Ce lundi a débuté officiellement la phase 2 de la campagne de vaccination contre le coronavirus en Wallonie. Après les plus de 65 ans et les patients à risque, c'est maintenant au tour du grand public d'accéder à la vaccination. Officiellement, car officieusement, cette phase avait déjà commencé dans de nombreuses provinces et communes du sud du pays. Dans la province de Luxembourg, par exemple, les trentenaires sont déjà invités à se faire vacciner.
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Ce lundi a débuté officiellement la phase 2 de la campagne de vaccination contre le coronavirus en Wallonie. Après les plus de 65 ans et les patients à risque, c'est maintenant au tour du grand public d'accéder à la vaccination. Officiellement, car officieusement, cette phase avait déjà commencé dans de nombreuses provinces et communes du sud du pays. Dans la province de Luxembourg, par exemple, les trentenaires sont déjà invités à se faire vacciner.Au début de cette semaine, plus de 45 % de la population wallonne de plus de 18 ans avait au moins reçu sa première dose, tandis qu'en Flandre, ce chiffre est d'environ 42 %. Toutefois, seuls 84 % des plus de 65 ans en Wallonie avaient déjà reçu au moins une dose du vaccin, contre 98 % des plus de 65 ans en Flandre. Une population plus jeune combinée à une volonté plus faible de se faire vacciner explique pourquoi la Wallonie vaccine l'ensemble de sa population une semaine plus tôt que la Flandre."En Wallonie, il y a davantage de personnes qui doutent qu'en Flandre", confirme Sofie Merckx, membre du PTB et médecin généraliste dans un quartier pauvre et ouvrier de Marcinelle, dans la périphérie de Charleroi. Un facteur socio-économique est à l'oeuvre dans le taux de vaccination faible des plus de 65 ans dans le sud du pays. Plus le niveau de revenu est bas, plus la couverture vaccinale est faible. Dans des communes comme Charleroi, Liège, Farciennes ou Châtelet, où le niveau de vie est faible, le nombre de personnes de plus de 65 ans vaccinées tourne autour de 70 %. Dans le Brabant wallon, une province plus riche, le taux grimpe à 80-85 %. Le dernier baromètre de la motivation de l'UCLouvain, de l'ULB et de l'UGent montre que la méfiance à l'égard des politiques et des institutions mène de nombreux citoyens à douter de la vaccination. "Les gens ne se sont pas sentis protégés par la politique ces dernières années", explique Merckx. Ils se méfient des messages officiels. Je ne sais pas combien de Flamands connaissent l'Agence pour les soins et la santé (Agentschap Zorg en Gezondheid) mais l'AViQ, l'organisme qui organise la vaccination en Wallonie, est inconnue de nombreux Wallons. Une lettre de rappel avec un code n'est vraiment pas suffisant pour convaincre ces personnes. Il faut beaucoup de travail sur le terrain pour faire accepter le vaccin aux plus sceptiques. Cela joue peut-être aussi un rôle : en Flandre, les soins de premières lignes sont plus impliqués. Nous avons envoyé à tous nos patients une lettre supplémentaire afin que les informations sur le vaccin proviennent d'une personne qu'ils connaissent et en qui ils ont confiance. Car si un ministre lance un appel aux Wallons pour qu'ils se fassent vacciner, cela risque d'être contre-productif pour ceux qui n'ont pas confiance dans la politique". Cette semaine, la Wallonie dispose de 200.000 doses par semaine. A la fin du mois, elle disposera de 400.000 doses. Le grand défi sera donc de trouver suffisamment de personnes à bas revenus qui voudront bien se faire vacciner. Selon des enquêtes récentes, plus d'un Wallon sur trois qui n'a pas encore été vacciné n'a pas l'intention de le faire à l'avenir.(Source: Knack / Adaptation: Ca.L)