Une formalité au caractère symbolique

Les résultats de l'élection présidentielle américaine ont déjà été certifiés par chacun des 50 Etats. Joe Biden a d'ailleurs très largement remporté le vote populaire, avec un record de 81,28 millions de voix (51,3%). Donald Trump a pour sa part remporté 74,22 millions de votes (46,8%), un score lui aussi record mais qui ne lui permet pas d'être le président élu. Le jour du scrutin n'était cependant pas la dernière étape pour confirmer le nom du prochain locataire de la Maison Blanche. Aux Etats-Unis, le président est choisi au suffrage universel indirect.
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Les résultats de l'élection présidentielle américaine ont déjà été certifiés par chacun des 50 Etats. Joe Biden a d'ailleurs très largement remporté le vote populaire, avec un record de 81,28 millions de voix (51,3%). Donald Trump a pour sa part remporté 74,22 millions de votes (46,8%), un score lui aussi record mais qui ne lui permet pas d'être le président élu. Le jour du scrutin n'était cependant pas la dernière étape pour confirmer le nom du prochain locataire de la Maison Blanche. Aux Etats-Unis, le président est choisi au suffrage universel indirect. Sans surprise, les grands électeurs ont entériné la victoire du démocrate : il deviendra le 20 janvier prochain le 46e président de l'histoire des USA. Si cette étape est traditionnellement une formalité, Donald Trump lui a donné un relief particulier en refusant d'admettre sa défaite. Donnant de l'écho à des théories du complot sur d'éventuelles tricheries électorales, c'est l'idée même de démocratie qui était symboliquement en jeu. Nouvelle échéance dans la procédure électorale : le 6 janvier 2021. Les bulletins des délégués seront expédiés au Congrès où un dépouillement officiel sera effectué pour graver dans le marbre l'élection de Joe Biden.Donald Trump pourrait-il tenter de profiter de la complexité d'un processus institutionnel qui s'étire en longueur pour un dernier baroud d'honneur ? Certains élus proches du président envisagent de contester les résultats lorsque le Congrès sera appelé à apporter cette dernière validation. Mais la démarche n'a pratiquement aucune chance d'aboutir.Confiant et légitimé par cette étape, Joe Biden en a profité pour la première fois pour critiquer frontalement l'attitude de son adversaire: "C'est une position extrême que nous n'avons jamais vue auparavant. Une position qui a refusé de respecter la volonté du peuple, de respecter l'Etat de droit, et refusé d'honorer notre constitution." Soulagé pour la démocratie, il appelle désormais à aller de l'avant : "l'intégrité de nos élections a été préservée. Maintenant, il est temps de tourner la page. De nous rassembler. (...) La flamme de la démocratie a été allumée il y a longtemps dans ce pays. Et nous savons désormais que rien - ni même une pandémie ou un abus de pouvoir - ne peut éteindre cette flamme."Ce vote a été suivi par un autre moment fort en symbole : l'annonce par Donald Trump du départ de son ministre de la Justice Bill Barr. Le président l'avait récemment critiqué pour n'avoir pas dénoncé les fraudes électorales. Depuis la Maison Blanche, Donald Trump dénonce depuis bientôt un mois et demi, sans preuves mais théories du complot à l'appui, "l'élection la plus truquée de l'histoire américaine." Ses recours en justice ont quasiment tous été rejetés. Humiliation ultime : la Cour suprême, qu'il a pourtant profondément remaniée en y nommant trois juges et en y confortant ainsi la majorité conservatrice désormais forte de six membres sur neuf, a rejeté la semaine dernière deux recours républicains sans même s'en saisir sur le fond.Après le vote du collège électoral, un plus grand nombre de républicains accepteront-ils de reconnaître la victoire de Joe Biden? Le sénateur républicain Rob Portman a déjà franchi le pas: "Bien que j'aie soutenu le président Trump, le vote du collège électoral aujourd'hui fait qu'il est clair maintenant que Joe Biden est le président élu." S'il ne sera probablement pas le seul, d'autres camperont sur leurs positions. Le président sortant bénéficie encore de nombreux soutiens : selon les sondages, une large majorité de ses électeurs ne considèrent pas Joe Biden comme vainqueur légitime. Il est donc peu probable que Donald Trump s'apaise sur le sujet et lâche l'affaire si facilement. (avec AFP)