L'information "sur cette nouvelle souche est très préoccupante", selon le Pr Peter Openshaw, immunologiste à l'Imperial College de Londres, cité par Science Media Centre. Notamment parce qu'"elle semble de 40% à 70% plus transmissible". "C'est une très mauvaise nouvelle", renchérit le Pr John Edmunds, du London School of Hygiene & Tropical Medicine. "Il semble que ce virus est largement plus infectieux que la souche précédente".

La nouvelle souche découverte au Royaume-Uni porte notamment une mutation, nommée N501Y, dans la protéine de la "spicule" du coronavirus, la pointe qui se trouve à sa surface et qui lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Selon le Dr Julian Tang, de l'Université de Leicester, "cette mutation N501Y circulait déjà sporadiquement bien plus tôt cette année en dehors du Royaume-Uni, en Australie en juin-juillet, aux Etats-Unis en juillet et au Brésil en avril".

belga
© belga

Lors de la conférence de presse du Centre de crise national, Yves Van Laethem est revenu sur la nouvelle souche. "Il est tout à fait normal que de nouvelles variantesapparaissent constamment avec ce type de virus" a-t-il expliqué. "Que certaines de ces variantes apparaissent brièvement et disparaissent à jamais et que d'autres variantes se propagent plus rapidement et éventuellement deviennent dominantes comme la variante UK actuellement en Grande-Bretagne. Selon les experts, il est possible que ces variantesprofitent de nos contacts sociaux . Certaines variantes peuvent également se transmettre plus facilement. Cette contagiosité augmentée est possible mais n'est pas encore certaine pour la souche en Grande-Bretagne, il faudra encore des recherches. Rien en tout cas ne nous montre qu'elle soit plus virulente, plus dangereuse pour notre santé."

Cette variante est inhabituellement fortement mutée. L'explication la plus probable est que cette nouvelle souche est apparue chez un patient dont le système immunitaire était affaibli et incapable de combattre le virus. Son corps est devenu un terrain propice à la mutation du virus.

Et en Belgique ?

Le gouvernement belge a décidé de fermer l'espace aérien à minuit dimanche pour les vols en provenance du Royaume-Uni. Un seul vol est prévu à Zaventem lundi. Les voitures seront également contrôlées à la frontière avec la France, car la majeure partie du trafic en provenance du Royaume-Uni passe par le tunnel.

Cette mesure pourrait être prolongée pour une à deux semaines, a laissé entendre la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden sur les ondes de Radio 1, ce lundi matin.

Selon Yves Van Laethem, porte-parole fédéral, la souche du virus anglais aurait également été détectée en Belgique. Dans le laboratoire de Marc Van Ranst, quatre échantillons ont été découverts avec exactement la même séquence de génome. "C'est un cluster qui a été découvert le 30 novembre", explique le virologue Piet Maes, qui dirige les recherches. Ce n'est probablement qu'une question de temps avant que de plus en plus de cas de N501Y n'apparaissent toujours selon De Morgen.

De son côté, l'agence européenne de contrôle des maladies (ECDC), n'a "pas exclu" que la variante circule en dehors du territoire britannique. Selon l'OMS et l'ECDC, une poignée de cas ont déjà été signalés hors du sol britannique: au Danemark (9), ainsi qu'un cas aux Pays-Bas et en Australie.

Pas de mortalité plus élevée

Avant d'en savoir plus sur les risques réels posés par la variante, l'OMS a recommandé dimanche à ses membres au niveau mondial d'accroître leurs capacités de séquençage du virus pour mieux identifier les cas présentant la mutation britannique. Selon l'OMS, outre "des signes préliminaires que la variante pourrait être plus contagieuse", la variante "pourrait aussi affecter l'efficacité de certaines méthodes de diagnostic", là aussi selon "des informations préliminaires". Il n'y a en revanche "aucune preuve d'un changement de la gravité de la maladie", même si ce point fait aussi l'objet de recherches.

Renforcer les contrôles

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'agence européenne des maladies ont également appelé dimanche leurs membres en Europe à renforcer leurs contrôles pour combattre la propagation de la nouvelle variante du coronavirus. "A travers l'Europe, où la transmission est élevée et étendue, les pays doivent renforcer leurs procédures de contrôle et de prévention", a indiqué l'OMS.

Belga
© Belga

"Les personnes avec un lien épidémiologique avec les cas porteurs de la nouvelle variante ou ayant voyagé dans des secteurs infectés doivent être identifiées immédiatement", souligne l'agence européenne, appelant "à tester, isoler et suivre leurs contacts".

Les virus mutent en permanence et la plupart du temps sans conséquence, mais certaines mutations peuvent s'avérer problématiques, selon les scientifiques.

Souche en Afrique du Sud

Outre les trois pays ayant repéré sur leur sol la souche venue du Royaume-Uni, "plusieurs autres pays ont signalé à l'OMS d'autres variantes qui portent certains des changements génétiques de la variante britannique", notamment une mutation dite "N501Y", selon l'OMS. L'Afrique du Sud, qui a également signalé une variante problématique vendredi, considère que cette mutation "N501Y" est à l'origine d'un plus grand nombre de contagions. Le pays "mène des recherches supplémentaires pour mieux comprendre le lien", souligne l'OMS. Avec le début attendu de la vaccination, l'ECDC recommande également de surveiller de près les cas de vaccination inefficace, et le cas échéant de procéder à l'identification génétique de la souche des patients concernés.

Suspension des vols

La confirmation de la contagiosité de cette souche a convaincu les autorités britanniques de décréter un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre (au total 16 millions d'habitants). La nouvelle souche est "hors de contrôle", a reconnu dimanche le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, justifiant ainsi un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre. "Ce sera très difficile de la garder sous contrôle jusqu'à ce qu'un vaccin soit largement diffusé".

La découverte d'une nouvelle variante "hors de contrôle" du coronavirus au Royaume-Uni a poussé dimanche plusieurs pays européens dont l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Irlande, à suspendre leurs liaisons avec ce pays, faisant grandir l'inquiétude à l'approche des fêtes de fin d'année qui seront soumises à de sévères restrictions.

La décision de l'Allemagne, qui ne concerne pour l'heure que les vols et qui pourrait être adoptée par l'ensemble de l'Union européenne, doit être officialisée dans les prochaines heures", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale, précisant que les Etats européens discutaient en parallèle d'une réponse commune concernant les liaisons maritimes, ferroviaires et routières.

La France suspend pour sa part à partir de dimanche minuit tous les déplacements de personnes en provenance du Royaume-Uni pour 48 heures. "Seul le fret non accompagné sera donc autorisé. Les flux de personnes ou de transports en direction du Royaume-Uni ne sont pas concernés", a précisé le gouvernement.

Les Pays-Bas, l'Autriche, la Roumanie, la Bulgarie et la Belgique (également pour les liaisons ferroviaires) ont annoncé une mesure similaire à celle prise par Berlin, de même que le Koweït, le seul pays du Golfe dans ce cas jusqu'à présent. Pour l'Irlande, la suspension durera "au moins" 48 heures à compter de dimanche minuit.

Le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel ont échangé dimanche pour évoquer cette nouvelle variante du coronavirus.

L'absence de coordination au sein de l'UE avait amené l'Espagne à réclamer une réponse commune, appelant à éviter "des mesures unilatérales".

Un risque pour les vaccins ?

Les experts de l'Union européenne sont arrivés à la conclusion que les vaccins actuels contre le coronavirus restaient efficaces face à la nouvelle variante du Covid-19 repérée notamment en Grande-Bretagne, a annoncé dimanche soir le gouvernement allemand. "D'après tout ce que nous savons à l'heure qu'il est et à la suite d'entretiens qui ont eu lieu entre les experts des autorités européennes", la nouvelle souche "n'a pas d'impact sur les vaccins" qui restent "tout aussi efficaces", a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn. "Ce serait une très bonne nouvelle", ajouté le ministre, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE, sur la chaîne de télévision publique ZDF.

Il faisait notamment référence au vaccin des laboratoires Pfizer/BioNTech, déjà utilisé dans plusieurs pays dans le monde et qui s'apprête à recevoir l'agrément de l'agence européenne des médicaments. Cette réunion entre experts des pays de l'Union européenne sur le sujet, à laquelle ont participé des représentants de l'autorité allemande de veille sanitaire (RKI), a eu lieu dans la journée de dimanche, a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère.

Avec l'AFP, De Morgen et De Standaard

L'information "sur cette nouvelle souche est très préoccupante", selon le Pr Peter Openshaw, immunologiste à l'Imperial College de Londres, cité par Science Media Centre. Notamment parce qu'"elle semble de 40% à 70% plus transmissible". "C'est une très mauvaise nouvelle", renchérit le Pr John Edmunds, du London School of Hygiene & Tropical Medicine. "Il semble que ce virus est largement plus infectieux que la souche précédente". La nouvelle souche découverte au Royaume-Uni porte notamment une mutation, nommée N501Y, dans la protéine de la "spicule" du coronavirus, la pointe qui se trouve à sa surface et qui lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Selon le Dr Julian Tang, de l'Université de Leicester, "cette mutation N501Y circulait déjà sporadiquement bien plus tôt cette année en dehors du Royaume-Uni, en Australie en juin-juillet, aux Etats-Unis en juillet et au Brésil en avril". Lors de la conférence de presse du Centre de crise national, Yves Van Laethem est revenu sur la nouvelle souche. "Il est tout à fait normal que de nouvelles variantesapparaissent constamment avec ce type de virus" a-t-il expliqué. "Que certaines de ces variantes apparaissent brièvement et disparaissent à jamais et que d'autres variantes se propagent plus rapidement et éventuellement deviennent dominantes comme la variante UK actuellement en Grande-Bretagne. Selon les experts, il est possible que ces variantesprofitent de nos contacts sociaux . Certaines variantes peuvent également se transmettre plus facilement. Cette contagiosité augmentée est possible mais n'est pas encore certaine pour la souche en Grande-Bretagne, il faudra encore des recherches. Rien en tout cas ne nous montre qu'elle soit plus virulente, plus dangereuse pour notre santé."Cette variante est inhabituellement fortement mutée. L'explication la plus probable est que cette nouvelle souche est apparue chez un patient dont le système immunitaire était affaibli et incapable de combattre le virus. Son corps est devenu un terrain propice à la mutation du virus.Le gouvernement belge a décidé de fermer l'espace aérien à minuit dimanche pour les vols en provenance du Royaume-Uni. Un seul vol est prévu à Zaventem lundi. Les voitures seront également contrôlées à la frontière avec la France, car la majeure partie du trafic en provenance du Royaume-Uni passe par le tunnel.Cette mesure pourrait être prolongée pour une à deux semaines, a laissé entendre la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden sur les ondes de Radio 1, ce lundi matin.Selon Yves Van Laethem, porte-parole fédéral, la souche du virus anglais aurait également été détectée en Belgique. Dans le laboratoire de Marc Van Ranst, quatre échantillons ont été découverts avec exactement la même séquence de génome. "C'est un cluster qui a été découvert le 30 novembre", explique le virologue Piet Maes, qui dirige les recherches. Ce n'est probablement qu'une question de temps avant que de plus en plus de cas de N501Y n'apparaissent toujours selon De Morgen. De son côté, l'agence européenne de contrôle des maladies (ECDC), n'a "pas exclu" que la variante circule en dehors du territoire britannique. Selon l'OMS et l'ECDC, une poignée de cas ont déjà été signalés hors du sol britannique: au Danemark (9), ainsi qu'un cas aux Pays-Bas et en Australie. Avant d'en savoir plus sur les risques réels posés par la variante, l'OMS a recommandé dimanche à ses membres au niveau mondial d'accroître leurs capacités de séquençage du virus pour mieux identifier les cas présentant la mutation britannique. Selon l'OMS, outre "des signes préliminaires que la variante pourrait être plus contagieuse", la variante "pourrait aussi affecter l'efficacité de certaines méthodes de diagnostic", là aussi selon "des informations préliminaires". Il n'y a en revanche "aucune preuve d'un changement de la gravité de la maladie", même si ce point fait aussi l'objet de recherches.L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'agence européenne des maladies ont également appelé dimanche leurs membres en Europe à renforcer leurs contrôles pour combattre la propagation de la nouvelle variante du coronavirus. "A travers l'Europe, où la transmission est élevée et étendue, les pays doivent renforcer leurs procédures de contrôle et de prévention", a indiqué l'OMS."Les personnes avec un lien épidémiologique avec les cas porteurs de la nouvelle variante ou ayant voyagé dans des secteurs infectés doivent être identifiées immédiatement", souligne l'agence européenne, appelant "à tester, isoler et suivre leurs contacts".Les virus mutent en permanence et la plupart du temps sans conséquence, mais certaines mutations peuvent s'avérer problématiques, selon les scientifiques.Outre les trois pays ayant repéré sur leur sol la souche venue du Royaume-Uni, "plusieurs autres pays ont signalé à l'OMS d'autres variantes qui portent certains des changements génétiques de la variante britannique", notamment une mutation dite "N501Y", selon l'OMS. L'Afrique du Sud, qui a également signalé une variante problématique vendredi, considère que cette mutation "N501Y" est à l'origine d'un plus grand nombre de contagions. Le pays "mène des recherches supplémentaires pour mieux comprendre le lien", souligne l'OMS. Avec le début attendu de la vaccination, l'ECDC recommande également de surveiller de près les cas de vaccination inefficace, et le cas échéant de procéder à l'identification génétique de la souche des patients concernés. La confirmation de la contagiosité de cette souche a convaincu les autorités britanniques de décréter un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre (au total 16 millions d'habitants). La nouvelle souche est "hors de contrôle", a reconnu dimanche le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, justifiant ainsi un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre. "Ce sera très difficile de la garder sous contrôle jusqu'à ce qu'un vaccin soit largement diffusé".La découverte d'une nouvelle variante "hors de contrôle" du coronavirus au Royaume-Uni a poussé dimanche plusieurs pays européens dont l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Irlande, à suspendre leurs liaisons avec ce pays, faisant grandir l'inquiétude à l'approche des fêtes de fin d'année qui seront soumises à de sévères restrictions.La décision de l'Allemagne, qui ne concerne pour l'heure que les vols et qui pourrait être adoptée par l'ensemble de l'Union européenne, doit être officialisée dans les prochaines heures", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale, précisant que les Etats européens discutaient en parallèle d'une réponse commune concernant les liaisons maritimes, ferroviaires et routières.La France suspend pour sa part à partir de dimanche minuit tous les déplacements de personnes en provenance du Royaume-Uni pour 48 heures. "Seul le fret non accompagné sera donc autorisé. Les flux de personnes ou de transports en direction du Royaume-Uni ne sont pas concernés", a précisé le gouvernement.Les Pays-Bas, l'Autriche, la Roumanie, la Bulgarie et la Belgique (également pour les liaisons ferroviaires) ont annoncé une mesure similaire à celle prise par Berlin, de même que le Koweït, le seul pays du Golfe dans ce cas jusqu'à présent. Pour l'Irlande, la suspension durera "au moins" 48 heures à compter de dimanche minuit.Le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel ont échangé dimanche pour évoquer cette nouvelle variante du coronavirus.L'absence de coordination au sein de l'UE avait amené l'Espagne à réclamer une réponse commune, appelant à éviter "des mesures unilatérales".Avec l'AFP, De Morgen et De Standaard