Emmanuel Macron devant le Parlement européen, ce 9 mai. © AFP

Révision des traités, « communauté politique européenne »: les propositions de Macron pour l’Union européenne

Le Vif

Devant le Parlement européen, Emmanuel Macron s’est dit favorable à une révision des traités européens. Von der Leyen s’est également prononcée pour une modification « si nécessaire ».

Emmanuel Macron s’est déclaré lundi à Strasbourg « favorable » à une « révision des traités » de l’Union européenne, en proposant que les dirigeants des 27 en discutent à leur sommet de juin.

« Il faudra réformer nos textes, c’est évident. L’une des voies de cette réforme est la convocation d’une convention de révision des traités. C’est une proposition du parlement européen et je l’approuve », a déclaré le président français devant le Parlement européen, pour son premier discours sur l’Europe depuis sa réélection et l’offensive russe en Ukraine.

Il a également appellé à la création d’un « communauté politique européenne » pour accueillir notamment l’Ukraine. « Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs, de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité », a déclaré Emmanuel Macron à l’occasion de la clôture de la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

« Plus de sens », selon von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est également prononcée ce lundi pour une modification des traités de l’UE « si nécessaire » et l’abandon du vote à l’unanimité des 27 pays membres dans des domaines clés, dans un discours à Strasbourg. « J’ai toujours soutenu que le vote à l’unanimité dans certains domaines clés n’a tout simplement plus de sens », a déclaré Mme von der Leyen au Parlement européen. Elle s’est dite prête à réformer l’UE, y compris « en changeant les traités si nécessaire ».

La présidente de l’exécutif européen s’est également exprimée sur une vaste consultation citoyenne à l’échelle de l’UE. « L’Europe devrait jouer un rôle plus important, par exemple dans le domaine de la santé ou de la défense. Et nous devons améliorer en permanence le fonctionnement de notre démocratie », a déclaré Ursula von der Leyen. « Je serai toujours du côté de ceux qui veulent réformer l’UE pour qu’elle fonctionne mieux », a-t-elle ajouté.

Unanimité remise en cause

Le Parlement européen avait appelé la semaine dernière au démarrage d’une procédure de changement des traités européens. Une étape risquée mais nécessaire pour certaines des propositions, comme, par exemple, donner un droit d’initiative au Parlement ou élargir les compétences de Bruxelles en matière de défense ou de santé. 

L’unanimité des Etats membres, nécessaire sur un certain nombre de sujets, la fiscalité notamment, et source fréquente de blocages, comme le montrent actuellement les discussions difficiles sur un embargo du pétrole russe, est également remise en cause.

L’idée d’un changement des traités suscite toutefois l’hostilité d’une partie des Vingt-Sept. Treize des 27 pays de l’UE s’y opposent. « Nous ne sommes pas en faveur de tentatives inconsidérées et prématurées visant à lancer » une telle procédure, écrivent ces pays, dont la Pologne, la Roumanie et la Finlande, selon un texte diffusé lundi sur Twitter par la Suède, également signataire.

Les pays qui s’opposent à cette perspective pointent le risque d’une « perte d’énergie » et estiment qu’une révision des traités « n’a jamais été un objectif » de la Conférence.

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