Le Conseil norvégien pour les réfugiés estime que 26 millions de personnes sont déplacées chaque année par des catastrophes telles que des inondations et des tempêtes, soit une personne par seconde. D'ici 2045, selon la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, quelque 135 millions de personnes pourraient être déplacées en raison de la dégradation des terres et des sols. La plupart de ces personnes sont déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Mais le nombre de personnes forcées de fuir par-delà les frontières est en augmentation. Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle crise migratoire ?
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Le Conseil norvégien pour les réfugiés estime que 26 millions de personnes sont déplacées chaque année par des catastrophes telles que des inondations et des tempêtes, soit une personne par seconde. D'ici 2045, selon la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, quelque 135 millions de personnes pourraient être déplacées en raison de la dégradation des terres et des sols. La plupart de ces personnes sont déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Mais le nombre de personnes forcées de fuir par-delà les frontières est en augmentation. Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle crise migratoire ?Des chercheurs de l'Université de Stanford avaient déjà averti que le changement climatique appauvrissait les pays pauvres et aggravait les inégalités mondiales entre les nations. "Nous risquons un scénario 'd'apartheid climatique' où les riches paient pour échapper à la surchauffe, à la faim et aux conflits alors que le reste du monde en souffre", craint Philip Alston, rapporteur spécial des Nations unies sur l'extrême pauvreté et les droits humains. Mais si les pays développés peuvent mieux faire face aux effets immédiats du changement climatique, ils n'échapperont pas aux ramifications de la crise dans d'autres pays. La crise climatique tue déjà de nombreuses personnes dans certaines parties de l'Asie, et une nouvelle crise des réfugiés, bien pire que celle qui a frappé l'Europe ces dernières années, est en préparation. Selon les Nations Unies, plus de 120 millions de personnes pourraient sombrer dans la pauvreté au cours de la prochaine décennie en raison du changement climatique, ce qui les obligerait à "choisir entre la famine et la migration". La Convention des Nations Unies sur les réfugiés ne reconnaît cependant pas encore aux personnes fuyant les changements climatiques le droit d'être protégées par le droit international. Cela pourrait permettre aux pays de refuser d'offrir l'asile ou de considérer ceux qui entrent dans le pays comme des illégaux.Le changement climatique n'est désormais plus un évènement lointain, tant les conséquences actuelles se multiplient. L'urgence climatique va affecter toutes les parties du globe, mais elle ne le fera pas de la même manière. Certains connaîtront des pics de température, tandis que d'autres subiront des sécheresses mortelles, des inondations et des conditions météorologiques extrêmes. Ceux qui survivent à ces chocs climatiques risquent de voir l'agriculture et les infrastructures locales dévastées, ce qui les rendra d'autant plus vulnérables. Certaines parties du monde sont en effet destinées à devenir invivables. Par exemple, près de 6 millions de personnes sont actuellement menacées par la montée des eaux de crue en Asie du Sud, où des centaines de milliers d'habitants ont déjà été déplacés en raison des fortes pluies dues à la mousson, indique CNN. Ces inondations surviennent alors que l'Inde sort à peine d'une crise de l'eau qui a duré des semaines et qui a fait au moins 137 morts à la suite de fortes sécheresses et de chaleurs extrêmes. En Afghanistan, la sécheresse a dévasté des zones agricoles, forçant des millions de personnes à se déplacer ou à mourir de faim. Au Bangladesh, de fortes inondations dues à la mousson ont paralysé des communautés entières et coupé des routes cruciales. Les centaines de milliers de réfugiés rohingyas qui vivent dans des camps de fortune sont aussi particulièrement menacés.L'intensité et la fréquence globales des phénomènes extrêmes augmentent dans toute la région d'Asie du Sud. Selon une étude publiée dans la revue Nature, les changements prévus montrent "une nouvelle intensification des précipitations extrêmes dans la plupart des régions du sous-continent d'ici la fin du siècle". Or, l'augmentation des températures, combinée à l'aggravation des sécheresses et des inondations, suggère que certaines régions pourraient devenir inhabitables sous peu. Cela ne concerne pas seulement l'Inde, mais aussi d'autres régions du monde, comme nous l'expliquions dans l'article "Chaleurs extrêmes: certaines régions bientôt invivables".