Les canicules se produisent naturellement en été, mais l'événement de la semaine dernière a été sans précédent, car il a été précoce et les températures enregistrées ont battu des records dans plusieurs pays (France, Suisse, Autriche, Allemagne et Espagne).
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Les canicules se produisent naturellement en été, mais l'événement de la semaine dernière a été sans précédent, car il a été précoce et les températures enregistrées ont battu des records dans plusieurs pays (France, Suisse, Autriche, Allemagne et Espagne). Des chercheurs, membres du World Weather Attribution Group, étaient présents en France la semaine dernière pour une conférence. Ils ont profité de l'occasion pour analyser le lien entre le changement climatique d'origine humaine et la canicule en cours. Ils ont comparé les températures enregistrées avec des modèles climatiques qui peuvent montrer comment le monde serait sans l'influence humaine sur le climat. Leur étude d'attribution rapide indique que la hausse des températures a "surchargé" cet événement météorologique, le rendant cinq fois plus susceptible de se produire que par la seule variabilité naturelle. Les chercheurs estiment cependant que cette influence pourrait être encore plus forte, précise la BBC. Un tel événement durant le mois de juin est en réalité au moins 10 fois plus fréquent selon l'observation des données des 100 dernières années, mais les modèles ne permettent pas de déterminer précisément quelle est la part attribuable aux effets du changement climatique ou à d'autres facteurs. "C'est au moins cinq fois plus probable en raison du changement climatique dû aux activités humaines et au moins dix fois plus probable de manière générale, quand on ajoute d'autres facteurs" comme le rôle des sols ou des îlots de chaleur urbains, précise Friederike Otto, du Environmental Change Institute d'Oxford.Vu les nombreux facteurs qui entrent en compte, les chercheurs ont opté pour une conclusion prudente quant à la part à attribuer au changement climatique. Ils ont pris comme référence les trois jours consécutifs les plus chauds en juin en France et les ont comparés aux autres périodes consécutives de trois journées de canicule en juin depuis 1901, explique The Guardian. Ils ont aussi noté une intensification de ces canicules. "En juin, il semble que les canicules se soient réchauffées de 4°C par rapport à il y a 60 ou 100 ans", indique Geert Jan van Oldenborgh, du Royal Netherlands Meteorological Institute.De manière générale, les scientifiques se montrent réticents à attribuer au seul dérèglement climatique la survenue d'un événement météo extrême. Mais de plus en plus de recherches sont conduites pour déterminer a posteriori si un événement aurait pu ne pas se produire sans le changement climatique causé par les activités humaines.Selon eux, cette tendance des vagues de chaleur est susceptible de s'aggraver. "Nous avons connu une vague de chaleur dont l'intensité pourrait devenir la norme au milieu du siècle", déclare Robert Vautard, scientifique au CNRS, du moins "sans mesures urgentes d'atténuation du changement climatique". Selon le Copernicus Climate Change Service, le mois de juin était généralement supérieur de plus de 2°C à la moyenne à long terme. À l'échelle mondiale, la température a également été la plus élevée jamais enregistrée en juin, soit environ 0,1 °C de plus qu'en 2016. Les chercheurs estiment que si le réchauffement climatique se maintient au niveau des 2°C prévus dans l'accord climatique de Paris, des vagues de chaleur comme celle de la semaine dernière deviendront effectivement la norme au mois de juin.