La fresque de Johan Muyle à la Gare du Nord.

Gare du Nord: la concertation se mène de manière discrète pour trouver une solution

Le Vif

Une concertation discrète est en cours depuis plusieurs jours pour trouver une solution au problème posé par le séjour de migrants à la Gare du nord. Elle associe la Région bruxelloise, les communes concernées et les cabinets des ministres en charge de l’Asile et de l’Intérieur. A la commune de Schaerbeek, qui abrite la gare, l’on espère une solution dans le courant de la semaine.

L’étage 0 de la gare où les migrants ont trouvé refuge est dépourvu des installations sanitaires qui permettraient un hébergement décent. La société de transport « De Lijn », rejointe par la STIB, a décidé de déplacer l’arrêt de ses bus à cet endroit vers la rue du Progrès tant la situation est devenue déplorable. Les riverains expriment également leur désarroi face aux problèmes d’hygiène et parfois même de sécurité.

Les acteurs associatifs, la Région bruxelloise, Schaerbeek et la Ville de Bruxelles réclament l’ouverture d’un centre d’accueil et d’orientation qui pourrait s’occuper de ces personnes qui, pour la plupart, souhaitent gagner la Grande Bretagne.

La revendication n’est pas neuve. L’ex-secrétaire d’Etat Theo Francken s’y refusait obstinément. Son successeur, Maggie De Block, est du même avis. Le gouvernement fédéral craint qu’un tel centre ne provoque un appel d’air vers Bruxelles.

« Je ne veux pas que Bruxelles devienne une sorte de Calais bis », a martelé dimanche le ministre de l’Intégration sociales, Denis Ducarme, sur le plateau de « C’est pas tous les jours dimanche » (RTL-TVi).

Un argument rejeté par les associations. L’ouverture de tels centres a au contraire permis à la France de gérer le démantèlement du vaste campement de migrants à Calais, a fait remarquer le porte-parole de la plateforme citoyenne pour les réfugiés, Mehdi Kassou. Qui plus est l’ampleur du phénomène est difficilement comparable: le nombre de migrants dans cette zone a toujours été de quelques centaines, même en cas de pic, contre 12.000 à Calais.

Quelle pourrait dès lors être la solution? Les différents protagonistes restent discrets. Des acteurs de l’hébergement d’urgence sont à l’oeuvre depuis vendredi, apprenait-on à bonne source. Le hub humanitaire, où des consultations médicales sont organisées, devrait être déplacé prochainement. Il est installé à la gare depuis janvier 2018.

Les différents acteurs politiques disent vouloir trouver une solution. Les Bruxellois mettent en avant leur bonne volonté -qui s’est notamment concrétisée par l’ouverture du centre de nuit la Porte d’Ulysse à Haren en novembre 2017- et regardent vers le fédéral.

« La situation à la Gare du Nord devient impossible », commentait-on dimanche au cabinet du bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt.

« Je veux que l’on puisse retrouver de la quiétude », soulignait de son côté le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close. « Cette situation est inacceptable ».

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