Dans certaines régions des États-Unis, des millions de personnes font actuellement face à des vagues de chaleur. En Europe, on s'apprête à connaître une deuxième vague de chaleur en un mois, probablement un peu plus chaude que la précédente. Dans d'autres parties du globe, comme en Inde, la canicule a déjà fait de nombreuses victimes.

De record en record

Selon un rapport de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), la température moyenne de la planète en juin était au-dessus de la moyenne du 20e siècle. Il s'agit donc du mois de juin le plus chaud sur Terre depuis 140 ans. À l'échelle régionale, les températures de juin ont battu des records en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud, et ce fut le premier semestre le plus chaud de l'année pour l'Alaska, Madagascar, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l'ouest du Canada et l'Asie orientale. L'organisme a également signalé des diminutions record de la couche de glace marine dans l'Arctique et l'Antarctique.

Des scientifiques prédisent par ailleurs que le mois de juillet sera probablement le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, du moins aux États-Unis. On s'attend d'ailleurs à ce que ces types de canicules deviennent plus fréquents, partout dans le monde, à mesure que le réchauffement climatique se poursuit et que les températures mondiales ne cessent de s'accroître. "Notre climat se réchauffe. Nous avons une nouvelle norme, nous avons un nouveau climat plus chaud. Rien qu'au 21e siècle, nous avons établi cinq fois un nouveau record mondial de température", indique Ahira Sánchez-Lugo, climatologue à la NOAA, au Time.

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Dans l'ensemble, de janvier à juin, la température moyenne a très légèrement dépassé la moyenne du 20e siècle, correspondant à 2017, l'année la plus chaude à ce jour. Selon Robert Rohde, scientifique à Berkeley Earth, une association qui analyse les données de température du sol, cette tendance peut être attribuée aux émissions humaines de gaz à effet de serre. Et cela se poursuivra "jusqu'à ce que les humains trouvent un moyen de changer leur comportement et d'arrêter de modifier l'atmosphère", dit M. Rohde. Il précise que, même si la tendance à la hausse se poursuit, il se peut que les températures ne soient pas toujours plus chaudes à travers le monde : "Il y a des fluctuations, nous n'avons pas une nouvelle année la plus chaude chaque année ou un nouveau mois le plus chaud chaque mois, mais à mesure que le temps passe, nous nous attendons à établir de nombreux records."

Impact sur la vie quotidienne

Les records de chaleurs sont-ils vraiment significatifs ? Ce n'est en tout cas pas sans conséquence : plus le monde se réchauffe, plus les populations peuvent s'attendre à des vagues de chaleur, des sécheresses et des conditions météorologiques extrêmes et fréquentes. Avec un impact sur des éléments de la vie quotidienne : quantité et qualité d'eau, récoltes, nourritures, prix...

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Le monde devrait également commencer à connaître moins de journées fraîches, mettant à rude épreuve les systèmes sociaux, économiques et techniques, établis par et pour le climat "classique". On peut par exemple penser aux cultures qui dépendent d'une certaine quantité de précipitations. Les périodes chaudes et sèches peuvent également endommager les récoltes et provoquer des feux de forêt difficilement maitrisables, comme c'est le cas au Portugal, ainsi qu'être à l'origine de pics de pollution plus fréquents. Les vagues de chaleur vont rendre certaines régions tout simplement invivables, et engendrer une nouvelle crise migratoire. Dans les autres régions, comme en Europe, ces canicules sont supportables pour l'organisme humain, mais peuvent être particulièrement dangereuses pour les personnes fragiles, comme les personnes âgées, dans les régions qui ne sont pas habituées à de telles températures.

Pour les différents experts, le monde doit mettre un terme au plus vite aux émissions de gaz à effet de serre pour enrayer cette hausse continue des températures. Ils se réjouissent que les différents pays prennent de plus en plus la question au sérieux, mais il faut "que tous les pays du monde s'y mettent et que tous les secteurs économiques s'y intéressent", concluent-ils dans le Time.