Chlamydia, gonorrhée, syphilis : les IST augmentent, les jeunes trop peu informés

Ludivine Ponciau
Ludivine Ponciau Journaliste au Vif

Les cas d’infections sexuellement transmissibles sont en augmentation. Chez les jeunes, mais pas que. La Plateforme Prévention Sida relance ce jeudi sa campagne « A quand remonte ton dernier dépistage? » en Wallonie et à Bruxelles. Objectif : mieux informer le public et casser la chaine de transmission.

A l’approche des vacances d’été, la Plateforme Prévention Sida veut attirer l’attention des jeunes, des moins jeunes et des publics plus vulnérables sur la question du dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST). L’objectif est d’inviter chacun à faire le point sur sa santé sexuelle, tout simplement en se rendant dans un lieu de dépistage proche de chez lui.

Elle lance également un nouveau compte TikTok, « Love Safe », qui vise plus particulièrement les 16-24 ans. Consciente qu’elle doit s’adapter aux habitudes de jeunes en matière de consommation d’informations et intégrer les codes des réseaux sociaux pour pouvoir les toucher, la Plateforme a développé des contenus sur-mesure (selon le canal sur lequel le message sera diffusé), à la fois informatifs et divertissants, sur tout une série de sujets de préoccupation : le dépistage des IST, bien entendu, mais aussi la bonne utilisation du préservatif et du carré de latex, le consentement, etc.

Pourquoi lancer une telle campagne aujourd’hui ?

Parce que les IST circulent toujours autant dans la population. En décembre 2020, Sciensano a publié un rapport sur l’évolution des IST diagnostiquées en Belgique entre 2017 et 2019. De ces données chiffrées, il ressort que les cas positifs ont continué d’augmenter dans notre pays (c’était déjà le cas lors du précédent rapport 2002-2016), en lien avec une augmentation du nombre de tests.

Le rapport met aussi en évidence des différences quant aux publics les plus concernés par ces IST. La plus fréquemment détectée, la chlamydia, touche davantage les femmes, surtout celles âgées de 15 à 29 ans. Le nombre de cas (hommes et femmes confondus) rapportés est passé de 68,6/100 000 habitants en 2017 à 77/100 000 habitants en 2019.

© belga

Principalement diagnostiquée chez les hommes cette fois – et majoritairement chez ceux ayant des relations avec d’autres hommes-, la gonorrhée montre aussi une tendance à la hausse depuis 2017, le nombre d’enregistrements passant de 17,8/100 000 habitants en 2008 à 26/100 000 habitants en 2019. Et lorsqu’elle touche les femmes, c’est plus souvent chez les 15-30 ans.

En augmentation également par rapport à 2017-2019, les cas de syphilis concernent 16,3/100 000 habitants contre 21,6/100 000 habitants. Les hommes ayant des relations avec des hommes et ceux ayant plus de 20 ans, toutes catégories d’âges confondues, sont les plus fréquemment touchés.

Comment expliquer cette hausse de cas d’IST ?

L’augmentation du nombre de tests de dépistage coïncide avec la hausse du nombre de cas. Mais une utilisation insuffisante du préservatif constatée par les acteurs de terrain est également évoquée. De trop nombreux freins existent encore (accessibilité, image, plaisir, …), souligne la Plateforme qui, en mai 2022, a sondé 800 personnes à propos des IST. Il est apparu ainsi que les participants affichaient des connaissances insuffisantes.

Près d’un tiers d’entre eux n’a jamais fait de dépistage. La moitié de ceux qui l’ont fait affirment qu’ils souhaitaient faire le point sur leur santé sexuelle. Tout aussi interpellant : 41% des sondés s’imaginent qu’ils peuvent se faire dépister directement après un rapport sexuel non protégé, alors qu’il faut attendre un certain délai, et 37,3% que toutes les IST peuvent être détectées avec une simple prise de sang. Or, un frottis et/ou un test d’urines et un examen visuel sont également nécessaires pour un dépistage complet.

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