Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan.

L’Otan renforce sa défense et prévient Moscou sur les armes chimiques et nucléaires

Tout usage d’armes chimiques par la Russie en Ukraine serait inacceptable et aurait de profondes conséquences, a prévenu mercredi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Les chefs d’État et de gouvernement des trente pays de l’Otan tiennent ce jeudi à Bruxelles un sommet extraordinaire, entièrement dédié à la guerre menée par la Russie en Ukraine et décideront de renforcer leur dispositif militaire en Europe de l’Est, à court et à long terme, sur fond de crainte d’un recours par Moscou à son arsenal nucléaire et chimique.

Tout usage d’armes chimiques par la Russie en Ukraine serait inacceptable et aurait de profondes conséquences, a prévenu mercredi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, alors que le président américain Joe Biden affirmait, lors de son départ de Washington pour Bruxelles, qu’une attaque russe de ce type était « une menace crédible ». L’Otan va apporter un « soutien supplémentaire » à l’Ukraine pour se protéger contre les menaces chimiques, nucléaires, biologiques et radiologiques ainsi qu’en termes de cybersécurité, a ajouté M. Stoltenberg lors d’une conférence de presse au siège bruxellois de l’Alliance atlantique.

Menace crédible

« Nous sommes déterminés à faire tout ce que nous pouvons pour soutenir l’Ukraine », a poursuivi le secrétaire général à la veille d’un « important » sommet des dirigeants alliés, couplé à une réunion du G7 au plus haut niveau et à un sommet des chefs d’État et de gouvernement européens, auquel se joindra M. Biden. Une attaque russe à l’arme chimique en Ukraine est « une menace crédible« , a pour sa part prévenu le président américain en quittant la Maison Blanche avant de s’envoler à bord de l’avion présidentiel Air Force One à destination de la capitale belge.

M. Biden participera à ce marathon diplomatique avant de se rendre vendredi et samedi en Pologne, un pays en première ligne dans le conflit ukrainien.

« Changement de la nature du conflit »

« Tout usage d’armes chimiques (par la Russie en Ukraine) changerait la nature du conflit, serait une violation flagrante du droit international et aurait de profondes conséquences », a lancé M. Stoltenberg. « La Russie doit cesser cette rhétorique dangereuse et comprendre qu’une guerre nucléaire ne devrait jamais être menée et qu’elle ne pourra jamais gagner une guerre nucléaire », a-t-il déclaré. Selon lui, le président russe Vladimir Poutine doit donc cesser sa rhétorique nucléaire, que M. Stoltenberg a qualifié de « dangereuse » et d' »irresponsable ».

« L’Otan soutient l’Ukraine dans son droit à l’autodéfense, mais elle n’est pas partie au conflit et ne veut pas que le conflit devienne une guerre entre l’Otan et la Russie », a insisté M. Stoltenberg. Pour cette raison, « l’Otan n’enverra pas de troupes en Ukraine et n’imposera pas une zone d’exclusion aérienne« , a-t-il expliqué. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé à plusieurs reprises la mise en place d’une telle zone qui viserait à interdire les vols d’appareils militaires russes au-dessus de l’Ukraine.

Renforcer la défense

Le secrétaire général a également confirmé que l’Otan avait entamé le déploiement de quatre nouveaux groupements tactiques en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, pour renforcer ses défenses contre la Russie sur son flanc oriental. « Les dirigeants de l’Otan vont décider lors de leur sommet demain de renforcer la posture de défense avec quatre nouveaux groupements tactiques en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, portant à huit les groupements tactiques déployés de la Baltique à la mer Noire », a-t-il précisé.

Les quatre autres – de gros bataillons d’un millier de militaires mais dont les effectifs vont être accrus – sont stationnés dans les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) ainsi qu’en Pologne. »Nous faisons face à une nouvelle réalité pour notre sécurité, nous devons donc réinitialiser notre dissuasion et notre défense pour le long terme », a poursuivi l’ancien Premier ministre norvégien, laissant entendre que des décisions en ce sens seraient prises lors du prochain sommet atlantique, prévu de longue date les 29 et 30 juin prochains à Madrid.

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