Le résultat est généralement annoncé durant la nuit des élections. Les différents États arrêtent de voter à des moments différents et le total des votes est calculé au fur et à mesure qu'ils sont enregistrés dans chaque État. Le décompte complet n'est jamais terminé le soir du scrutin, mais il y a généralement suffisamment de votes pour confirmer un vainqueur. Un État est annoncé comme étant remporté lorsqu'on estime qu'un candidat a une avance imbattable.
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Le résultat est généralement annoncé durant la nuit des élections. Les différents États arrêtent de voter à des moments différents et le total des votes est calculé au fur et à mesure qu'ils sont enregistrés dans chaque État. Le décompte complet n'est jamais terminé le soir du scrutin, mais il y a généralement suffisamment de votes pour confirmer un vainqueur. Un État est annoncé comme étant remporté lorsqu'on estime qu'un candidat a une avance imbattable. 2020 est une année particulière : la pandémie de coronavirus a poussé plus de gens que jamais à voter tôt, soit par correspondance, soit en personne. Les votes par correspondance prennent généralement plus de temps à compter, car ils doivent passer par plusieurs étapes pour être vérifiés, comme la vérification de la signature et de l'adresse. Certains États, comme la Floride et l'Ohio, permettent que ce processus commence des semaines avant le jour du scrutin, afin que les votes soient prêts à être comptés. Dans ces États, il peut être possible de désigner un vainqueur le soir de l'élection. Mais d'autres États, comme la Pennsylvanie et le Wisconsin, n'autorisent pas le traitement des votes anticipés avant le jour du scrutin. Ces États pourraient être cruciaux - et les responsables électoraux ont déclaré que le dépouillement des votes pourrait prendre des jours. S'il y a une large avance, cela ne posera pas problème. Mais si le résultat est trop serré, il sera impossible de désigner un vainqueur rapidement. Et s'il ne manque que ces États, clés et prêts à basculer d'un côté comme de l'autre, pour qu'un des candidats atteignent le nombre miracle de 270 grands électeurs, le résultat ne sera pas connu demain. Il n'est donc certain que l'on connaisse le gagnant des élections le 3 novembre. Ce qui est certain, c'est que le mandat du président se termine le 20 janvier selon la Constitution, et que le nouveau président doit être assermenté ce jour-là. Cependant, on ignore ce qui se passera si le résultat n'est pas établi d'ici là. Que se passera-t-il si deux candidats se présentent à l'inauguration ? "Le problème, c'est que la Constitution part d'une transition de pouvoir pacifique, mais ne prescrit pas de transition pacifique", observe Lawrence Douglas, juriste à l'Amherst College, dans son livre Donald Trump. Will He Go?Il semble entendu que le résultat sera contesté. Dans différents États, les républicains ont entamé des procès contre les manières alternatives de voter, étendues par la crise de coronavirus. En mai, Trump a nommé un nouveau patron à la poste américaine, qui a commencé par économiser. Du coup, le risque existe que de nombreux votes par correspondance ne seront comptabilisés que tard. S'il n'y a pas de victoire nette, et que de nombreux votes par correspondance ne sont comptés que plus tard, cela peut donner de l'eau au moulin de Trump pour attaquer le résultat des élections. Si Trump réussit à convaincre que ces votes par correspondance sont frauduleux, plusieurs scénarios catastrophes sont possibles. "Plus on attend le résultat définitif, plus la situation devient dangereuse", souligne Gerstle.Un résultat électoral ne peut être qu'attaqué au niveau national. Un tribunal local doit se prononcer, mais la Cour suprême qui a le dernier mot. Il est loin d'être certain que les juges conservateurs soutiendront automatiquement Trump. Mais en même temps, l'histoire apprend que les juges suprêmes ne sont pas insensibles à leurs mécènes politiques. Lorsque la Cour suprême s'est prononcée sur les résultats en Floride lors des élections de 2000, les juges conservateurs ont soutenu George W. Bush, et les juges progressistes Al Gore.En 2000, Al Gore a légitimé la victoire de Bush, en reconnaissant sa défaite. Il n'est pas certain que Trump soit assez gracieux. En outre, le temps joue à l'avantage de Trump. La Constitution prévoit en effet une série de deadlines stricts. Le 14 décembre au plus tard, les 538 grands électeurs du Collège électoral doivent voter. Pour cela, ils doivent savoir le 8 décembre quel candidat a remporté leur État. Trump pourrait donc essayer de reporter le comptage des votes par correspondance de sorte qu'ils ne soient pas comptés à temps.Les chaînes américaines se préparent quant à elle à une soirée électorale sans précédent et sans doute à rallonge, compliquée par l'ampleur du vote par correspondance et la défiance croissante envers les médias, avec le risque d'annoncer trop tôt un vainqueur. Les chaînes ont encore en tête le 7 novembre 2000 et la volte-face qu'il fallut faire après l'annonce prématurée d'une victoire du démocrate Al Gore dans l'État décisif de Floride. Un cauchemar pour leur crédibilité.Comme à chaque élection, la pression sera sur les "décision desks", équipes de statisticiens et analystes assemblées par chaque grande chaîne et qui alimentent l'antenne d'estimations et de résultats.