Espionnage américain : Barack Obama "va encore plus loin que les deux Bush"

01/07/13 à 08:59 - Mise à jour à 08:59

Source: Le Vif

Les éditorialistes s'indignent et s'interrogent ce lundi après les révélations sur l'espionnage de pays comme la France, l'Italie et la Grèce par la NSA: "L'Union Européenne serait-elle devenue l'ennemi à abattre"?

Espionnage américain : Barack Obama "va encore plus loin que les deux Bush"

© Reuters

Ils demandent des comptes à "Big Brother". Les Européens exigent ce lundi des explications sur le programme d'espionnage américain, qui aurait visé les institutions de l'UE et des millions de citoyens européens. Le quotidien britannique The Guardian a affirmé dimanche que la France, l'Italie et la Grèce figuraient parmi les 38 "cibles" surveillées par l'Agence nationale de sécurité (NSA) américaine. Les réactions des éditorialistes de la presse régionale française.

"On se croit revenu du temps de la Guerre froide, cette époque 'bénie' où les méchants étaient communistes et contenus de l'autre côté du rideau de fer, grince Alain Dusart dans L'Est Républicain. (...) À Washington, l'Union Européenne serait-elle devenue l'ennemi à abattre? Pourquoi diable surveiller Bruxelles?"
Hervé Cannet (La Nouvelle République) s'insurge: "Comme le dit Christiane Taubira, c'est 'un acte d'hostilité inqualifiable'. Ce sont des mots forts mais elle a raison."

Jacques Camus (Groupe Centre-France) rénchérit: "On comprend l'embarras de la Maison-Blanche pour fournir des réponses aux virulentes demandes d'explications des dirigeants européens... Le défenseur universel des libertés a été pris la main dans le sac."

"Même attaquée, l'Europe n'arrive pas à faire front commun"

Car "ce qui choque dans les révélations du Spiegel , c'est l'ampleur de l'attaque américaine qui conjugue des moyens énormes et un mépris à grande échelle du droit, fondement même de la démocratie, complète Ivan Drapeau dans La Charente Libre... Cette affaire révèle que même cinq ans après le départ de Bush, l'Amérique se pose toujours en Guide suprême du monde."

Barack Obama, pire que ses prédécesseurs? Le "premier Prix Nobel de la paix par anticipation, qui devait incarner une rupture, va encore plus loin que les deux Bush réunis, raille Pascal Coquis (Les Dernières Nouvelles d'Alsace). Tant qu'il s'agissait d'espionner et même d'assassiner sans procès ni preuves des citoyens étrangers sur des sols étrangers comme c'est le cas quotidiennement au Pakistan ou en Afghanistan, l'Europe et ses dirigeants ne trouvaient pas grand-chose à redire. (...) Il fallait être bien naïf pour imaginer que les grandes oreilles se referment au seuil des chambres alliées."

Les dirigeants européens font-ils preuve de naïveté dans cette affaire? C'est l'avis de Bertrand Meinnel dans Le Courrier Picard: "Même attaquée, l'Europe n'arrive pas à faire front commun. L'éparpillement des protestations contre un programme d'espionnage électronique des institutions de l'Union européenne à l'ONU et à Bruxelles, n'a pas de quoi impressionner. (...) Après tout, la morale n'a jamais été la règle des relations internationales. Même alliés militairement, les pays se sont toujours espionnés, au moins pour des raisons économiques."

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