Tout au long de la journée, lundi 31 mai, la nomination d'Ihsane Haouach en tant que commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes a été saluée dans les rangs écologistes. La désignation de cette personne compétente émane, il est vrai, de Sarah Schlitz (Ecolo), secrétaire d'Etat à l'Egalite hommes-femmes.
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Tout au long de la journée, lundi 31 mai, la nomination d'Ihsane Haouach en tant que commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes a été saluée dans les rangs écologistes. La désignation de cette personne compétente émane, il est vrai, de Sarah Schlitz (Ecolo), secrétaire d'Etat à l'Egalite hommes-femmes."Un profil brillant pour représenter le Gouvernement dans un institut aussi important pour les Droits des femmes en Belgique!, s'est exclamée la députée bruxelloise Margaux De Ré (Ecolo), à l'instar de nombreux parlementaires quoi ont salué son arrivée. Diplômée de Solvay, active dans le secteur de l'emploi des jeunes, elle est aussi experte en énergie.""Ihsane Haouach est titulaire d'un master d'ingénieur de gestion, souligne l'arrête royal qui a acté sa nomination. Sa formation et ses expériences professionnelles et associatives attestent de connaissances et d'expérience dans les matières de la gestion publique ainsi que l'égalité des genres." Sa nomination est effective le 25 mai 2021. "Cette fonction me permettra de continuer mon travail pour une société plus inclusive, en collaborant directement avec une institution au niveau fédéral", s'est réjouit la principale intéressée. C'est sans compter un contexte sensible qui vient perturber son arrivée. La décision du tribunal du travail de Bruxelles concernant le port du voile à la STIB a relancé un débat sensible sur la neutralité dans les administrations publiques. Or, Ihsane Haouache est voilée et ne cache pas son attachement à la "liberté de choix" prônée par les écologistes.Rapidement, les réactions ont pris une autre tournure. Dans les rangs de la N-VA, tout d'abord. "Les ministres se sont-ils endormi?", ironise le député Theo Francken. "Peut-on être davantage cynique?", demande sa collègue de parti Dary Safai.Les libéraux francophones, particulièrement remontés sur la question de la neutralité en lien avec l'affaire de la STIB, ont embrayé."La désignation d'une femme portant un signe convictionnel comme commissaire du gouvernement de l'institut de l'égalité homme femme est totalement contraire au principe de neutralité de l'Etat, s'indigne Georges-Louis Bouchez, président du MR. Le commissaire du gouvernement de la STIB a été confronté à la question d'une décision de justice sur le voile. Comment assurer la neutralité de traitement du dossier ici ? Pour des raisons électorales, Écolo bafoue un principe fondamental d'une démocratie libérale."Il poursuit: "Le port du voile doit rester une liberté individuelle garantie mais la neutralité de l'Etat ne peut être mise en cause pour assouvir le communautarisme de partis en recherche d'électeurs. Enfin, le voile librement porté ne pose aucune difficulté mais faut il rappeler qu'il est dans certaines familles ou certains pays un outil de domination contre les femmes? Comment une femme ayant quitté un régime islamiste doit elle réagir face au fait que l'Etat belge ne soit pas représenté de manière neutre dans un tel organe? Dans certaines fonctions, il faut choisir: être arbitre ou joueur."A Bruxelles, où se joue l'affaire de la STIB, Ecolo est dans la majorité, le MR dans l'opposition. Au fédéral, parcontre, les deux partis sont dans la même majorité et censés être des partenaires.