"En avril, ne te découvre pas d'un fil", jamais cet adage n'avait été aussi vrai que cette année, avec son mois d'avril marqué par des périodes de gel et des chutes de neige historiques. Mais en mai, pourra-t-on faire ce qu'il nous plaît ? Le retour des beaux jours laisse entrevoir l'espoir d'un retour progressif de quelques libertés.
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"En avril, ne te découvre pas d'un fil", jamais cet adage n'avait été aussi vrai que cette année, avec son mois d'avril marqué par des périodes de gel et des chutes de neige historiques. Mais en mai, pourra-t-on faire ce qu'il nous plaît ? Le retour des beaux jours laisse entrevoir l'espoir d'un retour progressif de quelques libertés.En Belgique, les autorités ont en effet annoncé quelques nouvelles mesures favorisant un déconfinement extérieur. Le 26 avril, notamment, les contacts en extérieur seront autorisés de manière plus large, puisque dix personnes pourront se voir dehors, contre quatre à l'heure actuelle. Deuxième étape : le plan "plein air" qui débute le 8 mai prochain. À savoir que les cafés et restaurants pourront rouvrir, à la seule condition de posséder une terrasse pour accueillir leurs clients (les salles en intérieur resteront fermées), et certains événements et activités rassemblant plusieurs dizaines de personnes pourront également être organisées, toujours à l'extérieur. Et si la situation épidémiologique le permet - le risque d'un retour en arrière et d'une annulation de ce déconfinement plane sur la population - le mois de juin marquera la dernière étape de ce "plan plein air", avec l'autorisation de plusieurs autres activités organisées à l'extérieur.Des libertés néanmoins entravées par un port du masque obligatoire, un respect des distances et une limitation des contacts. Et ce, alors même que des chercheurs ont accumulé de nombreuses preuves indiquant que les transmissions en plein air sont rares. Finalement, les recommandations relatives à la sécurité à l'extérieur ont-elles besoin d'être aussi strictes?"Il est clair qu'en plein air, la situation est globalement moins à risque", déclarait début mars Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral du Centre de crise coronavirus.Un constat désormais acquis par la communauté scientifique mondiale. De nombreuses études réalisées ces derniers mois montrent en effet que moins de 10% des infections par le SARS-CoV-2 surviennent à l'extérieur. En comparaison, les risques de contamination en intérieur sont dix-huit fois plus élevés.Et pour cause, le mode de transmission majeur du covid passe par les gouttelettes. Si elles sont grosses, ces gouttelettes sont alors suffisamment lourdes pour tomber rapidement lorsque nous les émettons. Elles dépassent rarement 1 à 1,20 mètre de distance. D'où la décision des autorités de fixer une distance de sécurité à 1,30 mètre. Mais de manière générale, l'être humain émet des microgouttelettes, plus petites, qui ont beaucoup moins de chances de contaminer quelqu'un à l'air libre. À cause de leur plus petit volume, elles vont s'évaporer plus rapidement dans l'air extérieur et disparaître.Pour autant, le risque zéro n'existe pas. Le grand air protège, mais n'élimine pas tous les risques. En général, des facteurs tels que la durée et la fréquence des contacts personnels, le manque d'équipement de protection individuelle et la distance respectée par les personnes vont avoir une influence sur les infections à l'extérieur.Plus les individus sont proches, plus le nombre de gouttelettes émis est important et plus le risque de transmission du virus est grand. De même, plus le temps passé en compagnie de quelqu'un est long, plus le risque de contamination est élevé. D'où l'importance de porter le masque, même à l'extérieur.Plusieurs études semblent démontrer que le covid n'apprécie pas le soleil et la chaleur. Même si les preuves restent peu nombreuses - il faut donc prendre ces résultats avec des pincettes - le risque de transmission en plein air pourrait diminuer à mesure que l'été approche.L'une des explications possibles serait l'exposition à la lumière ultraviolette, et plus particulièrement aux UVA, qui pourrait aider à limiter le nombre de décès dû au covid. Des chercheurs de l'Université d'Edimbourg (Écosse) ont comparé les chiffres de mortalité et les niveaux d'UV dans près de 2.500 comtés des États-Unis entre janvier et avril 2020. Ils ont remarqué que le risque de mortalité diminue de 29% avec une augmentation de l'exposition quotidienne moyenne aux UVA (NDLR : +100 KJ / m² d'UVA). Des analyses répétées en Angleterre et en Italie semblent confirmer cette tendance. Les liens de causalité restent toutefois difficiles à établir.Outre l'exposition aux UV, plusieurs études ont également montré que le nombre de cas chutait à mesure que la température augmentait. "En général, les virus respiratoires aiment les météos froides et sèches, surtout le SARS-CoV-2 ", a déclaré Luca Cegolon, médecin épidémiologiste pour le département de la santé publique de Trévise (Italie), dans des propos repris par National Geographic. Ses recherches démontrent toutefois l'intérêt du port du masque obligatoire, même à l'extérieur. "Le masque ne fournit pas qu'une barrière physique. Il aide aussi à conserver l'humidité et la température ambiante autour de la bouche et surtout du nez. Ça interfère avec l'installation et la réplication du virus en plus de renforcer les défenses immunitaires des voies respiratoires supérieures."Malgré la multiplication des études à ce sujet, les preuves indiquant que ce virus est saisonnier restent minces. Et l'augmentation des infections et de la mortalité dans des pays chauds comme le Brésil et l'Inde semble démentir ces résultats. En raison des nombreux doutes qui planent sur la question, la communauté scientifique ne soutient pas du tout le recours à la météorologie pour modifier ou assouplir les mesures gouvernementales.Bien entendu, le port du masque obligatoire va dépendre du contexte : combien y a-t-il de participants à une activité en plein air ? Quelle est la fréquence des mouvements ? Les personnes regardent-elles dans la même direction, ou sont-elles face à face ? Quelle est l'intensité de leur respiration ? Parlent-elles ou restent-elles silencieuses ?Si vous êtes à plus de deux mètres de quelqu'un, dans un endroit peu fréquenté, le porte du masque n'est pas réellement utile. Vous pouvez alors le garder à portée de main, sans pour autant l'avoir strictement sur le nez. En ville, par contre, dans la foule, il vaut mieux se couvrir le visage. De même, si vous êtes cycliste et que vous vous adonnez à votre activité seul, il n'est pas nécessaire de porter le masque. Parallèlement, le masque devient nécessaire pour les joggeurs uniquement lorsqu'ils dépassent quelqu'un. Et pour cause, si vous courez derrière quelqu'un, vous allez respirer ce qu'il expire. Portez donc le masque jusqu'à ce que vous l'ayez dépassé. En d'autres termes, le choix du port du masque à l'extérieur dépend de l'activité, mais pas seulement. C'est aussi un mélange de respect et un symbole de solidarité. Car même si la rencontre est brève, porter un masque lorsque vous croisez quelqu'un ne demande pas beaucoup d'efforts. C'est une valeur symbolique qui place tout le monde dans le même panier, sans exception.