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Anne-Sophie Bailly

EDITO | La carte essence et la voiture de société, des avantages de toute nature devenus des avantages en or

Anne-Sophie Bailly Rédactrice en chef
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Outre la mobilité et l’impact sur l’environnement, s’ajoute un nouvel argument en défaveur du système des voitures de société: l’inégalité grandissante qu’il induit en matière de pouvoir d’achat entre les propriétaires d’une voiture de fonction – et, surtout, d’une carte essence – et ceux qui n’en ont pas. Mais s’y attaquer sans vaste réforme fiscale s’avère mission impossible.

C’est via un gros paquet d’une cinquantaine de pages que les experts ont transmis au gouvernement De Croo leurs recommandations pour soutenir le pouvoir d’achat de la population et la compétitivité des entreprises. Un document qui ratisse large, puisqu’il évoque tant la baisse de la consommation d’énergie qu’une réforme de l’indexation des salaires ou encore quelques pistes pour revoir la fiscalité sur le gaz et l’électricité.

L’important document dépasse aussi l’énoncé de mesures ponctuelles pour en proposer de structurelles et aborde l’indispensable volet économies d’énergie qui faisait défaut jusqu’ici. Car l’hiver s’annonce chaud sur le plan de la facture et de la disponibilité énergétiques. Parmi les propositions de sobriété avancées par ces économistes, figurent une vitesse limitée à 100 km/h sur les autoroutes, des dimanches sans voiture, un thermostat baissé d’un degré. Et la limitation aux déplacements professionnels des cartes essence des voitures de société. On le sait, le régime des voitures de sociétés, spécialité fiscale belge, est régulièrement pointé du doigt par l’OCDE et la Commission européenne, qui l’estiment néfaste pour la mobilité et l’environnement.

Le débat autour de la carte essence ne fait qu’illustrer une nouvelle fois le même constat: le besoin d’une réforme fiscale de grande ampleur.

Ce que tout le monde peut concevoir.

Aujourd’hui, s’ajoute un troisième argument en défaveur du système: l’inégalité grandissante qu’il induit en matière de pouvoir d’achat entre les propriétaires d’une voiture de fonction – et, surtout, d’une carte essence – et ceux qui n’en ont pas.

Ce que tout le monde peut reconnaître.

Autant dire que cette proposition suscite un vif débat dans la société comme dans le monde politique. Pour les travailleurs qui en bénéficient, la voiture de société comme la carte essence qui l’accompagne font partie intégrante de leur package salarial. Un avantage de toute nature devenu un avantage en or. Perdre tout ou partie de celui-ci en pleine crise du pouvoir d’achat serait difficile à avaler. Pareil du côté des entreprises qui utilisent cet incitant financier tant comme un argument de recrutement ou de fidélisation que comme un mécanisme de réduction de leurs charges sociales. Perdre tout ou partie de cet avantage serait tout aussi difficile à faire passer. Surtout quand on espère que les entreprises contribuent à atteindre ce fameux et lointain objectif d’un taux d’emploi de 80%.

En réalité, le débat autour de la carte essence ne fait qu’illustrer une nouvelle fois le même constat: le besoin d’une réforme fiscale de grande ampleur.

Ce que tout le monde peut constater. Mais à laquelle personne n’ose s’attaquer.

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