Le président de la N-VA, Bart De Wever, a fait de l'assouplissement de l'IVG un point de rupture pour la formation d'un gouvernement fédéral. Pour rappel, le texte revoit plusieurs des grands principes de la loi de 1990 qui dépénalisait pour la première fois partiellement l'avortement en Belgique. Le délai dans lequel une interruption volontaire de grossesse peut être réalisée passe de 12 à 18 semaines de grossesse, le délai de réflexion est réduit à 48 heures et l'IVG est totalement dépénalisée, sous réserve d'une qualification de coups et blessures si les conditions ne sont pas respectées. Une loi qui sera vraisemblablement soumise au vote du Parlement ce jeudi. Si la proposition est soutenue par une large majorité de socialistes, libéraux, d'écologistes, ainsi que par le PTB et DéFI, le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang s'y opposent farouchement. Au point que, comme le président du CD&V, Joachim Coens, De Wever veut lier la question de l'avortement à la formation d'un gouvernement....

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a fait de l'assouplissement de l'IVG un point de rupture pour la formation d'un gouvernement fédéral. Pour rappel, le texte revoit plusieurs des grands principes de la loi de 1990 qui dépénalisait pour la première fois partiellement l'avortement en Belgique. Le délai dans lequel une interruption volontaire de grossesse peut être réalisée passe de 12 à 18 semaines de grossesse, le délai de réflexion est réduit à 48 heures et l'IVG est totalement dépénalisée, sous réserve d'une qualification de coups et blessures si les conditions ne sont pas respectées. Une loi qui sera vraisemblablement soumise au vote du Parlement ce jeudi. Si la proposition est soutenue par une large majorité de socialistes, libéraux, d'écologistes, ainsi que par le PTB et DéFI, le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang s'y opposent farouchement. Au point que, comme le président du CD&V, Joachim Coens, De Wever veut lier la question de l'avortement à la formation d'un gouvernement. Pourtant, selon Siegfried Bracke, lier les deux n'est pas une bonne idée. "J'ai toujours pensé que les questions éthiques devaient, autant que possible, se tenir éloignées de la sphère politique. Si une proposition de loi a été examinée, elle doit être soumise au vote. Il n'est pas sage d'en faire l'objet de petits jeux politiques."Existe-t-il des astuces parlementaires pour reporter le vote?Siegfried Bracke: Je préfère ne rien dire, car je ne voudrais pas donner des idées à certains (rires). Disons simplement que les possibilités sont infinies.Par exemple: déposer un autre amendement et demander l'avis du Conseil d'État. Une tactique qui n'a guère plu la semaine dernière à votre successeur Patrick Dewael (Open VLD).Je comprends Patrick, mais en tant que président de la chambre, vous ne pouvez rien y faire. Si un tiers des parlementaires (50 sur 150, NDLR) demandent l'avis du Conseil d'État, vous n'avez d'autre choix que de vous exécuter. Seul le délai peut varier. Dans le cas d'amendements succincts, il est raisonnable de demander un avis dans les cinq jours ouvrables.Comment voteriez-vous si vous étiez encore à la Chambre?Je voterais contre. Je ne suis pas connu comme un puritain pur et dur, mais cette loi va trop loin. Cela n'empêche pas que je suis un ardent défenseur de la loi actuelle sur l'avortement. Dans les pays voisins, 12 semaines sont la règle. Il y a des exceptions, oui, mais c'est là la sagesse de la moyenne.Les députés MR ne voteront pas non plus cette loi...Des personnes comme Marie-Christine Marghem et Jacqueline Galant sont issues du PSC, les démocrates-chrétiens francophones. J'ai toujours été surpris par le nombre de membres du MR qui vont à la communion lors de funérailles nationales. Sont-ils tous d'anciens des ex-membres du PSC en fuite? (rires) Au sein de la N-VA, on voit cela comme une affaire communautaire dans laquelle les francophones imposent leur volonté aux Flamands.Je voudrais que cette question échappe au débat classique, tant au niveau des partis qu'au niveau communautaire. Je suis régulièrement en Wallonie et je remarque que la question y fait davantage polémique. Et ce alors que c'est étonnamment peu le cas ici en Flandres.La question ne secoue pas les foules en Flandre?En Flandre, cette question n'empêche personne de dormir. À titre personnel, j'ai demandé à de nombreuses personnes âgées entre 18 et 30 ans ce qu'elles pensaient du sujet. La plupart semblaient ignorer que l'avortement faisait encore débat.Pourquoi?Cela a autant à voir avec la politique qu'avec la couverture médiatique du sujet. L'écart entre les gens de la rue et la rue de la loi est devenu encore plus important. Je viens encore de l'écrire dans Doorbraak: tant que les commentateurs politiques ne parlent plus que d'"incompétence" et d'"enfants qui twittent", comment s'étonner que les gens se désintéressent de ce que s'y passe?En octobre, vous avez dit que vous croyiez en un gouvernement avec la N-VA et le PS. Qu'en pensez-vous maintenant?Je pense qu'un gouvernement avec le PS et la N-VA n'est pas possible. Le problème est plus aigu chez le PS que chez la N-VA. De Wever a de l'influence. S'il explique pourquoi il veut rejoindre un gouvernement avec le parti de Paul Magnette, les membres de la N-VA le suivront. Au PS, c'est beaucoup plus complexe. Le fossé entre Bruxelles et la Wallonie y est énorme.De nouvelles élections alors? Cela nécessite également une majorité.Nos politiciens ne méritent que du goudron et des plumes - et même pire - s'ils ne parviennent même pas à organiser des élections. Ce serait la fin du système. L'échéance est pour septembre, pour le vote de confiance du gouvernement. Les élections en Pologne et en France montrent que la pandémie n'est pas un argument pour ne pas en organiser une.