Tout sur pauvreté

A Bruxelles, plus de quatre enfants sur 10 (43%) naissent dans une famille vivant sous le seuil de pauvreté (revenus en dessous de 867 euros par mois si le parent est seul), rapportent La Libre et De Standaard mercredi sur base d'une étude de l'école de santé publique de l'ULB, soutenue par la Fondation Roi Baudouin (FRB).

Le risque de pauvreté monétaire restait stable en Belgique en 2015, autour des 15%, rapporte lundi le SPF Économie sur la base de l'enquête sur les revenus et les conditions de vie (EU-SILC), menée l'an dernier auprès de 6.000 ménages du pays. Par ailleurs, plus d'un Belge sur cinq présentait un risque de pauvreté ou d'exclusion sociale.

Le Fonds monétaire international (FMI) a pressé les Etats-Unis de lutter "de façon urgente" contre la pauvreté et l'inégalité qui pèsent sur l'avenir du bien-être économique du pays, selon l'examen annuel de la première économie mondiale publié mercredi.

Près d'un enfant sur quatre grandit dans une famille où les deux parents sont au chômage à Bruxelles. Un enfant sur cinq est dans cette situation en Wallonie contre un enfant sur quinze en Région flamande, selon les statistiques du service de placement flamand, le VDAB et le groupe de recherche Steunpunt Werk, rapportées par L'Echo et De Tijd mardi.

Ces dernières semaines, l'Allemagne a connu un débat houleux sur les conséquences des réformes socio-économiques d'il y a 20 ans. Ces mesures ont fondamentalement changé l'État-providence allemand, quelques années après que Reformstau (obstruction de réformes) ait été élu mot de l'année et que l'Allemagne ait été traitée de malade de l'Europe. Aujourd'hui, la discussion porte sur les conséquences du nouveau Wirtschaftswunder.

Le SPF Economie a publié récemment des statistiques sur la pauvreté en Belgique. De nombreux Belges luttent au quotidien pour s'en sortir financièrement et pouvoir payer leurs factures. En 2014, 15,5% de la population vivait sous le seuil de pauvreté, ce qui représente environ 1,7 million de personnes.

Nourrisson négligé au point d'en mourir, mère qui tue sa fille par désespoir ou laisse ses enfants seuls la nuit pour travailler et rembourser des usuriers, nombre de faits divers sordides au Japon ont en commun la pauvreté cachée sur laquelle enquête depuis près de quinze ans l'essayiste Atsuko Hida.

Les bénéficiaires du revenu d'intégration sont plus souvent des femmes que des hommes, annonce vendredi le SPP Intégration sociale (SPP IS). Le service public note que la différence a diminué ces dix dernières années mais qu'elle reste importante, surtout dans les petites communes et quand il y a une famille à charge.

Difficile sans doute de porter un regard critique sur une opération qui a pour objet d'aider 80.000 enfants de moins de 6 ans vivant sous le seuil de pauvreté. Qui n'a pas le coeur serré à entendre, lire ou voir sur les médias de la RTBF les témoignages de cette cruelle réalité ? Qui ne souhaite pas dans ces conditions, à la mesure de ses moyens, tenter de contribuer à une action charitable ? Mais cette opération est-elle un tant soit peu en mesure d'endiguer la réalité indigne qu'elle met fort justement en lumière ? Bref, est-elle utile à la cause ?

Le monde reste profondément injuste pour les enfants les plus défavorisés, en dépit des progrès considérables accomplis depuis l'adoption de la Convention relative aux droits de l'enfant en 1989, affirme l'UNICEF dans un rapport publié, vendredi, en marge de la journée mondiale de l'Enfance.