Eshkol Nevo. © BELGAIMAGE

A haute voix

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Dans La Dernière Interview, l’Israélien Eshkol Nevo aborde le métier d’écrire par le versant intime, au plus près des fêlures. Subtil et généreux.

 » Vous avez toujours voulu être écrivain? » Ressemblant comme deux gouttes d’eau à Eshkol Nevo (Trois étages, Jours de miel), un écrivain israélien répond aux questions des internautes sur sa vie, son travail, son succès. Pour combattre un trouble de l’humeur caractérisé par une légère déprime permanente, l’écriture s’est imposée comme un sacerdoce autant qu’un piège. Le narrateur cannibale enjolive tout ce qui lui arrive en bonne histoire… Sans parvenir à étouffer la crainte d’un malentendu avec le public. « Comme si […] l’Israélien que je décrivais dans mes ouvrages ne coïncidait pas avec le cliché qu’ils espéraient voir – un Israël d’oranges, de danses folkloriques et de raids sur Entebbe. »

La Dernière Interview, par Eshkol Nevo, traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche, Gallimard, 480 p.
La Dernière Interview, par Eshkol Nevo, traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche, Gallimard, 480 p.

Via le truchement de la fiction de soi, Nevo questionne le jeu de miroirs déformants entre la juste « distance » et voler l’âme de quelqu’un en écrivant sur lui-même. Tout en digressions, l’auteur signe une partition mélancolique sur le couple qui se délite, traite du rapport au père et partage les angoisses pour le meilleur ami atteint d’un cancer. « Et je sais que, désormais, j’écris pour me sauver. » Sous la forme d’un vrai-faux entretien, bourré de tact et d’humour, un roman comme une invitation à la réflexion sur la montée des popu- lismes, la colonisation des territoires occupés, les blessures des séparations qui ne cicatrisent pas.

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