© Belgaimages

Présidentielle française: pourquoi les partis en-dessous de 5% ont besoin d’argent

Le Vif

Le remboursement des frais de campagne sont très encadrés en France et sont liés au résultat. Objectif : 5%. Ceux qui ne l’atteignent pas bénéficient d’une aide financière (beaucoup) moins importante. Explications.

La barre des 5% lors d’une élection ne revêt pas qu’un caractère symbolique, mais également une implication financière. Ce seuil déclenche un remboursement par l’Etat des frais de campagne. Pour les autres, il faudra mettre la main à la poche ou se faire aider. Sur les douze candidats à l’élection présidentielle française, huit se retrouvent dans ce cas.

Endettement

Valérie Pécresse a ainsi lancé au lendemain du scrutin un appel à « une aide, d’urgence » envers les Français, pour « boucler le financement » de sa campagne. Coût à rembourser : 7 millions d’euros de frais. « Les Républicains ne peuvent faire face à ces dépenses. (…) Il en va de la survie des Républicains, et au-delà de la survie de la droite républicaine », a-t-elle expliqué. Pécresse appelle donc les gens qui ont voté pour elle, mais aussi « tous les Français attachés au pluralisme politique et à la liberté d’expression, à faire un don en sa faveur. Outre son parti, la candidate déclare aussi être endettée personnellement « à hauteur de 5 millions d’euros », elle qui a tout de même le plus gros patrimoine, tous candidats confondus.

Selon un haut cadre du parti, s’exprimant à France Télévisions, Les Républicains ne sont financièrement « pas en danger », même s’il manque 1 million d’euros dans les caisses. « On a les reins solides », souligne cette même source.

Même son de cloche du côté de Yannick Jadot, qui a appelé à soutenir financièrement l’écologie pour mener ses combats. « Si chaque électeur de Yannick Jadot donne 3 euros, nous aurons remboursé la campagne et pourrons poursuivre le combat de l’écologie. »

Remboursement encadré

Depuis 2007, la vérification des comptes de campagne présidentielle est encadrée la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Elle veille à ce que les candidats respectent les montants maximum de dépenses de campagne. La somme des frais de campagne des candidats présents au premier tour ne peut dépasser 16,851 millions d’euros. Pour la second tour, c’est 22,509 millions d’euros. Si un candidat dépense davantage, il devra verser le montant du dépassement au Trésor public. Une avance de 200.000 euros est également versée à l’ensemble des candidats.

Pour cette élection, les dépenses sont comptabilisées depuis le 1er juillet 2021. Celles concernant les déplacements d’Emmanuel Macron comme candidat le sont depuis sa déclaration le 4 mars.

800.000 vs 8 millions

Concrètement, ceux qui ont obtenu plus de 5% sans se qualifier au second tour (Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour) peuvent prétendre à un remboursement de leurs frais à hauteur de 47,5% du plafond des dépenses au premier tour, soit l’équivalent de 8 millions d’euros. Pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le taux de remboursement de leurs frais de campagne s’élève à 47,5% du plafond des dépenses cumulées aux premier et second tours, soit environ 10,7 millions d’euros.

Les candidats qui n’ont pas réussi à atteindre le seuil des 5% au premier tour peuvent prétendre à une aide financière, mais nettement moins importante. Les montants remboursés se font pour eux à hauteur de 4,75 % du plafond des dépenses du premier tour, soit l’équivalent de 800 000 euros, indique Francetvinfo.

Retrouvez toutes les analyses, interviews, infographies… du Vif via notre dossier spécial

Partner Content