© DUPUIS-DARGAUD-LOMBARD

L’avenir de Gaston en suspens

L’éditeur Dupuis et le dessinateur Delaf sont-ils autorisés à reprendre le personnage et les gags de Gaston Lagaffe contre l’avis et le droit moral de la fille d’André Franquin? On le saura à la rentrée.

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Un accord entre avocats est intervenu, le 16 mai, devant le tribunal francophone de première instance de Bruxelles – lequel devait décider en urgence d’une suspension de toute prépublication d’un Gaston Lagaffe dessiné par le Québécois Delaf. Les sociétés Editions Dupuis et Dargaud-Lombard y ont fait acter leur engagement de ne rien publier avant la fin de l’arbitrage prévu à la rentrée: «Ni les planches ni extraits de planches, vignettes et dessins de Gaston par Delaf, jusqu’à ce que soit rendue la sentence arbitrale», ont précisé les avocats d’Isabelle Franquin, héritière et détentrice du droit moral de Franquin, dans un communiqué. Conséquence directe: un éventuel album de Gaston Lagaffe par un auteur autre que Franquin ne pourra pas voir le jour avant 2023, au mieux.

Un éventuel album de Gaston Lagaffe? Pas avant 2023, au mieux.

Le 18 mars dernier, au festival d’Angoulême, les éditions Dupuis annonçaient la sortie d’un nouveau Gaston Lagaffe à l’automne (Le Vif du 16 mars). Une annonce qui a fait l’effet d’une bombe. Convaincue, comme beaucoup d’autres, que son père était opposé à une reprise de son personnage fétiche, Isabelle Franquin a entamé une double procédure en justice dès la prise de connaissance du projet (qui lui a été sciemment caché pendant près de cinq ans!): d’abord en urgence et en référé devant le tribunal de première instance de Bruxelles, puis sur le fond, devant la cour d’arbitrage, pour obtenir l’interdiction de l’album et de l’éventuelle future série.

De son côté, Dupuis (et le groupe Média Participations) estime que les contrats signés par Franquin lui donnent de plein droit la possibilité d’une telle reprise. Rappelons toutefois qu’il ne faut pas confondre les droits d’auteur, que Franquin a intégralement vendus à Dupuis à la fin de sa vie, et le droit moral qui, lui, est incessible, inaliénable et actif pendant septante ans (lire en page 62). Ce dernier assure à celui qui le possède – ici, Isabelle Franquin – un droit de regard sur l’exploitation faite du personnage, la possibilité de s’y opposer en cas de détournement moral ou éthique et, selon les interprétations, s’il va à l’encontre des souhaits de l’auteur. La cour d’arbitrage devra trancher.

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