Tout sur Kremlin

Rescapé d'une tentative d'assassinat par empoisonnement et rentré à Moscou, l'opposant promet une année électorale mouvementée au président.

Incarcéré depuis son retour rocambolesque en Russie, l'opposant Alexeï Navalny a contre-attaqué mardi avec la diffusion d'une vaste enquête anti-corruption visant le président Vladimir Poutine et le véritable "palais" dont il se serait doté sur les bords de la mer Noire.

Le Kremlin a bien camouflé le déclin de la puissance russe et peut-être un peu ralenti, mais ne l'a pas arrêté du tout, écrit Jonathan Holslag, professeur à la VUB.

Le président américain Donald Trump a évoqué jeudi une possible rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine en juillet, un face-à-face qui aurait un relief particulier en raison des accusations d'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016.

La Coupe du monde de football qui se tiendra du 14 juin au 15 juillet en Russie représente un véritable enjeu pour le président russe Vladimir Poutine. Il s'agit en effet d'une occasion de redorer l'image de la Russie au niveau international, mais aussi d'envoyer un message à la population russe: "continuer à lui redonner confiance et fierté", explique la spécialiste de la Russie de l'ULB, Aude Merlin.

Un journaliste et écrivain russe virulent critique du Kremlin, Arkadi Babtchenko, a été tué par balle mardi soir à Kiev où il s'était exilé, se disant menacé après avoir dénoncé le rôle de la Russie dans le conflit dans l'est de l'Ukraine.

Après plus de 18 ans de pouvoir, Vladimir Poutine symbolise le retour de la Russie sur le devant de la scène internationale, au prix de tensions sans précédent avec les Occidentaux et d'un net recul des droits de l'Homme.

La mission russe auprès de l'Otan sera réduite de 10 personnes en réaction à l'utilisation d'un agent innervant à Salisbury, a fait savoir mardi le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse au quartier général de l'organisation de défense, à Bruxelles. Le camp occidental a déployé des représailles coordonnées après l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, attribué par Londres à la Russie.

Si la réélection de Vladimir Poutine ne fait guère de doute, le vote de dimanche constitue surtout un test sur la capacité du Kremlin à mobiliser l'électorat, celle de l'opposition libérale à sortir de la marginalisation et des communistes à se renouveler.