Dès ce mercredi 9 juin, les Belges pourront profiter de nouveaux relâchements dans les mesures sanitaires. Pour Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le coronavirus, certaines décisions prises dans cette nouvelle étape de déconfinement sont un peu trop précoces, et aussi trop nombreuses. "Les mesures actuellement prises par le gouvernement passent de 'peu de droits' à 'beaucoup de droits' en très peu de temps, à partir d'aujourd'hui. La crainte est qu'on ait, en Belgique, l'effet du syndrome du vacciné dans les prochaines semaines. Beaucoup de pays l'ont connu avant nous", s'inquiète-t-il.
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Dès ce mercredi 9 juin, les Belges pourront profiter de nouveaux relâchements dans les mesures sanitaires. Pour Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le coronavirus, certaines décisions prises dans cette nouvelle étape de déconfinement sont un peu trop précoces, et aussi trop nombreuses. "Les mesures actuellement prises par le gouvernement passent de 'peu de droits' à 'beaucoup de droits' en très peu de temps, à partir d'aujourd'hui. La crainte est qu'on ait, en Belgique, l'effet du syndrome du vacciné dans les prochaines semaines. Beaucoup de pays l'ont connu avant nous", s'inquiète-t-il.Si Yves Van Laethem affirme qu'on "peut aborder cette nouvelle étape du déconfinement sereinement", il souligne toutefois que "pour les scientifiques, le gouvernement va particulièrement vite dans plusieurs domaines", et pointe trois mesures prises trop rapidement à son goût."Premièrement, le nombre de personnes (4) qu'on peut recevoir chez soi, et le fait qu'on puisse changer tous les jours ces fameuses quatre personnes pose problème", se préoccupe Yves Van Laethem. "Deuxièmement, le nombre de personnes qu'on peut recevoir dans son jardin est fixé à 50... c'est un gros paquet par rapport à ce qu'on pouvait faire avant (10 personnes maximum, ndlr.). Enfin, en qui concerne les grands évènements prévus dans deux mois, Yves Van Laethem reste dubitatif. "Ils ont été un peu normés en fixant 75.000 personnes et pas 150.000 ou 200.000 comme les autres années. Mais cela reste des chiffres qui, à ma connaissance, aucun pays autour de nous ne va permettre, même à ce moment-là", énumère-t-il. "On peut donc se poser des questions avec ces trois situations qui sont permises. Egrainées sur le temps, certes. Mais c'est un peu trop rapide, et l'entièreté des experts le pense également."Quant au port du masque qui n'est plus requis partout à Bruxelles, Van Laethem justifie le timing de la mesure à l'aide d'une petite métaphore guerrière. "Avant, d'une part, on avait une circulation beaucoup plus importante du virus. D'autre part, s'il y avait un projectile qui partait, il atteignait forcément des gens non-immunisés, sauf les rares qui avaient fait la maladie. Maintenant, il va atteindre, par-ci, par-là, des personnes non-immunisées, mais qui ne sont pas à risque. Et s'il atteint une personne âgée ou à risque, elle sera vaccinée. Donc, les 'balles perdues' liées au non-port du masque ont beaucoup moins de chance de toucher un endroit sensible d'un individu. Au pire, le virus va 'effleurer' la personne, lui faire 'une petite balafre' mais sans la taper en plein coeur et lui donner un covid sévère."L'infectiologue émet également des craintes quant à la concordance de ces nouveaux assouplissements et le début des départs en vacances. "C'est pour cela qu'on essaie de dire aux gens de ne pas faire n'importe quoi, en étant persuadé qu'ils ne vont pas écouter", dit-il quelque peu désabusé, "mais il faut s'acharner à dire que c'est peut-être un tout petit peu trop tôt pour se laisser aller à ce qu'on faisait durant l'été 2019." Avec l'Euro de football, qui arrive dans le même timing, et les rassemblements entre amis qui vont de pair avec ce grand événement, "il faudra prendre ses précautions", conclut-il.