Les pressions s'intensifient pour relâcher un peu les mesures : week-end printanier aux airs de déconfinements, manifestations du secteur de la culture, pression de l'Horeca pour une réouverture... Le Comité de concertation de ce vendredi 26 février sera important pour accorder les violons des différents gouvernements, faire des choix sur ce qui est prioritaire, mais s'annonce sous tension.
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Les pressions s'intensifient pour relâcher un peu les mesures : week-end printanier aux airs de déconfinements, manifestations du secteur de la culture, pression de l'Horeca pour une réouverture... Le Comité de concertation de ce vendredi 26 février sera important pour accorder les violons des différents gouvernements, faire des choix sur ce qui est prioritaire, mais s'annonce sous tension. Pour le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (sp.a), il est encore trop tôt pour envisager des assouplissements. "D'ici à trois semaines, le variant britannique du coronavirus sera dominant en Belgique et nous pourrons évaluer à quel point il est contagieux", a-t-il dit au micro de VTM. Un variant qu'on ne doit cependant pas craindre si l'on continue de suivre les règles : "Nous avons construit une digue solide. Le problème se pose si on a des trous dans la digue." On ne peut envisager des assouplissements que quand on aura une meilleure vision de la propagation du variant britannique en Belgique.Les chiffres de l'épidémie sont en effet toujours sur un plateau. Ce lundi, les contaminations repartent légèrement à la hausse, à nouveau au-dessus de la barre des 2000. Le taux de positivité, lui aussi, augmente et atteint 6%, alors qu'il était stabilisé à 5% depuis des semaines et que les tests sont moins nombreux. Pour un déconfinement progressif et encadréLes propos du ministre de la Santé ont provoqué quelques réactions. Quel est l'intérêt d'un Comité de concertation si aucune décision ne pourra y être prise ? D'autant que, dans les rangs politiques, certains sont davantage favorable à une reprise progressive de certains secteurs. La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden a également appelé à la prudence. Face à une situation qui reste "incertaine", "la prudence doit être le maître-mot des prochains jours et des prochaines semaines", a-t-elle estimé dans De Ochtend (VRT). "On doit passer d'une gestion de la crise à une gestion du risque. On doit protéger les personnes les plus vulnérables. On doit disposer de protocoles clairs et adaptés pour les différents secteurs à déconfiner", a réagi la co-présidente d'Ecolo Rajae Maouane sur LN24. "Au Comité de concertation ce vendredi, nous voulons discuter des perspectives d'un déconfinement progressif, bien encadré, avec des protocoles clairs.""Je pense qu'aujourd'hui, on peut dire que la culture peut reprendre, progressivement, avec prudence, à la mi-mars. Tout est prêt pour pouvoir le faire, les protocoles sont prêts", a déclaré pour sa part la ministre de la Culture Benedicte Linard au micro de Bel-RTL. Et si le déconfinement se faisait "à la carte" ? Le groupe d'experts chargé de la stratégie de sortie (GEMS) planche sur la mise au point d'un nouveau plan, qui pourrait prendre la forme d'un menu où les politiques pourraient piocher ce qu'ils estiment nécessaire ou prioritaire. Tout se concentrerait sur une sorte de "menu" à la carte mis au point par les experts. Avec un score associé à chaque assouplissement des mesures, "prix" à payer en cas de mise en oeuvre. En d'autres termes, ce sera un score épidémiologique qui permettra d'estimer le risque de l'assouplissement en question.Le MR estime de son côté que la fermeture des frontières à la belge ne doit pas être prolongée, selon un message transmis par le président Georges-Louis Bouchez en vue du prochain comité de concertation. "L'accord politique à ce jour fixe la fin de la mesure au 1er mars et pas au-delà", affirme Georges-Louis Bouchez. "Une telle limitation à une liberté aussi fondamentale ne peut être prolongée sans démontrer une absolue nécessité et si aucune autre mesure ne peut être prise pour nous préserver. Aujourd'hui, cette mesure doit donc être questionnée et son terme établi", estime-t-il.Cette interdiction sera difficile à prolonger encore, par exemple jusqu'aux vacances de Pâques, au vu des recommandations européennes, indique Frank Vandenbroucke. Mais cela reste "déraisonnable de voyager vers l'étranger", selon lui.Le Premier ministre Alexander De Croo avait déjà annoncé que l'interdiction des voyages non-essentiels vers l'étranger (et depuis l'étranger vers la Belgique) allait être réévaluée vendredi. Annoncée initialement du 27 janvier jusqu'au 1er mars, la mesure avait été prolongée le 5 février dernier jusqu'au 1er avril. La Commission européenne n'a pas manqué de réagir. Le commissaire belge Didier Reynders, lui-même issu des rangs des libéraux francophones, avait ainsi mis la Belgique en garde quant à la nécessité de proportionnalité dans les mesures.Pour Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral, il est encore un peu tôt pour lâcher du lest. "Lorsqu'on a pris la décision de déconfiner, après la première vague, ils étaient dans un creux. Ici, c'est un plateau. Et sur un plateau, on sent encore l'air de la montagne. Donc si ça doit repartir, ça repartira plus vite", indique-t-il au Soir. La présence de variants joue un rôle crucial dans la prise de décision. Steven Van Gucht est également de cet avis, avec six semaines de plus de strict respect des règles. Mais tout le monde n'est pas aussi strict. "Nous sommes certes sur un plateau, mais depuis une semaine, c'est un plateau descendant. Et le climat est en train de changer, les activités de plein air vont être plus nombreuses", argumente de son côté Yves Coppieters. Il plaide pour la mise en place de protocoles permettent de rouvrir certains secteurs. Pour ce qui est des variants, "on constate, c'est que, pour le moment, les projections mathématiques (ndrl : du GEMS) ne se réalisent pas. Il serait donc bon de réajuster puisque la situation est plus favorable que prévu", explique-t-il au Soir.