Salah Abdeslam

Salah Abdeslam ne fait pas appel: « Cela ne signifie pas qu’il adhère au verdict, mais qu’il s’y résigne »

Le Vif

Salah Abdeslam, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour son rôle dans les attentats du 13 novembre 2015, n’a pas fait appel de sa condamnation, a annoncé à l’AFP le procureur général de Paris, Rémy Heitz.

« Aucun des vingt accusés n’a interjeté appel », a déclaré M. Heitz. « Le procureur national anti-terroriste et le procureur général près la cour d’appel de Paris n’ont pas non plus fait appel de cette décision », a-t-il précisé dans un communiqué. La décision de la cour d’assises spéciale de Paris « a donc acquis aujourd’hui un caractère définitif et il n’y aura donc pas de procès en appel ». Le délai d’appel, de dix jours, expirait lundi à minuit.

« Pour des raisons qui lui sont propres, M. Salah Abdeslam a renoncé à interjeter appel », indiquent Mes Olivia Ronen et Martin Vettes dans un communiqué. « Cela ne signifie pas qu’il adhère au verdict et à la peine de perpétuité incompressible qui en résulte, mais qu’il s’y résigne ». « Ses avocats sont liés par son choix. Si une telle peine est inacceptable, nous respectons la décision de celui que nous assistons », ont ajouté les deux conseils, « il n’y a pas d’honneur à condamner un vaincu au désespoir ».

   Le 29 juin, et au terme de près de dix mois d’un procès « historique », Salah Abdeslam était devenu le cinquième homme en France condamné à la perpétuité incompressible, la plus haute sanction du code pénal qui rend infime toute possibilité de remise en liberté. Ses 19 coaccusés – six dont cinq présumés morts étaient jugés en leur absence – ont eux été condamnés à des peines allant de deux ans d’emprisonnement à la perpétuité.

   Au cours du procès, le seul membre encore en vie des commandos djihadistes qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et Saint-Denis a affirmé avoir « renoncé » à déclencher sa ceinture dans un bar parisien le soir des attentats, par « humanité ». Le gilet explosif dont Salah Abdeslam était porteur « n’était pas fonctionnel », remettant « sérieusement en cause » ses déclarations sur son « renoncement », a répliqué la cour dans son délibéré.

   Elle a reconnu le Français de 32 ans coupable d’être le « coauteur » d’une « scène unique de crime »: le Stade de France, les terrasses parisiennes mitraillées et le Bataclan. La défense du principal accusé avait vainement plaidé contre une « peine de mort lente » visant à « neutraliser définitivement un ennemi » et non un homme ayant « évolué » au cours de l’audience.

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