Le président français Emmanuel Macron doit annoncer à 20h de nouvelles mesures qui s'annoncent "impopulaires", selon un conseiller ministériel. "Il faut s'attendre à des décisions difficiles", a prévenu le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Confinement, travail, déplacements

Hypothèse la plus probable: un confinement d'une durée de quatre semaines, jusqu'à fin novembre, éventuellement renouvelable. Mais il serait moins strict que celui de mars puisque crèches, écoles primaires et collèges, ainsi que certains commerces essentiels, resteraient ouverts, comme en Irlande.

Emmanuel Macron devrait aussi préciser les conditions pour l'organisation du travail, des transports et des déplacements interrégionaux, avec un possible retour de la limitation des 100 km. Les deux tiers des habitants sont déjà soumis à un couvre-feu nocturne.

Au printemps, la population avait été confinée pendant 55 jours, du 17 mars au 11 mai, avec sévère restriction des déplacements, fermeture des établissements scolaires, des commerces non essentiels et des frontières.

Belga
© Belga

Risque de submersion des hôpitaux

La crainte des autorités françaises est la saturation des services de réanimation, où plus de la moitié des 5.800 lits disponibles sont déjà occupés. Sur le site officiel gouvernement.fr, les autorités ont annoncé mardi 288 morts à l'hôpital pour les dernières 24h, et 235 en maisons de retraite (Ehpad) sur les quatre derniers jours, portant le bilan à 35.541 décès depuis le démarrage de l'épidémie. Au plus fort de la première vague, en avril, plus de 700 morts étaient enregistrées certains jours.

Pour Philippe Juvin, chef des urgences à l'hôpital parisien Georges-Pompidou, un reconfinement est inévitable. "On est sur une courbe assez rapidement ascendante (de 30 à 50.000 nouveaux cas par jour) et il faut prendre des mesures maintenant parce qu'on risque de les prendre trop tard si on attendait par exemple huit jours", a-t-il ajouté, pointant "un risque de submersion du système de santé".

Couvre-feu trop peu efficace ?

Même position de la part du président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, qui a souligné que le couvre-feu de 21h à 6h mis en place pour 46 millions de Français, soit les deux tiers de la population, "n'a pas donné tous les résultats" escomptés.

Belga
© Belga

Selon lui, la nouvelle vague de l'épidémie pourrait être "dévastatrice" pour l'hôpital, sorti affaibli de la première période. "On a beaucoup plus de malades et on s'attend à en avoir beaucoup plus qu'en mars-avril, et beaucoup moins de personnes pour y faire face", a renchéri le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches, en région parisienne.

Echec et manque d'anticipation

L'ancien président François Hollande s'est montré très critique, estimant sur la radio France Info que le déconfinement "a été trop rapide" en mai et que "la rentrée de septembre a été sûrement organisée de manière trop optimiste".

Plusieurs membres de l'opposition ont dénoncé un manque d'anticipation de l'exécutif. "La deuxième vague c'est l'échec de la stratégie tester, tracer, isoler", a regretté le député de droite Eric Ciotti. Un reconfinement permettra de "limiter les contacts physiques, mais il faut que l'économie, mais aussi la société, continuent à fonctionner", a souligné le médecin Philippe Juvin, appelant à trouver le "bon niveau" d'équilibre.

Le président français Emmanuel Macron doit annoncer à 20h de nouvelles mesures qui s'annoncent "impopulaires", selon un conseiller ministériel. "Il faut s'attendre à des décisions difficiles", a prévenu le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin.Hypothèse la plus probable: un confinement d'une durée de quatre semaines, jusqu'à fin novembre, éventuellement renouvelable. Mais il serait moins strict que celui de mars puisque crèches, écoles primaires et collèges, ainsi que certains commerces essentiels, resteraient ouverts, comme en Irlande. Emmanuel Macron devrait aussi préciser les conditions pour l'organisation du travail, des transports et des déplacements interrégionaux, avec un possible retour de la limitation des 100 km. Les deux tiers des habitants sont déjà soumis à un couvre-feu nocturne.Au printemps, la population avait été confinée pendant 55 jours, du 17 mars au 11 mai, avec sévère restriction des déplacements, fermeture des établissements scolaires, des commerces non essentiels et des frontières.La crainte des autorités françaises est la saturation des services de réanimation, où plus de la moitié des 5.800 lits disponibles sont déjà occupés. Sur le site officiel gouvernement.fr, les autorités ont annoncé mardi 288 morts à l'hôpital pour les dernières 24h, et 235 en maisons de retraite (Ehpad) sur les quatre derniers jours, portant le bilan à 35.541 décès depuis le démarrage de l'épidémie. Au plus fort de la première vague, en avril, plus de 700 morts étaient enregistrées certains jours.Pour Philippe Juvin, chef des urgences à l'hôpital parisien Georges-Pompidou, un reconfinement est inévitable. "On est sur une courbe assez rapidement ascendante (de 30 à 50.000 nouveaux cas par jour) et il faut prendre des mesures maintenant parce qu'on risque de les prendre trop tard si on attendait par exemple huit jours", a-t-il ajouté, pointant "un risque de submersion du système de santé".Même position de la part du président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, qui a souligné que le couvre-feu de 21h à 6h mis en place pour 46 millions de Français, soit les deux tiers de la population, "n'a pas donné tous les résultats" escomptés. Selon lui, la nouvelle vague de l'épidémie pourrait être "dévastatrice" pour l'hôpital, sorti affaibli de la première période. "On a beaucoup plus de malades et on s'attend à en avoir beaucoup plus qu'en mars-avril, et beaucoup moins de personnes pour y faire face", a renchéri le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches, en région parisienne.L'ancien président François Hollande s'est montré très critique, estimant sur la radio France Info que le déconfinement "a été trop rapide" en mai et que "la rentrée de septembre a été sûrement organisée de manière trop optimiste".Plusieurs membres de l'opposition ont dénoncé un manque d'anticipation de l'exécutif. "La deuxième vague c'est l'échec de la stratégie tester, tracer, isoler", a regretté le député de droite Eric Ciotti. Un reconfinement permettra de "limiter les contacts physiques, mais il faut que l'économie, mais aussi la société, continuent à fonctionner", a souligné le médecin Philippe Juvin, appelant à trouver le "bon niveau" d'équilibre.