Le choix de la droite...

Emmanuel Macron s'est séparé de son Premier ministre Edouard Philippe pour terminer le quinquennat. À sa place, Jean Castex, un homme qui n'a pas l'habitude d'être sur le devant de la scène, décrit comme discret, un homme de dossiers et de terrain. Son rôle sera de mettre en place les orientations décidées par Emmanuel Macron jusqu'à l'élection de 2022. Le nouveau gouvernement devra "mettre en oeuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale", a fait encore savoir l'Élysée.
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Emmanuel Macron s'est séparé de son Premier ministre Edouard Philippe pour terminer le quinquennat. À sa place, Jean Castex, un homme qui n'a pas l'habitude d'être sur le devant de la scène, décrit comme discret, un homme de dossiers et de terrain. Son rôle sera de mettre en place les orientations décidées par Emmanuel Macron jusqu'à l'élection de 2022. Le nouveau gouvernement devra "mettre en oeuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale", a fait encore savoir l'Élysée.À 55 ans, il est présenté comme un "couteau suisse" avec des multiples réseaux. Un diplômé de l'ENA, mais qui est au contact des territoires. Issu de la droite, Jean Castex a travaillé pour Nicolas Sarkozy durant sa présidence : conseiller aux affaires sociales en 2010, puis secrétaire général adjoint de l'Élysée entre 2011 et 2012. Aujourd'hui maire sous l'étiquette Les Républicains (LR) dans une ville du Sud-Ouest. Un choix à droite de l'échiquier politique, avec une mouvance voulue "sociale et modérée". Il est également fort d'une expérience professionnelle et politique largement orientée vers le secteur social et la santé : directeur de l'hospitalisation au ministère des Solidarités en 2005-2006, il a ensuite été directeur de cabinet du ministre Xavier Bertrand à deux reprises, d'abord au ministère de la Santé (2006-2007) puis au Travail (2007-2008). Son parcours l'amène aussi à gérer des dossiers délicats, notamment le service minimum dans les transports et la réforme des régimes spéciaux de retraite. L'homme semble faire l'unanimité auprès des personnes avec qui ou pour qui il a travaillé.Il n'est cependant pas nouveau dans l'entourage gouvernemental. Son nom avait un temps circulé fin 2018 pour succéder à Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur, sur proposition d'Edouard Philippe lui-même. "L'aile gauche de la Macronie s'en émeut. Non seulement Jean Castex est à droite, mais il est trop à droite : sarkozyste", ce qui "inquiète une partie de la majorité", écrivait Society mi-avril. À l'époque, il loupe le coche. Il est finalement, depuis le mois d'avril, le délégué interministériel chargé du déconfinement, et a à ce titre été surnommé "Mr Déconfinement" par les médias français. Un rôle qui semble avoir joué en sa faveur pour gagner la confiance du président. "La gestion du confinement par l'exécutif avait été jugée catastrophique par les Français, celle du déconfinement, pour l'heure, plutôt comme un succès", indique Le Monde. Un remaniement est attendu depuis un certain temps. Et il est monnaie courante qu'un président français remplace un Premier ministre au cours du mandat du quinquennat. Réformes controversées, contestations sociales, mauvais résultats aux municipales, contrecoup économique post-coronavirus... après trois ans au pouvoir, Emmanuel Macron a besoin d'un nouveau souffle, en vue des élections présidentielles de 2022. D'autant que sa popularité est loin d'être au beau fixe. C'est donc via son nouveau Premier ministre Jean Castex qu'il veut donner sa nouvelle orientation, avec une priorité sur la politique de santé, le grand âge et un plan pour la jeunesse.Les leaders d'opposition ont critiqué le choix de Castex comme étant celui d'un président qui veut avoir toutes les cartes en main pour poursuivre sa politique sans varier. Il faut dire que la popularité d'Edouard Philippe commençait à faire de l'ombre au président lui-même. Au risque de l'éclipser ? Même s'il s'en défend, ce remaniement permettra à Emmanuel Macron de garder en ligne de mire et de se positionner pour la prochaine élection présidentielle en 2022. Avec de multiples priorités en attendant : "la relance de l'économie, la poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l'environnement, le rétablissement d'un ordre républicain juste, la défense de la souveraineté européenne". Et pour cela, le président voulait des visages neufs, venant d'horizons différents. La composition de la nouvelle équipe devrait être connue avant mercredi, date prévue du prochain conseil des ministres.