L'apparition au Royaume-Uni d'une nouvelle souche du coronavirus beaucoup plus contagieuse que les autres inquiète les épidémiologistes et a amené plusieurs pays à suspendre les vols en provenance du territoire britannique. Cette souche serait 40 à 70% plus transmissible que la souche précédente.
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L'apparition au Royaume-Uni d'une nouvelle souche du coronavirus beaucoup plus contagieuse que les autres inquiète les épidémiologistes et a amené plusieurs pays à suspendre les vols en provenance du territoire britannique. Cette souche serait 40 à 70% plus transmissible que la souche précédente.Dans une opinion parue dans le quotidien De Standaard, Herman Goossens fait part de son inquiétude. "Suite aux déplacements durant les vacances de Noël, la nouvelle variante risque de se propager rapidement au Royaume-Uni. Si cette variante est plus contagieuse, les conséquences seront catastrophiques et nous aurons un problème en Europe", écrit-il. Sports d'hiver "Devons-nous nous inquiéter? Absolument. Supposons que des touristes britanniques soient à l'origine de nouveaux foyers dans les stations de sport d'hiver suisses et contaminent des Belges. Alors se répétera ce qui s'est produit après les vacances de Carnaval. Alors la Suisse sera le prochain épicentre de cette nouvelle variante en Europe", écrit-il. "Cependant, ce qui m'inquiète plus, ainsi que les collègues britanniques, c'est le taux d'infection élevé parmi les enfants. Les preuves sont infimes que cette variante se propage plus facilement chez les enfants, mais si c'est le cas, les conséquences sont dramatiques et les écoles devront rester fermées pendant des mois", ajoute-t-il.Il observe toutefois que la nouvelle souche n'est pas encore très présente en Europe. "La plupart des personnes contaminées avec cette variante sont liées au Royaume-Uni. Cela semble indiquer que cette variante n'est pas encore très répandue en Europe continentale. Si c'est le cas, c'est une bonne nouvelle, car cela signifie que nous pouvons encore l'arrêter si nous agissons rapidement. De plus, le Brexit (qui m'attriste) permettra de contrôler plus facilement les personnes quittant le Royaume-Uni à partir du 1er janvier", estime Goossens.Pour Goossens, les états-membres doivent investir d'urgence dans la création de plateformes de séquençage du génome, qui permettent de détecter et d'étudier les variantes du virus. La Belgique a développé un concept unique avec huit nouveaux laboratoires de PCR. Grâce à ce réseau, la Belgique pourra faire beaucoup de tests, mais aussi mieux surveiller la propagation des nouvelles variantes.Une seule dose Goossens s'attend à ce que le vaccin, dont l'administration a commencé ce lundi dans notre pays, soit efficace contre la nouvelle variante, mais si on le saura qu'avec certitude au mois de janvier. "Seuls 9 des 1 270 acides aminés de la protéine S pour lesquels l'ARNm code ont changé. Notre seul espoir est de vacciner le plus grand nombre possible de personnes le plus tôt possible pour garder une longueur d'avance sur ces variantes. C'est pourquoi nous devrions même envisager de commencer avec une seule dose. Le vaccin Pfizer est très efficace et même après une seule dose, vous obtenez une protection de près de 90% (bien que cela ne puisse être étudié que chez un nombre limité de personnes)", écrit-il dans le quotidien De Standaard. Plusieurs voix du monde scientifique s'élèvent en faveur d'une dose unique, une stratégie qui permettrait d'accélérer la campagne de vaccination.Un âne ne trébuche pas deux fois sur la même pierreLe microbiologiste estime qu'on prend la nouvelle variante trop à la légère. "Lorsque le virus est apparu au début de l'année, on continuait à répéter que c'était une petite grippe. Heureusement, les images des hôpitaux italiens nous ont ouvert les yeux. La menace très sérieuse de la variante anglaise ne parvient apparemment pas à nous ouvrir les yeux maintenant. Un âne ne trébuche pas deux fois sur la même pierre, n'est-ce pas ? J'ai juré de ne plus jamais sous-estimer ce virus", conclut-il.