motivation citoyenne envers les vaccins avait en outre bondi de 20 % entre le mois de décembre et de janvier. On note toujours quelques différences entre les communautés, les francophones (68%) étant plus méfiants que les néerlandophones (74%). Si la confiance envers les vaccins diminue légèrement, c'est surtout dû à une crise de confiance envers les autorités qu'on assiste. 73% déplorent que les dirigeants belges "ne demandent pas l'avis de la population". Avec une différence marquée entre le Nord et le Sud du pays : il y a davantage de personnes ayant une confiance très faible ou faible côté francophone (69,5%) que du côté néerlandophone (57,7 %). "On peut imaginer que des voix discordantes de certains partis par rapport à la ligne gouvernementale ont introduit de la perplexité", explique Vincent Yzerbyt, professeur de psychologie sociale à l'UCLouvain, au Soir.Pour les universités, il y a un lien entre la confiance envers les autorités et la vaccination. "La perception positive des gouvernements et le sentiment d'être entendu jouent un grand rôle dans la volonté de se faire vacciner", explique-t-il. Comment améliorer cette relation entre citoyens et politiques, et ainsi booster la motivation dans la lutte contre la pandémie ? Les universités prônent l'écoute et la prise en compte du point de vue des différentes composantes de la population dans les décisions. Un point "particulièrement important du côté francophone", notent-ils encore. D'autres acteurs pourraient en outre jouer un rôle. La confiance est très élevée envers les acteurs des soins de santé, comme les médecins généralistes, mais aussi les pharmaciens et infirmiers. Ainsi, ils recommandent de s'appuyer sur ces ressources, lien privilégié et source de confiance importante, pour reconquérir la population.