Le mois dernier, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait annoncé que le nouveau variant semblait plus mortel. Mais cette déclaration comportait de nombreux accrocs, notamment un manque de données et un recul insuffisant sur la situation.
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Le mois dernier, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait annoncé que le nouveau variant semblait plus mortel. Mais cette déclaration comportait de nombreux accrocs, notamment un manque de données et un recul insuffisant sur la situation. Depuis, après plusieurs milliers de décès, les preuves que le variant est "associé à un risque accru d'hospitalisation et de mortalité" n'ont fait que se renforcer, selon le groupe consultatif britannique Nervtag dans un rapport publié ce week-end et relayé par De Morgen. Il estime que les personnes qui contractent le variant britannique auraient 40 à 60% plus de risques de se retrouver à l'hôpital et de mourir du Covid-19. Les données disponibles suggèrent que le risque de décès pour une personne âgée de 70 à 85 ans dont le test est positif passerait de 5% avec l'ancienne variante à 7 ou 8 % avec la nouvelle variante. Pour les personnes âgées de 85 ans et plus, le risque de décès passerait d'environ 17 % à plus d'un sur quatre.Des incertitudes subsistent: il est possible que les résultats soient faussés par le fait que la souche ait frappé plus souvent parmi les résidents des maisons de retraite. De plus, pour moins d'un décès sur dix, il a été possible de déterminer quelle souche était responsable. Mais les différentes sous-analyses arrivent presque toutes au même taux de mortalité accrue. Nervtag a analysé douze études de six universités et organisations de santé. Seules deux d'entre elles n'ont constaté aucune augmentation du risque de mortalité. Le variant britannique est désormais présent dans au moins 82 pays, dont la Belgique. Il est 35 à 45% plus contagieux que le coronavirus "classique", selon les dernières données. Cela est probablement dû au fait qu'il possède des "spikes" qui lui permettent de pénétrer plus facilement dans les cellules, de sorte que les personnes infectées produisent davantage de particules virales.Le virologue Marc Van Ranst (KULeuven) émet néanmoins quelques réserves sur cette étude. Le contexte dans lequel les données ont été recueillies est important, en l'occurrence en Angleterre entre novembre et début 2021. "Le rapport est cohérent avec ce qui a circulé auparavant sur ce variant britannique. Mais durant ces mois, des mesures très différentes étaient en place au Royaume-Uni par rapport à chez nous, ce qui a permis à un plus grand nombre de personnes de se voir." Cela a également conduit à une surcharge du système de santé, qui a peut-être engendré des soins moins efficaces et donc plus de décès. En attendant, le variant britannique continue de s'implanter dans notre pays. Au cours de la première semaine de février, une infection sur trois en Belgique était déjà due à ce variant. Il est également clair que le variant britannique va devenir dominant dans notre pays. En mars, 80% des infections pourraient être dus à ce variant, selon le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/KU Leuven). Suffisamment pour empêcher la réouverture de l'horeca, poussée notamment par le MR ? "Le variant britannique représente déjà la moitié des infections et pourtant les chiffres continuent de baisser. Avec les mesures existantes, nous gardons donc les choses sous contrôle. Mais en mars et avril, nous devons encore faire preuve de prudence", selon lui. L'épidémiologiste de l'Université d'Anvers Pierre Van Damme se veut pour sa part rassurant quant à l'efficacité des vaccins. "Tous les vaccins contre le coronavirus utilisés dans notre pays sont particulièrement efficaces, également contre le variant britannique", assure le vaccinologue, membre de la taskforce sur la vaccination. Il est par contre encore trop tôt pour s'avancer sur les effets des vaccins sur le variant sud-africain, qui est actuellement observé dans 2 à 3% des échantillons. Mais l'expert a déclaré qu'il est possible que l'avancée du variant britannique assure un maintien sous contrôle du variant sud-africain.