Les enfants de moins de douze ans comptent-ils comme des contacts rapprochés ? Ou pour le dire de façon plus claire peut-on recevoir plus d'un enfant qui ne fait pas partie de sa bulle chez soi ? Pour le grand public, ce point est longtemps resté flou. Ou plutôt, la plupart d'entre nous en avaient conclu que les enfants de moins de 12 ans ne comptaient tout simplement pas lorsqu'il s'agissait de compter les contacts.
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Les enfants de moins de douze ans comptent-ils comme des contacts rapprochés ? Ou pour le dire de façon plus claire peut-on recevoir plus d'un enfant qui ne fait pas partie de sa bulle chez soi ? Pour le grand public, ce point est longtemps resté flou. Ou plutôt, la plupart d'entre nous en avaient conclu que les enfants de moins de 12 ans ne comptaient tout simplement pas lorsqu'il s'agissait de compter les contacts. Pourtant, pour les experts, c'est on ne peut plus clair: "à l'intérieur d'une maison, ils comptent parmi les contacts rapprochés. Or un seul de ces contacts est autorisé pour chaque famille en cette période de fêtes". Si les enfants de moins de 12 ans sont souvent épargnés par les mesures de lutte contre le coronavirus, ils ne doivent par exemple pas porter de masque buccal, il n'en va pas de même pour toutes les mesures. Ainsi, "Ce n'est qu'à l'extérieur qu'ils ne comptent pas dans les règles", a souligné hier le porte-parole du Centre national de crise, Yves Stevens, dans le Het Nieuwsblad.Les experts Erika Vlieghe (UAntwerp) et Marc Van Ranst (KU Leuven) le rejoignent fermement sur ce point. "Nous voulions absolument éviter les grandes fêtes d'anniversaire. La situation à l'intérieur est complètement différente de celle à l'extérieur. Si on fait rentrer chez soi un nombre illimité d'enfants, ce n'est pas sans risques, ", dit Vlieghe dans De Standaard. Van Ranst est encore plus ferme et souligne que penser le contraire "est de la folie". "Que tous les neveux et nièces peuvent aller jouer chez les grands-parents est une très mauvaise idée." Pour eux, il est donc primordial qu'on évite le défilé de petits-enfants chez les grands-parents. La réaction ferme des experts contrastes avec la communication politique autour du sujet. Même dans les différents cabinets, ils étaient nombreux à ignorer que les enfants de moins de douze ans comptent bel et bien comme personne de contact. Même au numéro d'informations sur le covid, on ne semblait pas au courant. En effet, toujours selon Het Nieuwsblad, la ligne spéciale d'information pour le covid a également fourni des informations incorrectes en ne comptant pas les enfants jusqu'à 12 ans comme contacts rapprochés dans un lieu fermé. Pire jusqu'à hier, l'information n'était pas non plus reprise sur le site des affaires étrangères. Pourtant, toujours selon Yves Stevens, cette règle a toujours été en vigueur. "C'est le cas depuis l'annonce de la mesure en novembre", précise-t-il. "Sur notre site internet, aucune distinction n'est d'ailleurs faite pour les enfants." "Une nouveauté" qui n'aura pourtant pas fait l'objet de beaucoup de publicité puisque même le bourgmestre d'Ostende, Bart Tommelein (Open VLD) ne le savait pas. Il s'est retrouvé aux coeurs des critiques après avoir publié une photo le montrant avec ses deux petits-enfants pour la Saint-Nicolas. Ne comprenant pas où était le problème, Tommelein demande alors à son chef de police, au coordinateur de la sécurité et même à la province ce qu'il en est. Et tous lui répondent que ce n'est pas un problème. "J'ai même vérifié plusieurs fois sur la ligne d'information du covid, et là aussi ils m'ont dit que c'était possible ", précise-t-il encore dans De Standaard. Finalement, Tommelein a posé la question aux cabinets fédéraux. Et ce n'est que là, qu'on lui a dit "à contrecoeur" que oui les enfants étaient aussi comptabilisés. Donc si même une personnalité politique flamande ignore cette règle et que même lui ne trouve que péniblement la bonne réponse à sa question, que dire du citoyen lambda ? Si cela n'a pas été communiqué, c'est que la question est sensible et que c'était un point de discussion au Comité consultatif. Et comme ils n'ont pas réussi à vraiment se mettre d'accord sur cette mesure qui ne risquait pas d'être populaire, et surtout à communiquer clairement à ce sujet, tout le monde s'est contenté de faire l'autruche. Entretenant implicitement la population dans son erreur. Le ministre fédéral de la santé Frank Vandenbroucke (SP.A) s'est défendu sur Terzake sur la VRT hier soir. "Nous le disons depuis quelques semaines, mais apparemment nous n'avons pas encore été assez clairs. Si les enfants sont moins malades, ils peuvent eux aussi transmettre une infection".Peut-être, mais ce n'est pas pour autant que l'on a communiqué au cours des dernières semaines sur les enfants comme contact rapproché. Pire, le Centre de crise a encore déclaré début novembre dans le Het Nieuwsblad que les fêtes d'anniversaire pour les enfants de moins de douze ans ne sont pas explicitement interdites, "bien que ce ne soit pas raisonnable".Lire aussi: Pourtant en ces moments où tout ou presque est interdit et à l'approche des fêtes, cette clarification n'est pas un détail. Elle pourrait avoir un impact non négligeable sur la façon dont les familles célébreront Noël. Les 24 et 25 décembre, une famille ne peut normalement recevoir qu'un seul et même visiteur, tandis qu'une personne isolée peut voir deux contacts. Donc, par exemple pour les grands-parents, ils ne peuvent voir qu'un seul de leur enfant ou petits-enfants. De belles discussions en perspectives. Frank Vandenbroucke a tout de même dédramatisé un peu : Pour lui, le fait qu'on ait vu plusieurs enfants ce n'est pas non plus une catastrophe, si les gens ont été prudents. "Mais la question mérite de revenir sur le tapis depuis que les chiffres sont à nouveau à la hausse".