Joe Biden, fraichement certifié vainqueur de l'élection du 3 novembre par le Congrès, sera officiellement investi de la fonction présidentielle le 20 janvier prochain. Dans les faits, les évènements de ces derniers jours et l'hésitation de Trump à reconnaitre sa défaite et à condamner ses propres partisans l'ont poussé à se mettre en avant pour venir au chevet d'une Amérique divisée et en pleine crise.
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Joe Biden, fraichement certifié vainqueur de l'élection du 3 novembre par le Congrès, sera officiellement investi de la fonction présidentielle le 20 janvier prochain. Dans les faits, les évènements de ces derniers jours et l'hésitation de Trump à reconnaitre sa défaite et à condamner ses propres partisans l'ont poussé à se mettre en avant pour venir au chevet d'une Amérique divisée et en pleine crise. Nous l'avions déjà pointé au lendemain du scrutin du 3 novembre : le plus grand défi de Joe Biden sera de réunifier, rassembler des Etats-Unis divisés. Un constat d'autant plus marqué après la prise d'assaut du Capitole, où la fracture entre les Américains était plus visible que jamais. C'est pourquoi, alors que Donald Trump restait silencieux face au chaos dont il était à l'origine, le président-élu a décidé de prendre la parole. Pour se placer en leader des Etats-Unis, aux yeux des citoyens, mais aussi du reste du monde. "Notre démocratie connait une agression sans précédent. (...) Je vais être très clair : ces scènes de chaos au Capitole ne reflètent pas l'Amérique, ne représentent pas ce que nous sommes. Ce que nous voyons, c'est un petit nombre d'extrémistes. Cela doit cesser maintenant." Il faut dire que les évènements de mercredi soir ont largement écorné l'image internationale des Etats-Unis. Joe Biden veut apparaitre comme le président du changement, celui d'un pays auquel les partenaires potentiels peuvent faire confiance et instaurer une relation plus saine avec les institutions multilatérales. Et le plus tôt sera le mieux tant les attaque répétées de Donald Trump et de son "America First" à l'international ont terni la position du pays sur la scène internationale. Pour inciter Donald Trump à réagir. Car si les pro-Trump ont pris d'assaut le Capitole, symboles controversés à la main, Donald Trump n'y est pas étranger: par ses mots, par ses mensonges concernant le caractère 'truqué' du scrutin, par sa conception de l'Amérique... "Les mots d'un président comptent : au mieux ils peuvent inspirer, au pire ils peuvent inciter. Par conséquent, j'appelle le président Trump à intervenir à la télévision immédiatement, afin de respecter son serment et défendre la constitution, en demandant la fin de ce siège (...). Ce n'est pas une manifestation, c'est une insurrection", a ainsi demandé Joe Biden, pointant à demi-mot la responsabilité du président. Pour occuper un espace médiatique trop longtemps laissé aux mensonges du président en place. Pour donner aux Américains d'autres images que celles du Capitole. "Je suis profondément triste et choqué que notre démocratie connaisse un moment aussi sombre. Cette journée nous rappelle combien la démocratie est fragile. Pour la préserver, il faut des gens de bonne volonté, des leaders qui ne veulent pas que le pouvoir, qui ne servent pas leur propre intérêt", a-t-il encore dit, visant cette fois directement son rival. Il a été d'autant plus clair sur les responsabilités du président sortant le lendemain. Alors officiellement président élu après la validation des résultats par le Congrès, Biden a accusé Trump d'avoir "déchaîné un assaut sans merci contre les institutions" démocratiques américaines. "Hier était à mes yeux l'un des jours les plus sombres de notre Histoire", a déploré Joe Biden, qualifiant ceux qui ont participé à ces troubles de "terroristes".Il s'est également dit convaincu que des manifestants antiracistes auraient été traités "très différemment" des partisans de Donald Trump qui ont semé le chaos à Washington la veille. Il fait référence à de nombreux commentaires qui ont comparé le relatif calme avec lequel les pro-Trump ont été traités et la manière dont les forces de l'ordre ont traité les manifestations Black Lives Matter. "Ils auraient été traités très, très différemment que la foule hargneuse qui a envahi le Capitole. Nous savons tous que c'est vrai, et c'est inacceptable", a-t-il dénoncé. Un (futur) président qui, dans un style très différent de son prédécesseur, certes moins dynamique mais plus rassembleur, pose déjà les jalons de sa prochaine fonction.