Sur les écrans de nos mémoires

Pour ses 50 ans, la télévision belge entre au musée, le temps d’une exposition sur son histoire et sur ces curieuses correspondances entre images, souvenirs et objets. Au musée royal de Mariemont

Rens. : www.musee-mariemont.be et

064 21 21 93

21 juillet 1969. Les premiers pas sur la Lune. Pour la plupart des Belges, ce sont avant tout des images à la télé, au milieu de la nuit. 11 septembre 2001 : tous se souviennent de  » la première fois  » qu’ils ont entr’aperçu les Boeing foncer dans les tours. Encore une fois, c’était à la télé.

 » Qu’on le veuille ou non, le stock des images produites par la télévision û et celles, multiples, que nous conservons en tête û constituent la mémoire sans doute la plus complète de l’humanité depuis un demi-siècle « , explique François Mairesse, le directeur du Musée royal de Mariemont. La télévision forge ainsi une mémoire collective, elle marque le souvenir des  » grands  » événements. Au cours de ses cinquante ans d’existence, les archives de la télévision belge û devenue RTBF û ont donc accumulé un important patrimoine d’images fortes, éclectiques, souvent grises, parfois drôles ou futiles.

Le Musée de Mariemont, à Morlanwez, a voulu mener une réflexion sur ces centaines de milliers d’heures de programmes. Jusqu’au 27 septembre, il présente  » l’extraordinaire jardin de la mémoire « . En collaboration avec la RTBF, l’exposition transforme la télévision en objet de musée.

Au rez-de-chaussée, un fil rouge court autour de la pièce et retrace l’histoire de la RTBF. La ligne du temps s’élève pour marquer les moments de gloire de la télévision, ou chute lors de ses déboires. Elle est illustrée par des émissions marquantes de ces cinq décennies. Au sous-sol, des extraits vidéo illustrent l’histoire de la Wallonie. Un étage est plus étonnant. Les collections du musée et les images de la télévision sont rassemblées dans des  » cabinets de curiosité « , ainsi que les a conçus le muséologue Samuel Quiccheberg. En 1565, ce médecin proposait de rassembler les objets groupés par  » classes « . En suivant cette logique, l’exposition présente des collections du musée, mises en relation avec des images d’archives télévisées. On assiste donc au surprenant dialogue entre des extraits de la série Jour de guerres et une collection d’armes, ou entre des instruments médicaux et des images du magazine médical Pulsations. Un mélange étonnant.

Julien Fastré

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