Ce lundi, la Wallonie entame pleinement la dernière phase de vaccination destinée au grand public. Les premières phases ciblant les populations vulnérables prioritaires arrivent en effet tout doucement à leur terme : près de 85% des personnes âgées de plus de 65 ans et un peu plus de 60% des personnes avec comorbidité(s) ont reçu leur première dose vaccinale. Toutes les invitations à la vaccination ont été envoyées à ces deux catégories de population.
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Ce lundi, la Wallonie entame pleinement la dernière phase de vaccination destinée au grand public. Les premières phases ciblant les populations vulnérables prioritaires arrivent en effet tout doucement à leur terme : près de 85% des personnes âgées de plus de 65 ans et un peu plus de 60% des personnes avec comorbidité(s) ont reçu leur première dose vaccinale. Toutes les invitations à la vaccination ont été envoyées à ces deux catégories de population.Au total, en date du 16 mai, 45,2 % de la population wallonne adulte (18 ans et +) est vaccinée avec au moins une dose et 14,4 % ont eu une vaccination complète. Des chiffres qui devraient rapidement prendre de l'ampleur dans les prochaines semaines, puisque tout le reste de la population de plus de 18 ans peut désormais prétendre au vaccin, sans restriction. "Les enfants ne sont pas concernés à ce stade", précise néanmoins le site officiel de la Wallonie. Les invitations seront envoyées par âge et de manière décroissante en commençant par les personnes âgées de 64 ans et moins. La phase 2 a même déjà débuté dans certaines provinces, où des personnes de moins de 45 ans ont déjà été invitées à se présenter à un centre de vaccination.Pour donner un coup de boost à la campagne de vaccination, des actions de proximité sont également en cours de réflexion, a annoncé Christie Morreale (PS), la ministre wallonne de la Santé. Par exemple "une journée spéciale vaccination à domicile pour les personnes dépendantes à l'instar de ce que les médecins généralistes du Luxembourg organisent le 19 mai prochain", mais aussi "un nouvel envoi de courriers aux 65 ans et plus qui ne se sont pas manifestés ou encore un Re-vax pour les comorbidités". "Au niveau de la vitesse de la campagne, la Wallonie fait très bien, même un peu mieux que la Flandre ", a commenté le commissaire fédéral corona Pedro Facon, interrogé sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche. Le taux de personnes partiellement vaccinées est en effet plus faible au nord du pays (42% ont reçu leur première dose, contre 45% en Wallonie). Pour autant, la Flandre dépasse la Wallonie en matière de vaccination totale de la population. Des différences plus marquées apparaissent également quand on se penche sur la vaccination par catégorie d'âge. Le taux de vaccination des personnes les plus âgées est inférieur au sud du pays. Plus de 95% des plus de 85 ans, 98% des 75-84 ans, 96% des 65-74 ans ont été vaccinés en Flandre. La Wallonie peine, quant à elle, à atteindre les 90% dans ces catégories-là. Mais si on descend dans les classes d'âges, la Flandre n'est plus leader. Et c'est cela qui expliquerait la bonne performance de la Wallonie dans la "course à la vaccination".La Flandre devrait elle aussi envoyer cette semaine les premières invitations à la vaccination pour les personnes de moins de 65 ans et qui ne présentent pas de pathologie sous-jacente. La campagne de vaccination respecte donc le calendrier, selon Joris Moonens, le porte-parole de l'Agence flamande pour les soins et la santé. L'objectif d'administration d'une première dose aux plus de 65 ans et patients à risque devrait être atteint la semaine de la Pentecôte (23 mai). Mieux encore, Wouter Beke, le ministre flamand de la Santé, estime que 100% de la population de Flandre aura reçu une première injection de vaccin d'ici au 11 juillet, jour de la fête de la Communauté flamande. Ainsi, si la campagne de vaccination se déroule comme prévu, les adolescents de 16 et 17 ans pourraient être éligibles à la vaccination dès le mois de juillet. Un avis du Conseil supérieur de la Santé est prochainement attendu à ce sujet, mais la Task Force vaccination est prête à la manoeuvre.À Bruxelles, la campagne de vaccination se poursuit également. La phase 2 aurait même déjà commencé dans la capitale. Les Bruxellois âgés de 41 ans et plus peuvent en effet s'inscrire dans quatre centres de vaccination situés dans les communes bruxelloises de Forest, Schaerbeek, Woluwe-Saint-Pierre et Anderlecht. Dans les six autres centres de vaccination, les personnes de plus de 46 ans peuvent actuellement être vaccinées. Mais comment expliquer cet abaissement de la limite d'âge ? Les autorités ont constaté que les réservations dans les centres de vaccination des quatre communes précédemment mentionnées ralentissent et qu'il devient plus difficile de remplir les places disponibles. En outre, l'arrivée récente de certaines livraisons offre un stock suffisant pour vacciner les populations plus jeunes.Néanmoins, les taux de vaccination sont loin d'être semblables d'une commune à l'autre. À Woluwe-Saint-Pierre, Watermael-Boitsfort, Uccle, Auderghem et Woluwe-Saint-Lambert, plus de 32% du nombre total d'habitants ont déjà reçu leur première dose de vaccin. En revanche, moins de 20% de la population totale a été vaccinée dans les communes de Saint-Josse-ten-Noode, Molenbeek-Saint-Jean, Schaerbeek, Saint-Gilles et Bruxelles-ville. Ces communes ne parviennent pas à vacciner plus de 70% des personnes âgées de plus de 65 ans. "Ce sont également les communes où le plus grand nombre de tests Covid positifs a été observé", a déclaré le professeur Dirk Devroey, doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Comment expliquer ces disparités ? "Il est possible que les habitants de ces communes s'intéressent moins à leur santé", explique le professeur Devroey. "Ils pensent peut-être qu'ils n'ont pas besoin de se faire vacciner s'ils ont déjà eu la maladie, ce qui est évidemment faux. Dans ces communes, les résidents sont également moins susceptibles d'avoir un médecin de famille régulier, qui est pour beaucoup la personne de confiance pour obtenir des informations fiables sur les maladies et la prévention."Encourager la vaccination dans ces communes à la traîne devient urgent. Si de telles disparités demeurent, il y a en effet un risque d'apparition de foyers locaux susceptibles de propager à nouveau le virus parmi les personnes non vaccinées.