Jeudi, le gouvernement flamand a finalement trouvé un accord sur les mesures climatiques qu'il souhaite prendre d'ici à 2030. Les mesures approuvées prévoient une réduction des émissions de CO2 de 40% par rapport à 2005. Jusqu'ici, le gouvernement flamand s'était fixé un objectif de réduction des émissions de CO2 de 35%. Le plan prévoit notamment l'interdiction de vente de véhicules personnels à moteur à combustion ou de livraison à partir de 2029. Dès 2023, tout personne qui devient propriétaire d'une maison de label PEB E ou inférieur devra faire les efforts nécessaires dans les cinq ans pour amener le bâtiment au niveau D.

Le parti Vooruit a réagi par le biais de son ancien président Bruno Tobback. "L'accord sur le climat déplace les efforts réels vers les citoyens. Le gouvernement flamand ne fournit même pas de cadre pour réaliser ces efforts. C'est la preuve que le gouvernement n'est pas prêt à prendre une direction fondamentalement différente et durable. Il a fallu aux ministres flamands une semaine entière autour de la table pour déplacer quelques virgules dans ses plans existants et inadéquats. Si, après s'être réuni pendant si longtemps, ils ne réussissent pas à décider d'une seule intervention structurelle, on peut difficilement parler de gouverner".

Insuffisant

Groen partage l'avis des socialistes. Pour les écologistes flamands, le plan ne suffit pas à enrayer la crise climatique. Les choix difficiles sont répercutés sur les citoyens, tels que la rénovation obligatoire des maisons anciennes, alors que le gouvernement flamand n'ose pas faire de choix clairs, tels que la taxe kilométrique intelligente", déclare le chef de groupe Groen Björn Rzoska. "A voir les mesures sur la table, il semble que ce sont surtout les Flamands ordinaires qui vont payer la politique climatique du gouvernement flamand. Le bétail ne sera pas limité, l'industrie et les grands pollueurs ne seront pas touchés. Tant que les tabous subsisteront, nous ne ferons jamais de progrès".

L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace estime quant à elle que la réduction des émissions de 40 % est "absolument insuffisante". L'objectif européen est de 55 % et les climatologues nous invitent à être encore plus ambitieux", souligne Mathieu Soete, directeur de campagne de Greenpeace. "Même après le signal fort envoyé lors de la grande marche pour le climat du mois dernier, les politiques ont un manque total de vision et se contentent de demi-mesures", regrette Soete.

"Nous devons de toute urgence réduire notre cheptel, rénover plus rapidement nos bâtiments et prendre la tête de la transition industrielle". Tous les moyens étaient apparemment bons pour que le ministre Demir parte finalement pour Glasgow", conclut-il. Au lieu d'un plan climatique solide qui fixe un cap clair, le gouvernement flamand envoie la ministre Demir avec un bagage à main rassemblé à la hâte et dépourvu de divers domaines et de justice sociale.

"Une politique asociale"

"Il faut beaucoup plus d'ambition dans la politique climatique flamande, mais avec ces plans, le gouvernement se fourvoie", réagit le PTB par l'intermédiaire de son chef de groupe Jos D'Haese. "Alors que le gouvernement se dérobe à ses responsabilités, il envoie toute la facture au citoyen. Cette politique climatique élitiste est non seulement antisociale, mais aussi extrêmement inefficace".

Il se demande comment les citoyens ordinaires peuvent répondre aux nouvelles exigences en matière de construction. "Surtout si, entre-temps, ils doivent remplacer leur voiture par une voiture électrique extrêmement coûteuse. Je me demande dans quel monde vivent les ministres qui prennent de telles mesures".

Au lieu d'envoyer la facture au citoyen, le gouvernement aurait pu investir dans de meilleurs transports publics. "Ou prendre des mesures ambitieuses pour soutenir les ménages dans leurs rénovations, par exemple en avançant les coûts et en les remboursant par une réduction des factures d'énergie. Travailler sur les énergies renouvelables publiques. Et imposer des normes contraignantes pour les grands pollueurs. Ce sont toutes des mesures qui ont un impact important sur nos émissions et qui aident les gens à aller de l'avant au lieu de leur coûter cher", conclut D'Haese.

"Loin de rencontrer les attentes européennes"

La ministre fédérale du Climat et du Green Deal Zakia Khattabi (Ecolo) se dit "déçue" par l'accord climatique flamand. Elle reconnaît un "rehaussement" des efforts flamands mais "étant donné le contexte politique de la COP26", la conférence internationale sur le climat qui se déroule actuellement à Glasgow, "et l'urgence climatique, l'inverse aurait été incompréhensible et inacceptable".

L'objectif de réduction des émissions "reste largement en deçà de ce que l'Europe demande (soit 47% de réduction des émissions pour toute la Belgique, NDLR) et à l'entame des véritables négociations 'burden sharing' (partage du fardeau, NDLR) le message est: faites le reste!", déplore-t-elle. La ministre fédérale ajoute en outre que "si ces 40% intègrent les mesures fédérales, la Flandre ferait bien moins que ce qu'elle annonce".

"Points d'interrogation sur l'impact"

Le Vlaams Belang s'est également exprimé. Le parti d'extrême droite trouve les nouvelles mesures antisociales et doute en outre de leur impact sur le climat. "Il est déjà extrêmement difficile pour les jeunes familles qui cherchent un logement abordable d'en trouver un", déclare la députée du Vlaams Belang Adeline Blancquaert. "Cette obligation de rénovation ne fera que rendre ce rêve encore plus inaccessible pour ces familles."

Le parti juge également "inacceptable que les Flamands doivent utiliser une pompe à chaleur alors que le gouvernement maintient le prix de l'électricité artificiellement élevé". Le parti est sceptique quant à l'impact que la mesure aurait sur l'émission de gaz à effet de serre. "Au niveau fédéral, notre électricité propre issue de l'énergie nucléaire est remplacée par de l'électricité produite dans des centrales à gaz subventionnées et polluantes", déclare Sam van Rooy (Vlaams Belang), "il y a donc beaucoup de points d'interrogation quant à l'impact net des obligations en matière d'électrification."

Avec Belga

Jeudi, le gouvernement flamand a finalement trouvé un accord sur les mesures climatiques qu'il souhaite prendre d'ici à 2030. Les mesures approuvées prévoient une réduction des émissions de CO2 de 40% par rapport à 2005. Jusqu'ici, le gouvernement flamand s'était fixé un objectif de réduction des émissions de CO2 de 35%. Le plan prévoit notamment l'interdiction de vente de véhicules personnels à moteur à combustion ou de livraison à partir de 2029. Dès 2023, tout personne qui devient propriétaire d'une maison de label PEB E ou inférieur devra faire les efforts nécessaires dans les cinq ans pour amener le bâtiment au niveau D.Le parti Vooruit a réagi par le biais de son ancien président Bruno Tobback. "L'accord sur le climat déplace les efforts réels vers les citoyens. Le gouvernement flamand ne fournit même pas de cadre pour réaliser ces efforts. C'est la preuve que le gouvernement n'est pas prêt à prendre une direction fondamentalement différente et durable. Il a fallu aux ministres flamands une semaine entière autour de la table pour déplacer quelques virgules dans ses plans existants et inadéquats. Si, après s'être réuni pendant si longtemps, ils ne réussissent pas à décider d'une seule intervention structurelle, on peut difficilement parler de gouverner".Insuffisant Groen partage l'avis des socialistes. Pour les écologistes flamands, le plan ne suffit pas à enrayer la crise climatique. Les choix difficiles sont répercutés sur les citoyens, tels que la rénovation obligatoire des maisons anciennes, alors que le gouvernement flamand n'ose pas faire de choix clairs, tels que la taxe kilométrique intelligente", déclare le chef de groupe Groen Björn Rzoska. "A voir les mesures sur la table, il semble que ce sont surtout les Flamands ordinaires qui vont payer la politique climatique du gouvernement flamand. Le bétail ne sera pas limité, l'industrie et les grands pollueurs ne seront pas touchés. Tant que les tabous subsisteront, nous ne ferons jamais de progrès".L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace estime quant à elle que la réduction des émissions de 40 % est "absolument insuffisante". L'objectif européen est de 55 % et les climatologues nous invitent à être encore plus ambitieux", souligne Mathieu Soete, directeur de campagne de Greenpeace. "Même après le signal fort envoyé lors de la grande marche pour le climat du mois dernier, les politiques ont un manque total de vision et se contentent de demi-mesures", regrette Soete. "Nous devons de toute urgence réduire notre cheptel, rénover plus rapidement nos bâtiments et prendre la tête de la transition industrielle". Tous les moyens étaient apparemment bons pour que le ministre Demir parte finalement pour Glasgow", conclut-il. Au lieu d'un plan climatique solide qui fixe un cap clair, le gouvernement flamand envoie la ministre Demir avec un bagage à main rassemblé à la hâte et dépourvu de divers domaines et de justice sociale."Une politique asociale""Il faut beaucoup plus d'ambition dans la politique climatique flamande, mais avec ces plans, le gouvernement se fourvoie", réagit le PTB par l'intermédiaire de son chef de groupe Jos D'Haese. "Alors que le gouvernement se dérobe à ses responsabilités, il envoie toute la facture au citoyen. Cette politique climatique élitiste est non seulement antisociale, mais aussi extrêmement inefficace".Il se demande comment les citoyens ordinaires peuvent répondre aux nouvelles exigences en matière de construction. "Surtout si, entre-temps, ils doivent remplacer leur voiture par une voiture électrique extrêmement coûteuse. Je me demande dans quel monde vivent les ministres qui prennent de telles mesures". Au lieu d'envoyer la facture au citoyen, le gouvernement aurait pu investir dans de meilleurs transports publics. "Ou prendre des mesures ambitieuses pour soutenir les ménages dans leurs rénovations, par exemple en avançant les coûts et en les remboursant par une réduction des factures d'énergie. Travailler sur les énergies renouvelables publiques. Et imposer des normes contraignantes pour les grands pollueurs. Ce sont toutes des mesures qui ont un impact important sur nos émissions et qui aident les gens à aller de l'avant au lieu de leur coûter cher", conclut D'Haese. "Loin de rencontrer les attentes européennes"La ministre fédérale du Climat et du Green Deal Zakia Khattabi (Ecolo) se dit "déçue" par l'accord climatique flamand. Elle reconnaît un "rehaussement" des efforts flamands mais "étant donné le contexte politique de la COP26", la conférence internationale sur le climat qui se déroule actuellement à Glasgow, "et l'urgence climatique, l'inverse aurait été incompréhensible et inacceptable".L'objectif de réduction des émissions "reste largement en deçà de ce que l'Europe demande (soit 47% de réduction des émissions pour toute la Belgique, NDLR) et à l'entame des véritables négociations 'burden sharing' (partage du fardeau, NDLR) le message est: faites le reste!", déplore-t-elle. La ministre fédérale ajoute en outre que "si ces 40% intègrent les mesures fédérales, la Flandre ferait bien moins que ce qu'elle annonce". "Points d'interrogation sur l'impact"Le Vlaams Belang s'est également exprimé. Le parti d'extrême droite trouve les nouvelles mesures antisociales et doute en outre de leur impact sur le climat. "Il est déjà extrêmement difficile pour les jeunes familles qui cherchent un logement abordable d'en trouver un", déclare la députée du Vlaams Belang Adeline Blancquaert. "Cette obligation de rénovation ne fera que rendre ce rêve encore plus inaccessible pour ces familles."Le parti juge également "inacceptable que les Flamands doivent utiliser une pompe à chaleur alors que le gouvernement maintient le prix de l'électricité artificiellement élevé". Le parti est sceptique quant à l'impact que la mesure aurait sur l'émission de gaz à effet de serre. "Au niveau fédéral, notre électricité propre issue de l'énergie nucléaire est remplacée par de l'électricité produite dans des centrales à gaz subventionnées et polluantes", déclare Sam van Rooy (Vlaams Belang), "il y a donc beaucoup de points d'interrogation quant à l'impact net des obligations en matière d'électrification."Avec Belga