La maîtrise de la communication et des réseaux sociaux est indispensable pour régner. Les talibans l'ont bien compris. En réalité, cela fait plus de dix ans qu'ils ont envahi Twitter, Whatsapp, ou Facebook.

Depuis leur prise de pouvoir à Kaboul, les talibans s'appuient davantage encore sur ces nouveaux moyens de communication. Avec comme objectif majeur de transmettre leur propagande qui a tout, dans la forme, pour rassurer et apaiser. Et qui, parce qu'elle rassure et ne fait (pour l'instant) pas l'apologie du terrorisme, est autorisée sur Twitter. Les talibans le savent. Une communication apaisante est la condition sine qua non pour éviter le bannissement du réseau social.

Facebook, l'équipe spécialisée

Pourront-ils utiliser ces plateformes américaines et agir de la sorte encore longtemps ? Hier, Facebook n'a pas tardé à mettre le holà. Le réseau social va en effet bloquer tous les messages des talibans ainsi que les marques de soutien éventuelles adressées au groupe. Facebook considère les talibans comme une organisation terroriste, a rappelé un porte-parole du média social à la BBC.

Pour opérer à blocage massif, Facebook emploie les grands moyens. Une équipe spécialisée composée d'experts afghans a été mise sur pied par l'entreprise américaine afin de scruter la toile et y déceler les messages suspects, et éventuellement les supprimer. Ces experts connaissent la situation sur place et parlent les langues du pays. WhatsApp et Instagram, filiales de Facebook, vont également bannir ce type de messages.

En marge de ces moyens d'urgence mis en place, les sociétés de médias sociaux vont devoir évaluer ce qu'elles comptent faire avec ces messages et les talibans en général. Par le passé, les talibans ont pu largement utiliser les médias sociaux.

"Les talibans sont considérés comme une organisation terroriste par la législation américaine et nous les excluons de nos services en vertu de notre politique 'organisations terroristes'. Cela signifie que nous allons supprimer tous les comptes créés au nom des talibans et interdire tous les contenus qui les soutiennent", a précisé le porte-parole de Facebook.

Face aux messages d'apaisement, que va faire Twitter ?

Pour Twitter, la situation diffère quelque peu. Le réseau social a souligné qu'il n'autoriserait aucun contenu qui fait l'apologie du terrorisme ou de violences à l'égard de citoyens. Mais les talibans le savent. Jusqu'à présent, ils utilisent uniquement le réseau social pour rendre compte de leur progression dans le pays, et diffuser des messages rassurants, indique la BBC.

De fait, depuis leur prise de pouvoir, ils se sont efforcés de rassurer le monde, alarmé par leur passif en matière de droits humains quand ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001, et par les images déchirantes de milliers d'Afghans tentant de fuir à l'aéroport de Kaboul ces derniers jours.

"Tous ceux qui sont dans le camp opposé sont pardonnés de A à Z. Nous ne chercherons pas à nous venger", a assuré un de leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, devant la presse à Kaboul, où la vie a commencé à reprendre ses droits, même si la peur continue à prédominer parmi la population.

Il a affirmé que les talibans avaient appris de leur premier passage au pouvoir et qu'il y aurait de "nombreuses différences" dans leur manière de gouverner, même si en termes d'idéologie et de croyances, "il n'y a pas de différence".

Sous leur précédent régime, les jeux, la musique, la photographie, la télévision étaient interdits. Les voleurs avaient les mains coupées, les meurtriers étaient exécutés en public et les homosexuels tués.

Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort. "Nous nous engageons à laisser les femmes travailler dans le respect des principes de l'islam", a encore promis M. Mujahid.

Un autre porte-parole taliban a également affirmé à Sky News que le port de la burqa ne serait plus cette fois-ci obligatoire pour les femmes, ajoutant qu'il y avait "différents types" de voile.

Le discours se veut donc apaisant. D'ailleurs, les talibans ont reçu un accueil international déjà plus cordial qu'il y a deux décennies quand seuls trois pays, le Pakistan, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite avaient reconnu leur régime, même si personne n'est encore allé jusque-là.

Et tant que les talibans utilisent Twitter dans une optique d'apaisement, le réseau social peut-il envisager une suppression ?

WhatsApp ferme un groupe créé par les talibans pour répondre aux plaintes des Afghans

Sur Whatsapp, la politique de répression est également différente. Une ligne d'assistance mise en place sur WhatsApp par les talibans pour répondre aux plaintes éventuelles des Afghans a été supprimée, d'après un article du Financial Times.

"Nous sommes obligés de nous plier aux lois américaines sur les sanctions. Cela inclut l'interdiction de comptes qui se présentent comme des comptes officiels des talibans", a indiqué à l'AFP un porte-parole de WhatsApp. Les talibans avaient annoncé avoir mis en place un numéro spécial pour que la population puisse s'adresser à eux. "Nous demandons plus d'informations aux autorités américaines compétentes étant donné l'évolution de la situation en Afghanistan", a ajouté la messagerie, se refusant à donner plus de détails.

"Les talibans sont considérés comme une organisation terroriste par la loi américaine et nous les avons bannis de tous nos services selon notre règlement sur les organisations dangereuses", avait rappelé à l'AFP un porte-parole du géant des réseaux sociaux. "Peu importe qui détient le pouvoir, nous prendrons des mesures appropriées contre les comptes et contenus qui enfreignent nos règles", a insisté le porte-parole.

Twitter et YouTube ont des règlements similaires, même si Twitter ne bannit donc pas pour le moment les talibans, sauf en cas de contenus violant ses règles sur la violence ou de manipulation de contenus.

Dans les prochains jours, les décisions des grandes plateformes en terme de modération des contenus mis en ligne par les talibans seront suivies de près.

(Avec Belga et AFP)

La maîtrise de la communication et des réseaux sociaux est indispensable pour régner. Les talibans l'ont bien compris. En réalité, cela fait plus de dix ans qu'ils ont envahi Twitter, Whatsapp, ou Facebook. Depuis leur prise de pouvoir à Kaboul, les talibans s'appuient davantage encore sur ces nouveaux moyens de communication. Avec comme objectif majeur de transmettre leur propagande qui a tout, dans la forme, pour rassurer et apaiser. Et qui, parce qu'elle rassure et ne fait (pour l'instant) pas l'apologie du terrorisme, est autorisée sur Twitter. Les talibans le savent. Une communication apaisante est la condition sine qua non pour éviter le bannissement du réseau social. Pourront-ils utiliser ces plateformes américaines et agir de la sorte encore longtemps ? Hier, Facebook n'a pas tardé à mettre le holà. Le réseau social va en effet bloquer tous les messages des talibans ainsi que les marques de soutien éventuelles adressées au groupe. Facebook considère les talibans comme une organisation terroriste, a rappelé un porte-parole du média social à la BBC.Pour opérer à blocage massif, Facebook emploie les grands moyens. Une équipe spécialisée composée d'experts afghans a été mise sur pied par l'entreprise américaine afin de scruter la toile et y déceler les messages suspects, et éventuellement les supprimer. Ces experts connaissent la situation sur place et parlent les langues du pays. WhatsApp et Instagram, filiales de Facebook, vont également bannir ce type de messages.En marge de ces moyens d'urgence mis en place, les sociétés de médias sociaux vont devoir évaluer ce qu'elles comptent faire avec ces messages et les talibans en général. Par le passé, les talibans ont pu largement utiliser les médias sociaux. "Les talibans sont considérés comme une organisation terroriste par la législation américaine et nous les excluons de nos services en vertu de notre politique 'organisations terroristes'. Cela signifie que nous allons supprimer tous les comptes créés au nom des talibans et interdire tous les contenus qui les soutiennent", a précisé le porte-parole de Facebook. Pour Twitter, la situation diffère quelque peu. Le réseau social a souligné qu'il n'autoriserait aucun contenu qui fait l'apologie du terrorisme ou de violences à l'égard de citoyens. Mais les talibans le savent. Jusqu'à présent, ils utilisent uniquement le réseau social pour rendre compte de leur progression dans le pays, et diffuser des messages rassurants, indique la BBC.De fait, depuis leur prise de pouvoir, ils se sont efforcés de rassurer le monde, alarmé par leur passif en matière de droits humains quand ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001, et par les images déchirantes de milliers d'Afghans tentant de fuir à l'aéroport de Kaboul ces derniers jours."Tous ceux qui sont dans le camp opposé sont pardonnés de A à Z. Nous ne chercherons pas à nous venger", a assuré un de leur porte-parole, Zabihullah Mujahid, devant la presse à Kaboul, où la vie a commencé à reprendre ses droits, même si la peur continue à prédominer parmi la population.Il a affirmé que les talibans avaient appris de leur premier passage au pouvoir et qu'il y aurait de "nombreuses différences" dans leur manière de gouverner, même si en termes d'idéologie et de croyances, "il n'y a pas de différence".Sous leur précédent régime, les jeux, la musique, la photographie, la télévision étaient interdits. Les voleurs avaient les mains coupées, les meurtriers étaient exécutés en public et les homosexuels tués.Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort. "Nous nous engageons à laisser les femmes travailler dans le respect des principes de l'islam", a encore promis M. Mujahid. Un autre porte-parole taliban a également affirmé à Sky News que le port de la burqa ne serait plus cette fois-ci obligatoire pour les femmes, ajoutant qu'il y avait "différents types" de voile.Le discours se veut donc apaisant. D'ailleurs, les talibans ont reçu un accueil international déjà plus cordial qu'il y a deux décennies quand seuls trois pays, le Pakistan, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite avaient reconnu leur régime, même si personne n'est encore allé jusque-là.Et tant que les talibans utilisent Twitter dans une optique d'apaisement, le réseau social peut-il envisager une suppression ?Sur Whatsapp, la politique de répression est également différente. Une ligne d'assistance mise en place sur WhatsApp par les talibans pour répondre aux plaintes éventuelles des Afghans a été supprimée, d'après un article du Financial Times."Nous sommes obligés de nous plier aux lois américaines sur les sanctions. Cela inclut l'interdiction de comptes qui se présentent comme des comptes officiels des talibans", a indiqué à l'AFP un porte-parole de WhatsApp. Les talibans avaient annoncé avoir mis en place un numéro spécial pour que la population puisse s'adresser à eux. "Nous demandons plus d'informations aux autorités américaines compétentes étant donné l'évolution de la situation en Afghanistan", a ajouté la messagerie, se refusant à donner plus de détails."Les talibans sont considérés comme une organisation terroriste par la loi américaine et nous les avons bannis de tous nos services selon notre règlement sur les organisations dangereuses", avait rappelé à l'AFP un porte-parole du géant des réseaux sociaux. "Peu importe qui détient le pouvoir, nous prendrons des mesures appropriées contre les comptes et contenus qui enfreignent nos règles", a insisté le porte-parole.Twitter et YouTube ont des règlements similaires, même si Twitter ne bannit donc pas pour le moment les talibans, sauf en cas de contenus violant ses règles sur la violence ou de manipulation de contenus. Dans les prochains jours, les décisions des grandes plateformes en terme de modération des contenus mis en ligne par les talibans seront suivies de près.(Avec Belga et AFP)