Un anticorps développé depuis des années par un géant pharmaceutique européen est actuellement testé cliniquement pour déterminer un possible effet contre le coronavirus, apprend-on de source sûre.

Cet anticorps, qui a pour utilité première le traitement de maladies inflammatoires telles que l'urticaire sévère (inflammation de la peau) et la polyarthrite rhumatoïde (inflammation des articulations), est actuellement soumis à des tests cliniques (qui ne font pas partie de l'essai clinique Discovery) par un géant pharma, dont nous tairons le nom.

Un possible effet pour contrer le coronavirus est sérieusement étudié, et envisagé. A première vue, rien ne filtrerait sur la raison de ce choix en particulier.

Toute l'intrigue est là. Car les laboratoires pharma ne peuvent pas se lancer dans des essais cliniques hasardeux. Des procédures strictes sont à respecter avant d'en arriver à l'étape de l'essai sur des patients. Tout est étudié, encadré, validé.

Un médicament qui arrive à l'essai clinique devient une piste sérieuse

D'autant plus que, vu le contexte d'urgence actuel, la traditionnelle étape de test sur les animaux est souvent contournée. Un médicament qui arrive à l'étape de l'essai clinique est donc un candidat scrupuleusement sélectionné. Très incertain quant à son efficacité prouvée sur le coronavirus, certes, mais très sérieux quand même.

La démarche entreprise n'est pas si inhabituelle que cela, dans le monde de la pharma. Beaucoup de médicaments peuvent traiter plusieurs maladies. Au sein de ces industries qui rayonnent mondialement, des fonctions sont exclusivement dédiées à la recherche d'une autre utilité à un médicament déjà produit et commercialisé. En d'autres termes, trouver à ce médicament une nouvelle indication thérapeutique et pouvoir élargir son champ d'action. Et son apport financier, par la même occasion.

C'est exactement ce qu'il se passe ici, dans la recherche de lutte contre le coronavirus. Les labos passent au peigne fin tout leur "portefeuille" de médicaments. Pour arriver à cibler, dans la masse, les postulants aux tests cliniques.

Pourquoi cet anticorps plutôt qu'un autre ?

Le tout est donc de savoir pourquoi ce laboratoire a fait le choix de tester ce "simple" anticorps contre l'urticaire sévère. Pourquoi cet anti-inflammatoire, plutôt qu'un autre, aurait-il un effet miracle pour soigner le coronavirus?

A première vue, aucun lien évident n'apparaît avec le covid-19. Le mécanisme d'action potentiel sur le virus reste flou. On note toutefois un effet protecteur du médicament sur la survenue d'un cancer du poumon.

Hydroxychloroquine, polyarthrite rhumatoïde : les points communs font sens

En creusant un peu, on remarque que cet anti-inflammatoire soigne la polyarthrite rhumatoïde, maladie également traitée par... la fameuse hydroxychloroquine, dont tout le monde parle. Un point commun non-négligeable.

On découvre aussi que Sanofi, autre géant pharmaceutique, réalise des tests avec le même type d'anticorps. Plus précisément, le Kevzara (Sarilumab), un anticorps monoclonal utilisé, lui aussi, pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

Dans un communiqué, rendu public par Sanofi, on apprend également que des essais ont été réalisés par une équipe chinoise de l'entreprise française, avec d'autres molécules ayant le même mécanisme d'action.

Les points communs semblent se multiplier. Deux géants de l'industrie pharma se dirigent vers le même type d'anticorps, dont les actions sont semblables à l'hydroxychloroquine. Ceci devrait laisser transparaître une ébauche d'explication.

S'attaquer à la réponse inflammatoire plutôt qu'au virus lui-même

La voici. En réalité, les géants pharmaceutiques mettraient la priorité absolue, via les tests réalisés avec ces anticorps, sur le traitement des symptômes induits par la réponse inflammatoire de l'organisme, causée par le coronavirus (toux, fièvre, courbatures...).

Ces anticorps monoclonaux, actuellement testés, ont pour rôle principal de bloquer ou d'inhiber l'action des cellules inflammatoires. Dans cette substance administrée au malade, des molécules ont donc pour rôle d'agir sur la réponse immunitaire du corps humain au virus, qui, pour les cas les plus graves, se désorganise et peut impacter les tissus "sains". C'est ce qui provoque l'insuffisance respiratoire, entre autres.

Sur le court terme, donc, la priorité serait là. Diminuer l'inflammation causée par le covid-19, plutôt que de chercher coûte que coûte à 'tuer' le virus à la source, comme le ferait un antiviral.

Cette démarche curative est à dissocier de la recherche d'un vaccin, dont l'action immunisante et préventive ne permet pas de soigner dans l'urgence, comme la situation actuelle le nécessiterait. Le vaccin, lui, sera indispensable, de par son action préventive, sur le long terme.

Plus que jamais, rappelons que la prudence est de mise. L'échantillon de patients sur lequel est testé actuellement le médicament de type "anticorps" est bien trop faible pour tirer des conclusions.

Même en cas de résultats encourageants, il faudra encore d'autres éléments solides et des preuves scientifiques à plus grande échelle pour affirmer si oui ou non, cet anti-urticaire pourrait aider dans la lutte contre le coronavirus. Toujours est-il que la piste, sérieuse, est lancée.

Quelles différences entre cet anticorps et un anti-inflammatoire classique, que l'on pourrait trouver sans prescription en pharmacie?

La réponse est simple : l'anticorps est produit à partir de cellules modifiées génétiquement et possède un mécanisme d'action envers une cible spécifique, contrairement à l'anti-inflammatoire basique. Autre nuance : le produit en question est injectable (pas d'administration orale comme pour l'ibuprofène, par exemple).

Y'aurait-il de possibles effets secondaires, à l'instar de l'hydroxychloroquine?

Il y a certes des effets secondaires possibles, mais pour certains cas, le rapport bénéfice/risque resterait intéressant. Si leur effet est prouvé, ces anticorps monoclonaux auraient une utilité dans les cas graves du coronavirus.

Illustration d'anticorps (en rose) qui attaquent le virus., iStock
Illustration d'anticorps (en rose) qui attaquent le virus. © iStock

Un anticorps développé depuis des années par un géant pharmaceutique européen est actuellement testé cliniquement pour déterminer un possible effet contre le coronavirus, apprend-on de source sûre.Cet anticorps, qui a pour utilité première le traitement de maladies inflammatoires telles que l'urticaire sévère (inflammation de la peau) et la polyarthrite rhumatoïde (inflammation des articulations), est actuellement soumis à des tests cliniques (qui ne font pas partie de l'essai clinique Discovery) par un géant pharma, dont nous tairons le nom. Un possible effet pour contrer le coronavirus est sérieusement étudié, et envisagé. A première vue, rien ne filtrerait sur la raison de ce choix en particulier.Toute l'intrigue est là. Car les laboratoires pharma ne peuvent pas se lancer dans des essais cliniques hasardeux. Des procédures strictes sont à respecter avant d'en arriver à l'étape de l'essai sur des patients. Tout est étudié, encadré, validé. D'autant plus que, vu le contexte d'urgence actuel, la traditionnelle étape de test sur les animaux est souvent contournée. Un médicament qui arrive à l'étape de l'essai clinique est donc un candidat scrupuleusement sélectionné. Très incertain quant à son efficacité prouvée sur le coronavirus, certes, mais très sérieux quand même.La démarche entreprise n'est pas si inhabituelle que cela, dans le monde de la pharma. Beaucoup de médicaments peuvent traiter plusieurs maladies. Au sein de ces industries qui rayonnent mondialement, des fonctions sont exclusivement dédiées à la recherche d'une autre utilité à un médicament déjà produit et commercialisé. En d'autres termes, trouver à ce médicament une nouvelle indication thérapeutique et pouvoir élargir son champ d'action. Et son apport financier, par la même occasion.C'est exactement ce qu'il se passe ici, dans la recherche de lutte contre le coronavirus. Les labos passent au peigne fin tout leur "portefeuille" de médicaments. Pour arriver à cibler, dans la masse, les postulants aux tests cliniques.Le tout est donc de savoir pourquoi ce laboratoire a fait le choix de tester ce "simple" anticorps contre l'urticaire sévère. Pourquoi cet anti-inflammatoire, plutôt qu'un autre, aurait-il un effet miracle pour soigner le coronavirus? A première vue, aucun lien évident n'apparaît avec le covid-19. Le mécanisme d'action potentiel sur le virus reste flou. On note toutefois un effet protecteur du médicament sur la survenue d'un cancer du poumon. En creusant un peu, on remarque que cet anti-inflammatoire soigne la polyarthrite rhumatoïde, maladie également traitée par... la fameuse hydroxychloroquine, dont tout le monde parle. Un point commun non-négligeable. On découvre aussi que Sanofi, autre géant pharmaceutique, réalise des tests avec le même type d'anticorps. Plus précisément, le Kevzara (Sarilumab), un anticorps monoclonal utilisé, lui aussi, pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.Dans un communiqué, rendu public par Sanofi, on apprend également que des essais ont été réalisés par une équipe chinoise de l'entreprise française, avec d'autres molécules ayant le même mécanisme d'action. Les points communs semblent se multiplier. Deux géants de l'industrie pharma se dirigent vers le même type d'anticorps, dont les actions sont semblables à l'hydroxychloroquine. Ceci devrait laisser transparaître une ébauche d'explication. La voici. En réalité, les géants pharmaceutiques mettraient la priorité absolue, via les tests réalisés avec ces anticorps, sur le traitement des symptômes induits par la réponse inflammatoire de l'organisme, causée par le coronavirus (toux, fièvre, courbatures...). Ces anticorps monoclonaux, actuellement testés, ont pour rôle principal de bloquer ou d'inhiber l'action des cellules inflammatoires. Dans cette substance administrée au malade, des molécules ont donc pour rôle d'agir sur la réponse immunitaire du corps humain au virus, qui, pour les cas les plus graves, se désorganise et peut impacter les tissus "sains". C'est ce qui provoque l'insuffisance respiratoire, entre autres. Sur le court terme, donc, la priorité serait là. Diminuer l'inflammation causée par le covid-19, plutôt que de chercher coûte que coûte à 'tuer' le virus à la source, comme le ferait un antiviral. Cette démarche curative est à dissocier de la recherche d'un vaccin, dont l'action immunisante et préventive ne permet pas de soigner dans l'urgence, comme la situation actuelle le nécessiterait. Le vaccin, lui, sera indispensable, de par son action préventive, sur le long terme.Plus que jamais, rappelons que la prudence est de mise. L'échantillon de patients sur lequel est testé actuellement le médicament de type "anticorps" est bien trop faible pour tirer des conclusions.Même en cas de résultats encourageants, il faudra encore d'autres éléments solides et des preuves scientifiques à plus grande échelle pour affirmer si oui ou non, cet anti-urticaire pourrait aider dans la lutte contre le coronavirus. Toujours est-il que la piste, sérieuse, est lancée.