L'ex-président de Vooruit, Conner Rousseau. © JONAS ROOSENS/BELGA MAG/AFP

Bientôt une commission d’enquête sur les abus sexuels au sein de l’Eglise

Un consensus en ce sens existe entre Vooruit, Groen, l’Open Vld, le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang.

Les partis flamands soutiennent massivement la création d’une commission d’enquête sur les abus sexuels commis dans l’Eglise. Les socialistes flamands déposeront une proposition qui va dans ce sens, a annoncé mercredi le président Conner Rousseau.

L’initiative suit la diffusion par la VRT du documentaire « Godvergeten » qui a livré les témoignages de nombreuses victimes et de leurs proches. Le reportage a fait grand bruit au nord du pays. « Je suis sous le choc. Toute la Flandre est sous le choc« , a souligné M. Rousseau. « Ces personnes ont été abusées par des prêtres, moquées par l’Église et abandonnées à leur sort par la justice ».

La commission d’enquête, telle que voulue par Vooruit, se pencherait également sur les subsides que reçoit aujourd’hui l’Eglise. « Pourquoi des Belges devraient encore payer le salaire de clercs qui ont toléré des comportements criminels dans leur organisation et même couvert », s’est demandé le socialiste.

Abus sexuels au sein de l’Eglise: des erreurs ont-elles été commises ?

Le groupe Ecolo-Groen déposera également une proposition de création d’une commission d’enquête. Le président Jeremie Vaneeckhout et les députés fédéraux Stefaan Van Hecke et Olivier Vajda veulent savoir si les victimes d’abus sexuels dans l’Eglise ont été traités correctement et si l’enquête judiciaire ouverte il y a plus de dix ans -connue sous le nom d’Opération Calice- a été menée correctement. Elle avait été marquée par un revers retentissant lorsque la chambre des mises en accusation de Bruxelles avaient déclaré nulles les perquisitions menées par le juge Wim De Troy en 2010, notamment au siège de l’archevêché de Malines, à la cathédrale Saint-Rombaut et au domicile privé du cardinal Danneels.

« Les victimes d’abus au sein de l’Église ont le droit de savoir si l’enquête menée dans le cadre de l’opération Calice s’est déroulée correctement. Des pressions excessives ont-elles été exercées? Des erreurs ont-elles été commises? Ces questions devraient être clarifiées par une commission d’enquête parlementaire. En outre, des questions subsistent quant aux personnes qui, au fil des ans, ont contribué à dissimuler ces abus« , a souligné M. Vajda.

« Il y a déjà eu dans le passé des initiatives, mais elles sont insuffisantes

Une commission spéciale sur les abus sexuels « relative au traitement d’abus sexuels et de faits de pédophilie dans une relation d’autorité, en particulier au sein de l’Eglise » avait vu le jour à la Chambre à l’époque, présidée par Karine Lalieux (PS). Un centre d’arbitrage en matière d’abus sexuels, avait été créé en 2011 à la suite d’un accord passé entre la commission parlementaire et l’Eglise. « Il y a déjà eu dans le passé des initiatives prises par le parlement et des étapes ont été franchies, mais elles sont insuffisantes et ne donnent pas aux victimes ce à quoi elles ont droit: réparation et reconnaissance », a fait remarquer Katia Segers (Open Vld).

La commission Justice de la Chambre se penchera mercredi prochain sur le dossier, a annoncé la présidente Kristien Van Vaerenbergh (N-VA). « Il est de toute première importance que le parlement élabore en commun une demande d’enquête claire car le résultat ne peut pas décevoir les victimes et leurs proches », a-t-elle souligné.

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