Michel de maegd
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Les 3 types de réactions au MR suite au départ de Michel De Maegd pour Les Engagés: «Le silence de certains devrait nous inquiéter»

Le député fédéral Michel De Maegd quitte le MR après plusieurs mois de tensions internes. Il rejoint Les Engagés.

Voilà plusieurs mois qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre Michel De Maegd et le MR, du moins son dirigeant. Ce mardi matin, le député fédéral officialise son départ pour rejoindre Les Engagés. Michel De Maegd a eu plusieurs démêlés depuis l’automne avec Georges-Louis Bouchez, d’abord en interne et puis publiquement suite au retrait du Boitsfortois d’une émission de télévision par son président sur Gaza. Estimant que Michel De Maegd ne représentait «pas la ligne du parti» sur cette thématique, le Montois avait décidé de le priver d’un débat télévisé prévu à la RTBF sur ce sujet qu’il suivait de près.

Plusieurs fois, Michel De Maegd a reproché la droitisation populiste du MR, notamment lors d’une réunion interne, en septembre dernier, dont Le Vif s’était procuré un enregistrement. Cette même semaine, il avait dénoncé une «dérive autocratique inquiétante». Plus récemment, il avait qualifié de «faute» la décision de son président de parti «d’instrumentaliser» la polémique autour de la crèche de Noël de la Grand-Place de Bruxelles.

Michel De Maegd sauve-t-il son avenir ?

Au sein du parti, le départ de Michel De Maegd est vu comme une demi-surprise. Les désaccords avec Bouchez étaient connus, mais le dissident d’aujourd’hui aurait pourtant répété à ses collègues d’hier qu’il ne quitterait jamais le parti pour un autre. «De Maegd avait surtout peur de perdre sa place aux prochaines élections. Il a sauvé sa tête avant tout.» Il est vrai que Michel De Maegd avait bénéficié d’une place importante sur la liste bruxelloise au fédéral (deuxième, derrière Valérie Glatigny).

Ce mardi, trois types de réactions se distinguent au sein du MR, rapporte un vent favorable. Il y a ceux qui accusent Michel De Maegd d’opportunisme, d’autres qui estiment (sur le groupe whatsapp des élus MR notamment) que la droitisation du parti pourrait mener à de nouveaux départs. Et une troisième qui, pour l’heure, fait preuve de réserve. «C’est ce silence chez plusieurs députés importants qui devrait nous inquiéter», résume un libéral.

La droitisation du parti n’est pas pour autant remise en question dans les rangs du MR, «mais si GLB veut continuer dans son style, il va avoir pas mal d’obstacles devant lui». Certains appellent donc le président libéral à accepter que sa position ne soit pas systématiquement celle du parti, estimant que ces divergences peuvent renforcer le mouvement. Depuis quelques semaines, le Montois a dû essuyer son exclusion des négociations bruxelloises, des sondages peu flatteurs, une remarque émise publiquement par Sophie Wilmès (et d’autres), et aujourd’hui le départ d’un député apprécié. «Pour un début de législature, ça fait tout de même beaucoup.»

Un député très actif

En mars 2019, suivant les pas de ses prédécesseures Florence Reuter ou Frédérique Ries, il annonçait quitter le journalisme et s’engager en politique sous la bannière du MR. Il se présentait comme humaniste et adepte du libéralisme social. Candidat quelques mois plus tard à la Chambre, il y avait été élu avec près de 8.000 voix de préférence. Durant sa première législature au Parlement, il y sera l’un des députés les plus actifs, avec un grand nombre de propositions législatives, rapports et autres questions parlementaires à son actif. Il porte notamment son attention sur les enjeux internationaux, le climat, le nucléaire (dont il est un grand partisan), les adoptions illégales, etc. 

Réélu facilement avec près de 18.000 voix lors des législatives de juin 2024, il accède alors à la vice-présidence de la commission des Relations extérieures. Il siège aussi au comité d’avis pour les questions européennes. Le départ de Michel De Maegd pourrait-il enclencher des réactions en chaîne ? Dans les coulisses libéraux, on n’exclut pas un transfert compensatoire, des Engagés au MR donc, afin de récupérer le siège perdu à la Chambre. «Il s’agit d’un contre-feu, prédit un libéral. Yvan Verougstraete et Maxime Prévot jouent une douce partition en se positionnant comme des gens qui nuancent, ce que l’on a du mal à faire chez nous.»

Un tel chassé-croisé reste peu probable, mais il serait le témoin ultime d’une tension grandissante entre les deux camps. Quid pour l’axe MR-Engagés qui s’est dessiné à l’été 2024, et condamné à résister jusque 2029? «Si l’on prend l’exemple de Jean-Luc Crucke, on travaille avec lui comme deux partis responsables dans le cadre d’une majorité gouvernementale», rassure le chef des députés MR au Parlement, Benoît Piedboeuf. 

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