© Belga Image

Faut-il se procurer des comprimés d’iode en pharmacie ?

Julie Nicosia
Julie Nicosia Journaliste

29.179 Belges ont récupéré des comprimés d’iode à la pharmacie ce lundi. Mais est-ce vraiment utile ? Réponse avec Arnaud Echement, porte-parole francophone de l’association pharmaceutique belge (APB).

Contexte

C’est à cause de l’invasion russe qui a mis la main sur la centrale ukrainienne de Tchernobyl, site du pire accident nucléaire de l’Histoire en 1986, que de nombreux Belges, craignant une catastrophe nucléaire, se sont rendus dans leur pharmacie afin de se procurer des comprimés d’iode. Au total, 32.483 paquets ont été distribués en une journée. Il s’agit du troisième pic d’achat depuis 2018, date à laquelle le gouvernement avait lancé une campagne d’information sur les risques nucléaires et a mis à disposition gratuitement ces pilules dans les officines.

À quoi sert l’iode ?

Comme expliqué sur le site belge de Risque nucléaire, les pilules d’iode doivent être prises de manière préventive en cas de catastrophe nucléaire: « en prenant au bon moment de l’iode stable, ou non radioactif vous faites en sorte que votre glande thyroïde soit saturée en iode et ne puisse plus absorber d’iode radioactif instable. »

L’iode, utile ou inutile ?

Comme expliqué par Arnaud Echement, porte-parole de l’association pharmaceutique belge, « c’est bien d’avoir les comprimés d’iode préventivement chez soi mais il ne faut pas les prendre maintenant« . En effet, « il est important d’attendre le feu vert du gouvernement qui se matérialise par une annonce Be-Alert », précise-t-il.

Au niveau de la posologie, le porte-parole de l’APB rassure en expliquant que tout est indiqué sur la boîte: un quart de comprimés pour les bébés de moins d’un mois, un demi comprimé pour les enfants âgés d’un mois à trois ans, un comprimé complet pour les 3-12 ans et deux comprimés complets pour les personnes âgées entre 12 et 40 ans. Au-delà de 40 ans, le risque de cancer est moindre tandis la prise d’iode peut entrainer des effets nocifs : il est donc inutile de prendre les comprimés une fois passé cet âge.

L’association pharmaceutique belge précise que les comprimés peuvent être gardés pendant 10 ans : « l’iode, c’est stable comme du sel de cuisine » rassure Arnaud Echement.

« Il y en a assez »

D’après l’APB, les stocks en pharmacie sont toujours disponibles et il y en a assez. Arnaud Echement indique que « 700.000 boîtes ont été distribuées en 2018 à raison de 45.000 boîtes par jour » en rassurant : « Hier soir, 39.000 boîtes avaient été distribuées. Même s’il y a une recrudescence, nous n’avons pas atteint les chiffres de 2018″.

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Partner Content