Oslo n’est pas Washington

Le Nobel de la Paix n’y changera rien : les élections à la Chambre, dans un an, risquent de menacer la majorité démocrate. Obama prépare déjà l’échéance.

DE NOTRE CORRESPONDANT

Loin de Washington, le nom de Barack Obama reste, de Kaboul à Nairobi et de Téhéran à Ramallah, porteur d’espérance (voir en page 5). En lui décernant le prix Nobel de la paix, moins d’un an après son élection à la présidence des Etats-Unis, les jurés d’Oslo ont voulu encourager ses efforts diplomatiques, pourtant trop récents pour être couronnés de succès. L’Amérique, elle, a des soucis plus concrets : taux de chômage élevé (9,8 %), dette publique sans précédent, avenir de l’assurance-santéà Or, dans un an environ, le 2 novembre 2010, les 435 sièges de la Chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires depuis 2006, seront en lice lors des élections de mi-mandat. Ce qui explique sans doute l’une des hantises de l’administration Obama, résumée par le président lui-même en septembre dernier, lors d’une interview sur la chaîne CBS : la réédition de l’affront infligé à Bill Clinton en 1994.  » Un jeune président arrive, il propose la réforme de l’assurance-santé ; le texte est descendu en flammes et, lors des élections suivantes, les républicains en profitent pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants. « 

En repartant en campagne dès la rentrée, le président a réussi à maintenir sa cote de popularité au-dessus de la barre des 50 %. Mais le Congrès, dominé par les démocrates, ne trouve grâce – comme en 1993 – qu’aux yeux de 22 % de l’opinion, signe de vulnérabilité. Et les républicains, nantis de 44 % d’intentions de vote, n’ont plus que deux points de retard sur les vainqueurs de novembre 2008.

Selon un schéma bien connu des politologues américains, les électeurs du candidat victorieux à la présidentielle négligent souvent d’aller voter aux élections parlementaires qui suiventà alors que les perdants se rendent nombreux aux urnes. Résultat, le parti d’un président nouvellement élu perd en moyenne 28 sièges lors du scrutin de mi-mandat. Pour remporter la majorité à la Chambre, les républicains devraient faire basculer 41 sièges. Mission impossible ?

Déjà, la Maison-Blanche a lancé un plan de défense des candidats démocrates les plus menacés. Un conseil stratégique a été mis en place et le président lui-même a participé à une levée de fonds. Mais Barack Obama n’ignore pas qu’il doit se montrer pragmatique et modérer son appétit de réforme, afin d’éviter de subir le même sort que Bill Clinton, il y a quinze ans.

PHILIPPE COSTE

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