En un an, la pandémie de Covid-19 a déjà tué plus de 1,6 million de personnes dans le monde. Si la situation en Europe semblait s'améliorer ces dernières semaines, plusieurs pays doivent à nouveau imposer de lourdes restrictions. Le Vieux continent est d'ailleurs toujours le plus frappé avec 477.631 décès et plus de 22 millions de cas depuis le début de la pandémie. Et les craintes s'accentuent avant les fêtes de fin d'année.
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En un an, la pandémie de Covid-19 a déjà tué plus de 1,6 million de personnes dans le monde. Si la situation en Europe semblait s'améliorer ces dernières semaines, plusieurs pays doivent à nouveau imposer de lourdes restrictions. Le Vieux continent est d'ailleurs toujours le plus frappé avec 477.631 décès et plus de 22 millions de cas depuis le début de la pandémie. Et les craintes s'accentuent avant les fêtes de fin d'année. En Belgique, les différents indicateurs ont été sur la bonne voie durant de nombreuses semaines, mais le nombre de nouveaux cas tende à stagner, voire légèrement remonter, ces derniers jours. On est bien loin du pic de la première et de la deuxième vague, mais les autorités et autres experts préfèrent rester prudents et attentifs. Vendredi 18 décembre, un nouveau Comité de concertation aura lieu pour évaluer l'avancée de l'épidémie dans notre pays. Si certains rêvent toujours de légers assouplissements pour Noël, certains experts appellent au contraire à prendre, dès à présent, de nouvelles mesures pour éviter une vraie reprise. Il faut dire que certains pays européens font actuellement face à une accélération de la deuxième vague de l'épidémie, poussant les autorités à devoir resserrer la vis. Les Pays-Bas vont vers un durcissement des mesures : le Premier ministre a confirmé un confinement de cinq semaines. A partir de mardi, presque tous les espaces publics fermeront. Les Néerlandais seront autorisés à recevoir deux personnes maximum chez eux. Une exception de trois invités est prévue pour les jours de Noël. Par ailleurs, un avis de voyage négatif est émis jusqu'à la mi-mars. Le Premier ministre Mark Rutte s'est adreséé à la nation depuis le Torentje, son bureau du siège du gouvernement à La Haye, alors que le nombre de contaminations est en forte augmentation et que le nombre de décès a dépassé la barre des 10.000. L'endroit choisi pour le discours a son importance, le bureau du Premier ministre servant habituellement de décor aux annonces les plus solennelles. Depuis le début de la crise sanitaire, la plupart des mesures ont été décrétées depuis une simple salle de conférence de presse. Le durcissement des mesures aux Pays-Bas coïncide avec l'annonce en Allemagne voisine, où la pandémie est "hors de contrôle", d'un confinement partiel à partir de mercredi jusqu'au 10 janvier. Fermeture de tous les commerces à l'exception des magasins d'alimentation, des pharmacies, des drogueries etc., fermeture des écoles trois jours avant le début des vacances de Noël qui seront en outre prolongées d'une semaine, appel à privilégier le télétravail : Angela Merkel veut réagir à "la croissance exponentielle" et aux "très nombreux décès." Le principe du premier confinement est donc de retour : rester à la maison, autant que possible. Les contacts sociaux devront rester très restreints du 24 au 26 décembre où les rencontres ne seront possibles qu'entre membres de la très proche famille.Le nombre de nouvelles infections et de morts a atteint ces derniers jours des records jamais atteints dans un pays, avec 598 décès jeudi. Après six semaines de fermeture des restaurants, bars, théâtres, cinémas, musées et enceintes sportives, l'Allemagne a dû faire le constat que ces restrictions étaient insuffisantes. Tout au long de l'automne, Merkel s'était déclarée favorable à des mesures plus dures mais n'avait pas réussi à s'imposer face à certains Etats régionaux, compétents en matière sanitaire, moins touchés par l'épidémie. Certaines régions n'ont pas attendu pour prendre des mesures. En Saxe, l'Etat régional le plus frappé par l'épidémie actuellement, les fermetures de magasins et d'écoles entrent en vigueur lundi.L'Italie est le cinquième pays le plus endeuillé au monde après les Etats-Unis, le Brésil, l'Inde et le Mexique. Elle a dépassé le Royaume-Uni comme pays européen le plus touché avec 64.036 morts et plus de 1,8 million de cas. "Je suis préoccupé pour les deux semaines de fêtes de Noël", a commenté le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza. L'Italie envisage donc de renforcer les restrictions nationales pendant les fêtes de Noël et du Nouvel An. Après que certaines restrictions mises en place le mois dernier ont été assouplies, des foules d'acheteurs ont afflué dans de nombreux centres-villes dimanche.Le gouvernement pourrait décider de placer de nouvelles régions sous le régime de la "zone rouge" du 24 décembre au 2 janvier au moins, en prolongeant les couvre-feux nocturnes, en interdisant les déplacements non essentiels et en fermant les magasins, les bars et les restaurants le week-end et les jours fériés, à l'exception de ceux qui vendent des produits de première nécessité, rapportent les médias italiens.L'Italie, premier pays européen frappé durement par la première vague, connaît néanmoins actuellement un ralentissement des nouveaux cas de coronavirus quotidiens après avoir appliqué un système de restrictions régionales, en trois couleurs, en fonction des risques sanitaires. "Le nombre de nouveaux cas est encore significatif, même si la courbe est en décroissance", a toutefois insisté le président de l'Institut supérieur de la santé italien, Silvio Brusaferro. Pour le ministre italien des affaires régionales, Francesco Boccia, le nombre de morts est "intolérable" et "si en décembre les comportements ne sont pas rigoureux, le risque d'une troisième vague est assez certain."Londres et certaines régions du sud-est de l'Angleterre s'apprêtent à passer sous le plus haut niveau d'alerte en raison d'une augmentation "exponentielle" des cas de Covid-19, potentiellement liée, selon les autorités, à une mutation du virus. Le passage au troisième niveau d'alerte implique notamment la fermeture des hôtels, pubs et restaurants, qui ne peuvent que faire de la livraison ou de la vente à emporter et des lieux culturels comme les cinémas, théâtres et musées. Il interviendra à 00H01 mercredi. Le passage au niveau d'alerte "très haut" est "essentiel non seulement pour assurer la sécurité de la population mais parce que, nous l'avons vu, des mesures précoces peuvent empêcher davantage de dégâts et plus tard des problèmes sur le long terme", a plaidé le ministre de la Santé Matt Hancock.Les salariés qui le peuvent doivent travailler à domicile et la population doit éviter les trajets non-essentiels. Les interactions sociales sont limitées, avec l'interdiction de se mélanger avec des personnes faisant partie d'un autre foyer, y compris à l'extérieur, à quelques exceptions comme les parcs. Etablissements scolaires, magasins, salons de beauté et de coiffure peuvent rester ouverts.Le gouvernement tchèque a annoncé la réinstauration d'un couvre-feu nocture, ainsi que la fermeture des restaurants et bars dans le pays pour Noël. Les mesures annoncées comprennent également une limitation à 6 personnes pour les rassemblements en intérieur et en extérieur, et une interdiction de consommer de l'alcool en extérieur, à partir du 18 décembre. Les commerces et services resteront néanmoins ouverts.La République tchèque, qui compte 11 millions de personnes, a connu une flambée de coronavirus plus tôt dans l'automne, avec 15.000 nouveaux cas par jour, et a depuis du mal à juguler l'épidémie. Ces dernières semaines, il enregistre environ 6.000 nouveaux cas de contamination par jour, pour un bilan total depuis mars de plus de 580.000 cas et plus de 9.600 décès. Le ralentissement de l'épidémie avait conduit le gouvernement à assouplir certaines restrictions début décembre, notamment en rouvrant restaurants, musées et galeries, mais le soulagement a été de courte durée. La Pologne est confrontée à une menace réelle d'une troisième vague de la pandémie de coronavirus, a déclaré le ministre de la santé Adam Niedzielski, ajoutant qu'il recommanderait que les restrictions actuelles soient maintenues au moins jusqu'au 17 janvier. Les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits, de même que les mariages et les enterrements. Tous les élèves sont scolarisés à distance et les cinémas, les musées et les galeries d'art sont fermés.En Suisse, le directeur de l'hôpital de Zurich a réclamé la mise à l'arrêt du pays et, selon le journal SonntagsZeitung, les cinq hôpitaux universitaires de Bâle, Berne, Zurich, Lausanne et Genève ont exprimé "leur grande préoccupation" au ministre de la Santé.Plus au nord, la Lituanie va fermer la plupart des magasins à partir de mercredi. Pour sa Première ministre Ingrida Simonyte, "les chiffres sont effrayants et attristants, le risque est désormais partout.""Nous sommes sur une sorte de plateau", a souligné le Premier ministre Jean Castex "Le nombre de nouvelles contaminations ne se réduit plus, et il tend même à légèrement réaugmenter depuis quelques jours." De ce fait, la France sortira bien du confinement le 15 décembre et les déplacements de nouveau autorisés "partout en France", comme l'avait annoncé Emmanuel Macron fin octobre. Mais face à une situation sanitaire moins favorable que prévu, il sera remplacé par un couvre-feu plus sévère, qui débutera à 20h et non à 21h. Seule exception: les déplacements seront autorisés le soir de Noël, le 24 décembre, et pas plus de six adultes à la fois. Il faudra en revanche rester chez soi le 31 décembre.Le chef du gouvernement a également douché les espoirs du monde de la culture: les cinémas, théâtres et musées ne pourront rouvrir le 15 décembre, comme initialement prévu, mais devront rester fermés trois semaines de plus.La France se lance également cette semaine dans une stratégie de dépistage massif ciblé sur quelques agglomérations, dans l'espoir de mieux contrôler l'épidémie. Deux autres territoires doivent tenter la même opération en janvier, parmi ceux où le virus circule le plus vite en France: Roubaix (nord) et Saint-Etienne (centre-est). La stratégie s'inspire de celle tentée au Royaume-Uni à Liverpool, menée début novembre et dont le bilan a été jugé positif.