La première dose de vaccin contre le Covid n'est pas immédiatement efficace. Il faut en moyenne 15 à 20 jours pour que l'organisme développe les premiers anti-corps, et soit à même de contrer le virus. Pourtant, durant cette période, on observe chez de nombreuses personnes un sentiment de "relâchement" et de protection, directement après l'injection de la première dose. "Le phénomène a déjà été observé en Israël et au Chili, deux pays avec de grosses campagnes de vaccination", nous contextualise Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.
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La première dose de vaccin contre le Covid n'est pas immédiatement efficace. Il faut en moyenne 15 à 20 jours pour que l'organisme développe les premiers anti-corps, et soit à même de contrer le virus. Pourtant, durant cette période, on observe chez de nombreuses personnes un sentiment de "relâchement" et de protection, directement après l'injection de la première dose. "Le phénomène a déjà été observé en Israël et au Chili, deux pays avec de grosses campagnes de vaccination", nous contextualise Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus. "Au moment où l'on comptait dans ces pays 25-30% de vaccination complète et 50% de vaccination partielle, ils ont connu des vagues d'augmentation de contaminations. Par contre, le phénomène n'était pas répercuté sur l'augmentation des hospitalisations de manière significative, car la base des personnes fragiles était vaccinée."Si l'effet psychologique peut être bénéfique pour le moral, le vaccin, lui n'est pas encore efficace dès les premiers jours. Et négliger les gestes barrière durant cette période n'est donc pas spécialement prudent. Durant ce laps de temps, le corps peut en effet développer la maladie exactement de la même façon qu'une personne non-vaccinée, avec, donc, des conséquences sur le nombre de contaminations."Dans la population plutôt jeune de ces pays (Israël et Chili, ndlr.), on observait une transmission augmentée", nous confirme Yves Van Laethem. "On l'a ensuite observé en France, en Angleterre,... En plus, dans un contexte où tout le monde si dit 'Mon Dieu, quand vais-je enfin retrouver les 'droits' que j'ai perdus'?", détaille-t-il . Et d'enchaîner: "Donc, on a un effet 'bouchon de champagne', comme si on pouvait directement tout faire après la première dose de vaccin, auquel il faut faire attention. Comme on vient d'être vacciné, et qu'une bonne partie des personnes à risque sont vaccinées, on se relâche un peu trop", met-il en garde. Faut-il dès lors s'inquiéter de ce syndrome du vacciné? Yves Van Laethem tempère: "Cela donne des répercussions qui sont heureusement non-délétères pour le système de santé, car il n'y a pas significativement plus de gens en soins intensifs, ni plus de morts. Par contre, il y a plus de contaminations. C'est une observation qui est le reflet de l'humanité elle-même. Les gens ont envie de se retrouver et sont un peu trop rapides. Avec une nouvelle étape de déconfinement demain, la crainte est qu'on ait le même effet que ces pays ont connu. Il faut donc garder tout cela à l'oeil, dans un contexte où l'on peut vite faire n'importe quoi en croyant que tout est terminé."