Le nombre de morts et de contaminés au coronavirus est en diminution constante un peu partout en Europe. En France, dans plusieurs départements, y compris ceux le plus durement touchés, aucun cas positif n'a été enregistré au cours des 24 dernières heures. Les hospitalisations ou les admissions en réanimation sont en chute un peu partout dans l'Hexagone. Cela ne veut pas dire que le virus a disparu, il circule encore dans le pays, mais semble disparaitre peu à peu.
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Le nombre de morts et de contaminés au coronavirus est en diminution constante un peu partout en Europe. En France, dans plusieurs départements, y compris ceux le plus durement touchés, aucun cas positif n'a été enregistré au cours des 24 dernières heures. Les hospitalisations ou les admissions en réanimation sont en chute un peu partout dans l'Hexagone. Cela ne veut pas dire que le virus a disparu, il circule encore dans le pays, mais semble disparaitre peu à peu. Tant qu'il y a encore des cas, l'épidémie peut "reprendre", et en l'état, "personne ne peut dire que l'épidémie est terminée", prévient le docteur Sophie Marc qui travaille à l'hôpital de Corbeil-Essonnes (Essone) sur les ondes de France Inter. Sophie Marc reste réservée : "Il a fallu attendre plusieurs semaines pour que l'épidémie se développe vraiment. Donc, à partir de là, on peut se dire que si aujourd'hui, on part d'un état de fait où il y a très peu de patients porteurs du Covid, il faut certainement attendre plusieurs semaines pour que l'épidémie ait le temps de reprendre. C'est pour ça que nous, on est très prudents. Je ne pense pas qu'on puisse dire que l'épidémie soit terminée. Personne ne peut dire ça. On attend plutôt le mois de juillet pour être rassuré."Même son de cloche de la part de Jean Ruelle, virologue et chercheur à l'Institut de recherche expérimentale et clinique de l'UCLouvain que nous avons interviewé récemment. "Au début, on a pensé que le virus aurait pu s'éteindre complètement. Maintenant, c'est moins probable, car il est présent dans tous les coins de la planète, à des moments différés. Sa disparition n'est donc pas possible même si on observe jour après jour de moins en moins de cas de contamination dans la population en Europe", nous explique-t-il. Le virologue ajoute: "Le virus ne disparaitra pas complètement. Son réservoir, son hôte, sera toujours l'être humain." Ailleurs en Europe, les tendances sont plutôt positives. Le coronavirus n'a ainsi fait aucun mort en Espagne durant ces dernières 24 heures, une première depuis trois mois, ont annoncé lundi les autorités.En Italie, épicentre de l'épidémie de Covid-19 en Europe avec 33.500 morts, les chiffres sont aussi rassurants. Un célèbre médecin et urgentiste italien a même déclaré que le virus avait disparu du pays provoquant une levée de boucliers des autorités et d'autres spécialistes. La botte italienne se déconfine progressivement depuis début mai, afin de relancer au plus vite son économie à genoux, et notamment le tourisme, supposé repartir avec l'ouverture des frontières programmée le 3 juin. Mais la péninsule reste très marquée, et les bilans officiels quotidiens des décès et contaminations sont analysés à la loupe.En Belgique, les chiffres communiqués chaque jour par les autorités sanitaires sont aussi très encourageants, voire meilleurs qu'espérés. Un mois après le début du déconfinement, tous les indicateurs sont à la baisse et aucun rebond n'a été enregistré à ce jour. Les scientifiques avancent plusieurs hypothèses à ces statistiques réjouissantes. Le facteur numéro 1, c'est le confinement. " Les gestes barrières, les règles d'hygiène, la distanciation sociale, le testing et le traçage prouvent leur efficacité. Il faut baser toute la stratégie là-dessus, cela doit perdurer dans le temps", explique Yves Coppieters, professeur de santé publique dans le journal Le Soir. Le virus pourrait aussi être beaucoup plus saisonnier que prévu et circuler moins facilement aux beaux jours. Jean Ruelle est de cet avis: "On peut craindre sa réapparition à l'automne-hiver. On observe donc un rythme saisonnier, comme pour le virus de la grippe ou d'autres infections banales à coronavirus. L'été pourrait nous apporter une certaine accalmie à ce niveau-là."Des études ont démontré que le virus survit plus longtemps en dessous de 10 degrés. Si un climat chaud ne semble toutefois pas empêcher sa transmission, il peut la ralentir. Une étude a aussi établi que quand le virus est exposé à une grande quantité d'UV, il meurt en quelques minutes, alors qu'il survit bien plus longtemps dans le noir. En été, le risque de contamination est aussi moindre grâce à la vie au grand air et à une distanciation sociale plus naturelle. Les microgoutelettes expulsées par des personnes atteintes de la maladie sont, en outre, plus diluées à l'extérieur que dans des endroits confinés où les gens sont plus rapprochés. En été, les espaces sont également mieux ventilés. En hiver, les muqueuses du nez sont plus fragiles ce qui augmente le risque d'attraper un virus par temps froid. D'autres experts avancent une immunité collective en réalité plus importante de la population, grâce notamment à l'hypothèse de l'immunité croisée, c'est-à-dire l'immunité construite via d'autres coronavirus, comme de simples rhumes qui pourraient être capable de lutter contre le nouveau Covid-19.De là à crier victoire, les experts se montrent prudents. Les prochains jours seront décisifs dans l'évolution de l'épidémie alors que de nouvelles mesures de déconfinement, notamment dans l'Horeca, doivent être annoncées ce mercredi 3 juin à l'issue d'un Conseil National de Sécurité. En attendant, la population est invitée à continuer à respecter les gestes sanitaires de base qui sont maintenant bien ancrés, rappellent les scientifiques. Notons aussi que pendant que les pays européens prennent à pas comptés le chemin de la normalisation, la pandémie flambe en Amérique latine. Les Etats-Unis, pour leur part, ont dépassé lundi les 105.000 morts, un bilan qui fait d'eux, et de très loin, le pays du monde le plus durement frappé par la pandémie.