Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), a tenté de calmer le jeu au sujet du port du voile et de la neutralité dans les administrations publiques. Jeudi après midi, à la Chambre, le libéral flamand a affirmé qu'aucun parti ne remettait en cause la nomination d'Ihsane Houach, une femme voilée, en tant que commissaire générale du gouvernement à l'Institut pour l'égalité hommes-femmes. Interpellé une nouvelle fois, il a affirmé qu'il n'y a "aucun dissension" au sein du gouvernement fédéral.
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Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), a tenté de calmer le jeu au sujet du port du voile et de la neutralité dans les administrations publiques. Jeudi après midi, à la Chambre, le libéral flamand a affirmé qu'aucun parti ne remettait en cause la nomination d'Ihsane Houach, une femme voilée, en tant que commissaire générale du gouvernement à l'Institut pour l'égalité hommes-femmes. Interpellé une nouvelle fois, il a affirmé qu'il n'y a "aucun dissension" au sein du gouvernement fédéral.Car le MR poursuit sa bravade. A peine la déclaration du Premier faite à la Chambre, des sources libérales affirment que le sujet n'a été qu'une fois au menu du Conseil des ministres restreint, le matin même, et que le MR a exprimé son opposition. Pour le reste, la secrétaire d'Etat Ecolo Sarah Schlitz aurait fait cavalier seul, selon lui.David Clarinval, ministre MR, l'a même rappelé directement sur les réseaux sociaux: "En kern ce matin, en tant que représentant du MR, j'ai clairement exprimé notre opposition à la décision prise, sans concertation, par la Secrétaire d'Etat Sarah Schlitz (Ecolo) de désigner Ihsane Haouach comme nouvelle commissaire du gouvernement." Forçant le Premier ministe à tenter de calmer encore le jeu.Les téléphones ont chauffé. Plusieurs personnalités libérales francophones ont été contactées pour calmer le jeu et demander que leur président, Georges-Louis Bouchez, baisse le ton. Il est vrai qu'il martèle son point de vue partout où il le peut, y compris à la télvision flamande alors que le sujet, jusqu'ici, était relativement absent en Flandre.Réplique de Georges-Louis Bouchez ce matin: "Le véritable enjeu: la neutralité de l'Etat et les questions que cela soulève dans la population. Le petit monde: "il y a un problème Bouchez" + petits jeux en tout genre. - Le même petit monde après chaque élection: 'la montée du populisme est inquiétante'."Ce message n'est pas de nature à apaiser le climat au sein de la majorité fédérale. D'autant que le président du MR avait déjà utilisé cette notion de "petit monde" en irritant ses partenaires. L'attitude du président du MR, c'est une certitude, devient un problème récurrent pour la Vivaldi.Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre PS au fédéral, a dénoncé ce vendredi matin sur la RTBF une "polémique politicienne à coups de tweets". "L'épisode d'hier soir marque un profond manque de respect vis-à-vis du Premier ministre, souligne-t-il. On ne gère pas un pays via quelques déclarations sur les réseaux sociaux. Les priorités ne sont pas là. Il faut miser sur la relance, ne laisser personne au bord du chemin."Il est vrai que le PS est déchiré sur la question entre son aile "laïque" et des expressions plus "communautaristes", singulièrement à Bruxelles, où le CDH est, quant à lui, pratiquement au bord de l'explosion.C'est à Bruxelles que le sujet s'est enflammé en premier lieu, suite à un arrêt du tribunal du travail sur le port du voile à la STIB et à la décision du Comité de gestion de la Société des transports de ne pas aller en appel. Au sein de la majorité régionale, DeFI, le parti de François De Smet, est intransigeant au sujet de la neutralité et menance de se retirer."Paul Magnette (président du PS) a mis en place des groupes de réflexion, souligne Pierre-Yves Dermagne. C'est une question délicate qui nécessite un travail serein." Une question délicate, en effet, y compris pour les deux majorités.Ridouane Chahid, chef de groupe PS au parlement bruxelloise, ironise: "En Belgique, le Premier Ministre perd son énergie et son temps à faire des aller-retour au Parlement parce que son parti frère le décrédibilise sur les réseaux sociaux. Moi qui pensait que les urgences étaient ailleurs...".